Après la fusillade sur les Champs-Elysées, certains candidats annulent leurs déplacements

Après la fusillade sur les Champs-Elysées, certains candidats annulent leurs déplacements

La fusillade survenue dans la soirée du jeudi 20 avril sur les Champs-Elysées, à trois jours du premier tour de la présidentielle française, ne sera pas sans conséquences sur la campagne. Dès l’annonce du drame, Marine Le Pen (Front national) et François Fillon (Les Républicains) ont annulé leurs déplacements prévus vendredi. Le candidat de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a, lui, maintenu son programme, comme Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) et Philippe Poutou (Nouveau parti anticapitaliste).

MM. Fillon et Macron ainsi que Mme Le Pen ont suspendu leurs visites prévues vendredi. MM. Mélenchon, Dupont-Aignan et Poutou maintiennent leurs programmes.

La campagne officielle s’achève vendredi 21 avril à minuit, les médias n’ayant plus le droit de publier ou de diffuser sondages ni déclarations des prétendants à l’Elysée jusqu’à dimanche 20 heures, lorsque les premiers résultats seront annoncés. Le président François Hollande a promis que les services de l’Etat seraient « d’une vigilance absolue » pour sécuriser le scrutin.

Le Pen, Fillon et Macron suspendent leurs déplacements

La candidate du FN devait se rendre dans un refuge pour animaux à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire). « C’est bien sûr annulé », a déclaré le vice-président du parti Florian Philippot à l’Agence France-Presse (AFP). Mme Le Pen fera une déclaration depuis son QG, vendredi à 10 heures, a fait savoir son équipe dans un communiqué publié dans la nuit de jeudi à vendredi.

François Fillon comptait rassembler une partie de ses soutiens à Chamonix (Haute-Savoie). « On est en face d’un acte dont on ne peut pas encore totalement qualifier la nature mais enfin qui ressemble terriblement à un acte terroriste par les événements qui se sont produits », a déclaré le candidat de la droite, avant que François Hollande n’annonce être « convaincu » que la piste est « d’ordre terroriste ».

Lire aussi :   Ce qu’il faut retenir de la dernière émission politique avec les onze candidats

« On nous laisse entendre qu’il y a d’autres violences ailleurs dans Paris donc je voudrais dire que, moi, dans ces conditions, j’annule les déplacements qui étaient prévus dans ma campagne », a-t-il justifié – le porte-parole du ministère de l’intérieur a démenti qu’il y ait eu d’autres actes de ce type commis dans la capitale au cours de la soirée. « J’aurai l’occasion de m’exprimer dans la journée » de vendredi, a-t-il ajouté, expliquant que « la lutte contre le terrorisme doit être la priorité absolue du prochain président de la République ».

Dans un communiqué diffusé dans la nuit de jeudi à vendredi, l’équipe d’Emmanuel Macron (En Marche !) a annoncé l’annulation des déplacements du candidat à Rouen (Seine-Maritime) et Arras (Pas-de-Calais). « Compte tenu de la situation et de la nécessaire mobilisation des forces de l’ordre pour assurer la sécurité de nos concitoyens, j’ai décidé d’annuler les rassemblements publics de ma dernière journée de campagne », a expliqué l’intéressé. Il fera une déclaration à la mi-journée.

Mélenchon, Dupont-Aignan, Hamon et Poutou les maintiennent

Le candidat de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a lui souhaité « ne pas interrompre le processus de notre démocratie de manière à bien démontrer que les violents n’auront pas le dernier mot contre les républicains ». Son entourage a confirmé le maintien de son programme pour vendredi. Il participera notamment à 19 heures à Paris à l’un des nombreux « apéros insoumis » organisés dans toute la France, aux côtés du dirigeant de Podemos, l’Espagnol Pablo Iglesias.

Benoît Hamon (Parti socialiste) a annulé un déplacement dans la matinée à Evry (Essonne), mais a maintenu son discours à Carmaux (Tarn), terre de Jean Jaurès. « Ce serait une grave erreur de tomber dans la peur et de mettre entre parenthèses le débat démocratique », a-t-il déclaré à l’Agence France-Presse.

Le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan a lui confirmé qu’il irait en Seine-Saint-Denis puis dans l’Essonne. Quant à Philippe Poutou, il maintient son dernier meeting à Annecy (Haute-Savoie). Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière) a, quant à elle, réservé sa dernière soirée à un passage sur BFM-TV.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2017/04/21/apres-la-fusillade-sur-les-champs-elysees-certains-candidats-annulent-leurs-deplacements_5114604_4854003.html#koOtTHhiDoHQpsRO.99

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Interpellé il y a quelques semaines car il voulait tuer des policiers, le terroriste aurait été libéré par le parquet

Interpellé il y a quelques semaines car il voulait tuer des policiers, le terroriste aurait été libéré par le parquet

http://www.fdesouche.com/844533-interpelle-il-y-quelques-semaines-car-il-voulait-tuer-des-policier-le-terroriste-aurait-ete-libere-par-le-parquet

Paris : un fiché S abattu après avoir tué 1 policier avec une kalachnikov (MàJ : l’EI revendique l’attentat)

Paris : un fiché S abattu après avoir tué 1 policier avec une kalachnikov (MàJ : l’EI revendique l’attentat)

Paris : un fiché S abattu après avoir tué 1 policier avec une kalachnikov (MàJ : l’EI revendique l’attentat)

21h16

الحمد لله الذي نجانا اليوم بعد ان كان إطلاق النار على مسافة أمتار

Ds sac noir de l’assaillant 1 fusil de chasse (canon scié) deux couteaux un sécateur des munitions et un coran @ParisMatch

L’assaillant Karim Cheurfi avait déjà menacé de s’en prendre à des policiers . Il était dans les radars cc @France3tv


L’assaillant s’appelerait Karim C. né le 31 décembre 1977 à Livry Gargan (93) et serait de nationalité française. Il vivrait chez sa mère dans un pavillon à Chelles. L’auteur présumé de l’attaque était visé par une enquête antiterroriste pour avoir manifesté son intention de tuer des policiers, a-t-on appris de sources proches de l’enquête. Une perquisition était en cours jeudi soir en Seine-et-Marne au domicile de cet homme. Il s’agit du titulaire de la carte grise du véhicule utilisé pour l’attaque.

Le Point

Est le proprio de la voiture de l’attentat. La carte grise est a son nom. Commercant. Chelles. 36 ans.


Info @noemieschulz le suspect était sous contrôle judiciaire et laissé en liberté. @CNEWS

L’auteur présumé, de nationalité française, a été poursuivi en 2001 pour double tentative d’assassinat contre des policiers

: l’ revendique, via son « agence de presse » Aamaq, l’attentat des Champs-Elysées qui aurait été commis par un jihadiste belge.

.@pairIDF « Hommage au policier tué », « solidarité avec ses collègues blessés » écrit le Premier ministre https://twitter.com/BCazeneuve/status/855155806521749505 

.@pairIDF « On ne peut pas exclure qu’il y ait un ou plusieurs complices » déclare le porte-parole du ministère de l’Intérieur pic.twitter.com/q3jZzA0NU7


https://vid.me/e/Skum?stats=1


.@BFMTV
-La section antiterroriste saisie
-Un policier tué et deux autres blessés
-L’agresseur abattu
-Cazeneuve et Fekl à l’Élysée

.@BFMTV Le porte-parole de la Place Beauvau dément la mort d’un 2nd policier.

Selon les infos de @LCI, l’assaillant, Karim C, était non seulement connu de la DGSI, mais aussi pour son intention de tuer des policiers…

Le caractère terroriste de l’attaque contre des policiers aux Champs-Elysées est officiellement confirmé.

EN DIRECT. Selon le ministère de l’Intérieur : « des policiers délibérement pris pour cible » http://www.bfmtv.com/police-justice/tirs-sur-les-champs-elysees-a-paris-un-policier-tue-un-autre-blesse-900.html 

Photo published for Tirs sur les Champs-Elysées à Paris: un policier tué, l'assaillant tué

Tirs sur les Champs-Elysées à Paris: un policier tué, l’assaillant tué

Des coups de feu ont été tirés ce jeudi soir sur l’avenue des Champs-Elysées à Paris, a appris BFMTV. Un policier a été tué et un autre grièvement blessé. L’auteur de ces tirs a été abattu par des…

bfmtv.com

Le parquet anti-terroriste et la DGSI chargés de l’enquête, c’est bien terroriste donc..

Des policiers visés par des tirs aux Champs-Elysées à Paris (source policière)

Fusillade aux Champs-Elysées à Paris : un policier tué, un autre blessé (préfecture de police)

– Premier témoignage suite à la fusillade sur l’Avenue. pic.twitter.com/VtE2Nqcyqv

URGENT – Au moins 1 policier est mort et 1 autre blessé suite à fusillade sur les . Hélicoptère en survol. pic.twitter.com/z7LWbaFrNV

Voir l'image sur Twitter

URGENT – Fusillade sur les Champs-Elysées. Gros dispositif de Police sur Place. pic.twitter.com/BvIYTcWJ1c

Il y a déjà eu plusieurs fusillades dans le secteur des champs Élysées, dont – entre autres – rue de Ponthieu et à la galerie Point-chaud.

URGENT – Fusillade sur les Champs-Elysées. Gros dispositif de Police sur Place.

Un policier tué et un autre blessé par des coups de feu sur les Champs Elysées à http://buff.ly/2pI9dSF 

Coming back from a run, Champs Elysées is a mess..

Intervention de police en cours sur le secteur des Evitez le secteur et respectez les consignes des forces de police

Coups de feu sur les Champs-Elysées. Un homme avec une kalachnikoff abattu.L’info n’est pas encore sortie @lemondefr@Le_Figaro @le_Parisien

🔴 Nous vous conseillons d’éviter le secteur des Champs Élysées

Philippe Poutou‏ La police au contact de la population n’a pas besoin d’être armée

 

Qui sont les 500 abrutis qui ont donné leur signature  a ce  »Gargamelle  »  ignoble, débile et gravement dangereux ?

#15minutesPourConvaincre : Pour Poutou « La police au contact de la population n’a pas besoin d’être armée ! »

  2 twitt …On vt désarmer les policiers car ils agressent les manifs, les jeunes et les .  http://www.fdesouche.com/844511-15minutespourconvaincre-pour-poutou-la-police-au-contact-de-la-population-na-pas-besoin-detre-armee

Les attentats et faits divers qui ont bouleversé les campagnes présidentielles

Les attentats et faits divers qui ont bouleversé les campagnes présidentielles

Les campagnes présidentielles ont été régulièrement marquées par des événements tragiques, parfois suivis de polémiques sur l’instrumentalisation de l’émotion collective au profit d’un candidat.

Deux jours après l’arrestation de deux djihadistes à Marseille soupçonnés de préparer un attentat visant l’un des principaux candidats, un policier a été tué sur les Champs Elysées dans ce qui semble relever d’un acte terroriste. À quelques heures du premier tour, l’alerte est maximale. Ce n’est pas la première fois qu’une campagne présidentielle est bouleversée par un attentat ou un fait divers. Rétrospective.

» À lire aussi: EN DIRECT – Les dernières infos sur la fusillade des Champs Elysées

» Le 3 octobre 1980, l’attentat de la rue Copernic

Un vendredi soir de shabbat, une bombe placée dans la sacoche d’une moto explose devant la synagogue de l’Union libérale juive de France, faisant 4 morts et 46 blessés. L’attentat survient à six mois de l’élection de François Mitterrand. La première piste privilégiée est celle de l’extrême droite. Très rapidement, la sphère politique se mobilise. Fait rarissime, le 7 octobre, l’Assemblée nationale vote à l’unanimité une suspension de séance, qui permet aux députés le souhaitant de rejoindre une grande manifestation qui s’étire de Nation à la place de la République. François Mitterrand est présent. Il a multiplié les déclarations au cours des jours qui ont suivi l’attentat: «Je suis l’ami de la communauté juive. Il est normal d’être présent auprès d’elle», explique-t-il lors d’une cérémonie à la synagogue.

Valéry Giscard d’Estaing, lui, ne se rend pas sur les lieux de l’attentat et ne s’exprime que par voie de communiqué. Son premier ministre, Raymond Barre, commet quant à lui une maladresse au soir de l’attentat, en déclarant sur TF1 que «cet attentat odieux a voulu frapper les israélites qui se rendaient à la synagogue» ainsi que «des Français innocents qui traversaient la rue Copernic». Tollé dans l’opposition. En 2007, peu avant sa mort, Raymond Barre est revenu sur cet épisode, assurant avoir été victime du «lobby juif lié à la gauche».

» Le 5 mai 1988, l’assaut de la grotte d’Ouvéa

À deux jours seulement du second tour, des indépendantistes kanaks prennent d’assaut la gendarmerie de Fayaoué, sur l’île d’Ouvéa, en Nouvelle-Calédonie. Quatre gendarmes sont tués, seize pris en otage et conduits dans une grotte. En pleine cohabitation, les candidats Chirac et Mitterrand vont s’affronter sur la gestion de la crise. Matignon prend d’abord le dossier en main en envoyant sur place des troupes d’élite. Jacques Chirac, conseillé par son ministre des DOM-TOM Bernard Pons, est partisan d’une intervention musclée. Mitterrand, qui privilégie d’abord la négociation, autorise finalement l’assaut, en laissant le soin à Matignon d’en endosser la responsabilité. Le bilan de l’opération du 5 mai est lourd: 19 indépendantistes et deux militaires sont tués et les Kanaks accusent l’armée d’avoir pratiqué des exécutions sommaires. Trois jours plus tard, François Mitterrand est largement réélu. Aujourd’hui encore, des zones d’ombre subsistent sur les responsabilités de l’Élysée et de Matignon dans l’assaut.

» Le 27 mars 2002, la tuerie de Nanterre

À l’issue d’un conseil municipal, un homme se lève et tire une quarantaine de balles sur les élus présents. Le bilan est lourd: 8 personnes sont tuées, 19 blessées. L’auteur des faits, Richard Durn, est interpellé et se suicide le lendemain en se défenestrant des locaux de la brigade criminelle de Paris. La campagne est perturbée. Le 2 avril, vingt jours avant le premier tour, les candidats Jacques Chirac et Lionel Jospin assistent à la cérémonie d’hommage aux victimes. À l’occasion d’un déplacement, le chef de l’État crée la polémique en assurant que «l’insécurité, ça va de l’insécurité ordinaire au drame que nous avons connu cette nuit à Nanterre». Et d’ajouter: «L’insécurité est une préoccupation forte chez l’ensemble de nos concitoyens.»Vive réaction de l’opposition, qui reproche au chef de l’État d’instrumentaliser le drame. «Est-ce que certains voudront déplacer le sujet sur le thème de l’insécurité en général? Cette histoire est tragique, horrible. Et malheur à ceux qui en feraient un élément de campagne», prévient alors le premier secrétaire du PS, un certain François Hollande.

» Le 18 avril 2002, l’agression de Paul Voise

Trois semaines après l’épisode de Nanterre, alors que la thématique de l’insécurité grimpe dans la campagne, un retraité de 72 ans, Paul Voise, est agressé chez lui à Orléans. Sa maison est incendiée. Au lendemain de l’agression, à deux jours du premier tour, TF1 consacre un long sujet au fait divers, qui sera ensuite repris en boucle sur LCI. Le visage tuméfié, en larmes, «Papy Voise» est qualifié de «miraculé». France 2 embraye le lendemain, en couvrant également l’agression, qualifiant le retraité de «trop gentil, au point selon des voisins d’être racketté par certains habitants du quartier». Le lendemain, 21 avril, Lionel Jospin, peu à l’aise sur le terrain de l’insécurité, est disqualifié de la course à l’Élysée au profit de Jean-Marie Le Pen et Jacques Chirac. Pendant l’enquête, des doutes apparaissent sur la personnalité de Paul Voise, qui ne se constitue partie civile qu’en mars 2003, onze mois après les faits. En février 2005, la justice classe l’affaire par un non-lieu.

» Le 27 mars 2007, les émeutes de la gare du Nord

Suite à un contrôle de billets qui tourne mal, la gare du Nord est le théâtre d’affrontements entre des jeunes et les forces de l’ordre. Ségolène Royal évoque «une rupture de confiance entre un grand service public, la police nationale, et les citoyens». François Bayrou parle de son côté d’un «climat d’affrontement perpétuel entre la police et une partie des citoyens». Nicolas Sarkozy, ex-ministre de l’Intérieur, est directement visé. Au lendemain des événements, le candidat de l’UMP accuse ses adversaires d’être «du côté des fraudeurs» et des «émeutiers». «C’est clair: l’autorité et le respect, c’est de notre côté, la fronde et le soutien à la délinquance c’est de l’autre côté!», lance Nicolas Sarkozy à trois semaines du premier tour.

» Mars 2012, le cauchemar Merah

Il y a cinq ans, la France découvre avec effroi le visage de Mohamed Merah. Du 11 au 22 mars 2012, la tête camouflée sous un casque de motard, le Toulousain sème la terreur à bord d’un puissant scooter, prenant d’abord pour cibles des militaires puis à la communauté juive. À Toulouse et Montauban, le jeune homme qui se proclamait «combattant d’al-Qaida» tuera sept personnes au nom du djihad – trois soldats, trois écoliers et un enseignant -, avant d’être tué. http://www.lefigaro.fr/elections/presidentielles/2017/04/20/35003-20170420ARTFIG00386-les-attentats-et-faits-divers-qui-ont-bouleverse-la-campagne-presidentielle.php?utm_term=Autofeed&utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Twitter#link_time=1492723401

Sur les Champs-Elysées, la fusillade a soulevé un vent de panique

Sur les Champs-Elysées, la fusillade a soulevé un vent de panique

Ce jeudi soir, une fusillade a éclaté sur les Champs-Elysées. Un car de police a été pris pour cible par un ou deux assaillants. Un policier a été tué. Deux autres blessés ainsi qu’une touriste. L’un des assaillants a été tué par des tirs de riposte. Cette attaque, qui a été revendiquée par l’Etat islamique, a provoqué un mouvement de panique sur la célèbre avenue parisienne. Reportage.

« Les gens couraient, se bousculaient et se cognaient aux tables »: cette jeune femme de 39 ans dînait tranquillement jeudi soir dans une brasserie des Champs-Elysées quand une fusillade a déclenché un vent de panique sur « la plus célèbre avenue du monde ».

Personne ne comprenait ce qui se passait, « surtout les touristes étrangers », raconte-t-elle, encore secouée. Dehors, les lumières des boutiques de luxe ont continué à briller mais les trottoirs se sont vidés d’un coup, laissant place à une forêt de gyrophares et au ballet d’un hélicoptère en survol.

« Les serveurs ont éteint les lumières »

La jeune femme, qui préfère ne pas donner son nom, terminait son repas dans cette brasserie quand un mouvement de panique a saisi la salle. « Les serveurs nous ont sommés de partir et d’évacuer par l’arrière du restaurant, mais il n’y avait pas de sortie donc on a dû se planquer dans l’arrière-cour ».

« Quelqu’un a dit: « ça a canardé, j’ai cru que j’allais y passer ». Les serveurs ont éteint les lumières » et puis les pompiers sont arrivés, pour les aider à quitter les lieux.

Un policier a été tué et deux autres grièvement blessés par les coups de feu tirés par l’assaillant. Avant même que la fusillade soit revendiquée par l’organisation djihadiste Etat islamique (EI), la moitié haute de l’avenue, vers l’Arc de Triomphe, a été désertée.

Les policiers récupèrent les sacs poubelle pour analyse

Des dizaines de voitures de police, des cars de CRS couvrent la chaussée. Forces de l’ordre, pompiers et autres secouristes, la sillonnent avec nervosité. Des policiers remontent des sacs poubelle transparents à moité pleins, récupérant les poubelles de l’avenue pour les analyser.

Après la panique de la fusillade, quand touristes et badauds ont pris leurs jambes à leur cou, fuyant vers les rues adjacentes, le calme est revenu. Mais l’ambiance demeure tendue, et des stations de métro restent fermées.

Beaucoup se sont aussi réfugiés dans les brasseries, boutiques et cinémas de l’avenue. Au Lincoln, « des gens sont dans le cinéma, je ne peux pas vous dire combien, mais ils ne peuvent pas sortir, par précaution », confirme un employé à la caisse.

« J’ai même pas payé mon addition »

Mehdi, un quadra consultant en communication, était attablé dans un restaurant alsacien tout proche quand la fusillade a éclaté. « J’ai entendu des tirs, je suis allé voir ce que c’était, j’ai vu des gens à terre, au moins deux corps, et des gens qui couraient partout, qui criaient. J’ai eu peur, je suis parti, j’ai même pas payé mon addition! », dit-il.

Le salon de thé Ladurée, sur l’avenue, s’est transformé rapidement en QG de crise, accueillant notamment le ministre de l’Intérieur Matthias Fekl et la maire de Paris Anne Hidalgo, arrivés en convoi protégé et entourés de près par plusieurs hommes munis d’armes automatiques.

Sur la place de l’Etoile, des militaires de la force Sentinelle se tiennent derrière le cordon de sécurité qui bloque l’accès à l’avenue.

Des touristes incrédules tentent de comprendre ce qui se passe. Maud et Wilfried Deneau, venus de Nantes avec leurs fils de 13 et 15 ans, sont dépités. « Paris c’est toujours comme ça maintenant. On ne veut pas avoir peur, alors on est venus leur montrer l’Arc de triomphe… ». Isabel, une touriste australienne de 34 ans, est contrariée, elle ne peut plus accéder à son logement loué dans une rue adjacente: « Je veux rentrer chez moi ».http://www.ouest-france.fr/ile-de-france/paris-75000/sur-les-champs-elysees-la-fusillade-souleve-un-vent-de-panique-4940590?utm_term=Autofeed&utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Twitter#link_time=1492732589

Quand Fillon et Macron désamorcent des rumeurs qui n’existent pas encore

Quand Fillon et Macron désamorcent des rumeurs qui n’existent pas encore

Emmanuel Macron et François Fillon évoquent cette semaine des rumeurs dont ils feraient l’objet selon eux. Le but : désamorcer tout ce qui pourrait les déstabiliser.

Ferrari cachée, repas d’enterrement payé par de grandes entreprises, compte en banque dissimulé en Suisse… François Fillon et Emmanuel Macron se disent victimes de rumeurs et s’appliquent à les démonter, alors même que ces on-dit n’ont pas ou très peu d’écho. Les deux candidats cherchent à désamorcer par anticipation tout ce qui pourrait leur nuire, à quelques jours du premier tour de la présidentielle. Une stratégie qui a déjà porté ses fruits mais qui risque aussi de donner du poids à des ragots jusqu’ici inconnus du grand public.

François Fillon, dans une interview publiée par Le Parisien mercredi, répète, comme depuis le début de l’affaire des emplois soupçonnés d’être fictifs de sa femme et de ses enfants, qu’il ferait l’objet d’un acharnement de la presse. Le candidat estime même que les médias seraient à ses trousses pour relayer « n’importe quelle rumeur ».

Vraies procédures judiciaires et rumeurs inventées

« En ce moment, il y a des journalistes qui enquêtent chez moi, dans la Sarthe, affirme François Fillon. J’aurais par exemple une Ferrari cachée dans une grange, j’aurais fait payer le repas d’enterrement de ma mère par de grandes entreprises, je serais intervenu auprès d’un recteur d’académie pour faire augmenter la note de mon fils au baccalauréat et ma femme aurait travaillé dans un cabinet ministériel il y a quarante ans… Tout cela est faux. Et cela va trop loin. »

L’ancien Premier ministre crée ainsi la confusion entre les révélations de la presse, certaines ayant donné lieu à sa mise en examen, et d’autres « rumeurs » dont il n’existe aucune trace. Aucun média n’a évoqué de Ferrari dissimulée, de repas d’enterrement financé par des entreprises ou de notes au baccalauréat gonflées… « C’est la stratégie du rideau de fumée : François Fillon met dans le même sac des rumeurs qu’il invente et des informations beaucoup plus tangibles, explique le politologue Pierre Mathiot. En caricaturant les médias, il tente de vider de sa substance leurs affirmations, de discréditer leur parole, pour renforcer la thèse du complot. »

Lire aussi : Non, ce n’est pas la première fois qu’un candidat se présente tout en étant mis en examen

Désamorcer la rumeur avant qu’elle n’atteigne le grand public

Lundi, c’était Emmanuel Macron qui lançait et démentait dans le même temps une rumeur sur un prétendu compte caché en Suisse. « Certains de mes adversaires politiques ont décidé de diffuser de fausses nouvelles, de fausses informations, a-t-il affirmé sur BFM TV. Cette semaine, vous allez entendre dire ‘Monsieur Macron, il a un compte caché dans un paradis fiscal, il a de l’argent caché à tel ou tel endroit’. » Et de couper court à cette « rumeur » : « C’est totalement faux. J’ai toujours payé tous mes impôts en France et j’ai toujours eu tous mes comptes en France. »

Lire aussi : Macron dans le doute à une semaine du scrutin

Jusqu’à présent, aucun article n’avait pour sujet un compte caché appartenant à Emmanuel Macron. Seuls quelques comptes twitter – notamment des soutiens de Jean-Luc Mélenchon – évoquaient cette idée.

« Vous avez des boucles de mails, de sms où on dit qu'[Emmanuel Macron] a dissimulé son patrimoine dans des comptes en Suisse », explique au JDD Sibeth Ndiaye, responsable des relations presse d’En Marche. L’idée est d’éviter que « ces sujets surgissent au-delà de ces boucles de mail pour atteindre le grand public. » « Dans la dernière ligne droite, on se tient prêt à parer toute éventualité », justifie l’équipe de l’ancien ministre de l’Economie.

Une stratégie logique, pour le journaliste Alexandre Duycq, auteur de La République des rumeurs*. « Exposé à une rumeur, un homme politique a deux tactiques : faire le dos rond ou aller s’expliquer devant les médias. Là, on est face à une troisième solution, due à la puissance des réseaux sociaux : avant même le début de l’incendie, on vient dire que quelqu’un a craqué une allumette, et on éteint l’incendie. »

Une stratégie à double tranchant

Cette stratégie avait déjà porté ses fruits pour le leader d’En Marche!, lorsque ces boucles de mails portaient la rumeur d’une relation avec le PDG de Radio France, Mathieu Gallet. Face à la multiplication de messages assurant que des photos des deux hommes devaient être publiées par le magazine people Closer; le candidat avait désamorcé les doutes en février 2017, lors d’une réunion publique. « Brigitte partage tout de ma vie du soir au matin, elle se demande simplement comment physiquement je peux faire », avait-il ironisé. « Traiter cette rumeur en public, avec de la dérision : il a très bien joué, juge Alexandre Duycq. Dans l’équipe de ‘riposte numérique’ d’Emmanuel Macron, il a été observé que les occurrences sur les réseaux sociaux, ayant pour sujet cette pseudo-relation, avaient largement diminué après l’intervention du candidat. Cela a tué cette rumeur, sauf pour ceux qui avaient vraiment envie d’y croire. » Pour le journaliste, c’est même « la marque de fabrique de la campagne » du candidat : « exposer et éliminer la rumeur avant même qu’elle ne prenne de l’ampleur. »

Mais cette posture n’a pas toujours tourné à l’avantage du candidat qui la choisit. Fin janvier, François Fillon, alors que le Penelopegate a vu le jour une semaine plus tôt, tente de se défendre sur le plateau de TF1. Dans un effort d’honnêteté, l’ancien Premier ministre explique avoir employé ses enfants quand il était sénateur, élément que la presse n’avait jusqu’alors pas abordé. « Il y a toujours un risque d’effet boomerang avec cette stratégie d’anticipation, avertit Alexandre Duycq. Donner de l’écho à une rumeur dont personne ou presque n’a entendu parler. Si elle est vraie, c’est prendre un énorme risque. » Alors que les révélations de l’hebdomadaire satirique ne portaient que sur son épouse, le candidat crée ainsi un nouveau terrain d’enquête pour les policiers. Ces derniers intégreront quelques semaines plus tard les emplois des aînés Fillon à leur investigation.

Par Sarah Paillou

*Alexandre Duycq, La République des rumeurs, 1958 – 2016, Broché, 19,90€.                 http://www.lejdd.fr/politique/quand-fillon-et-macron-desamorcent-des-rumeurs-qui-nexistent-pas-encore-3306302#xtor=CS1-4