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Pour Nicolas Sarkozy, François Fillon « est complètement paumé »

Pour Nicolas Sarkozy, François Fillon « est complètement paumé »

« Il est complètement paumé, l’autre ». Voici ce qu’aurait déclaré Nicolas Sarkozy au sujet de François Fillon après avoir déjeuné avec lui la semaine dernière, selon Le Canard enchaîné à paraître ce mercredi.

« Il m’a harcelé de questions sur ce qu’il devait faire, c’est tout juste s’il ne prenait pas de notes », aurait confié à un proche l’ancien locataire de l’Élysée au sujet du candidat des Républicains pour la présidentielle, dans la tourmente depuis les accusations d’emploi fictif visant sa famille et l’ouverture d’une enquête préliminaire par le parquet national financier.

« Il est complètement paumé, l’autre ». Sarkozy à propos de son déjeuner avec Fillon. Dans le @canardenchaine demain

« Plus tu en feras, plus tu couvriras le bruit négatif »

« Je lui ai dit de saturer l’espace médiatique: une proposition choc par jour. Il m’a alors demandé comment couvrir le bruit négatif des juges », aurait également rapporté l’ancien président de la République, conseillant son ancien Premier ministre: « plus tu en feras, plus tu couvriras le bruit médiatique négatif ». Coïncidence ou non: le lendemain de ce rendez-vous, François Fillon relançait le débat sur la majorité pénale à 16 ans.

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Le ‘dégagisme’ favorise Le Pen et Macron

Le ‘dégagisme’ favorise Le Pen et Macron

Envie d’élire un candidat hors système est telle que les deux candidats sont plébiscités, alors qu’ils sont aussi des enfants du système

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The Economist

Les tambours électoraux roulent à nouveau en France, et la foule gronde. L’un après l’autre, les leaders politiques de “l’Ancien régime” (en français dans le texte) qui se préparaient benoîtement à s’affronter lors de la présidentielle de ce printemps, se retrouvent dans une charrette en route vers une guillotine dressée par une vague de fureur populaire revancharde. La France est en proie à ce que l’on appelle le “dégagisme”, une impulsion populaire qui veut renverser tout politique entaché d’un mandat électif, de ses privilèges et de son appartenace à l’establishment. Mais le genre d’outsider que les électeurs français désireraient élire à leur place est moins clair.

“La France est en proie à ce que l’on appelle le “dégagisme”, une impulsion populaire qui veut renverser tout politique entaché d’un mandat électif, de ses privilèges et de son appartenace à l’establishment”

Cette pulsion n’est en aucun cas propre à la France. Les victimes de la rage anti-establishment pansent toujours leurs plaies aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en Pologne et dans d’autres démocraties libérales. Cependant, la liste des victimes françaises de ce hurlement de colère est particulièrement prestigieuse. Ces derniers mois, on y recense un président en exercice (François Hollande, qui a saisi l’humeur ambiante et décliné un second mandat), un ancien président de centre-droit (Nicolas Sarkozy, éliminé lors des primaires de son parti) et deux ex-premiers ministres, Alain Juppé et Manuel Valls, eux aussi expédiés hors du ring lors d’une primaire.

L’hostilité semble s’abattre sur tous, sans discrimination : les Français ont écarté l’insipide et le flamboyant, le colérique, et les vieux de la vieille de droite comme de gauche. D’autres têtes pourraient tomber. François Fillon, lui aussi ancien Premier ministre, candidat du centre-droit, s’accroche à un fil depuis les révélations sur la rémunération d’assistante parlementaire de son épouse pendant des années, pour un travail effectif qui paraît bien léger. Monsieur Fillon, tout de tweed et d’austérité vêtu, avait dans un premier temps été le grand bénéficiaire de ce “désir d’insurgé” lors des primaires de son parti en novembre dernier, qu’il a remportées. Aujourd’hui, il a dégringolé de la place de favori à la troisième place dans les sondages.

Il est toujours possible qu’un candidat d’un parti établi comme M. Fillon, ou, moins plausible, Benoît Hamon, le candidat au visage juvénile du Parti socialiste, finisse par l’emporter au finish. Mais pour l’heure, la marée montante du dégagisme a plutôt mis à flot deux outsiders. L’un est Marine Le Pen, dirigeante du FN, qui cavale en tête des intentions de vote du premier tour, mais non du second. L’autre est Emmanuel Macron, qui se présente en indépendant, fait campagne auprès de la gauche comme de la droite sous la bannière “réformiste” de son mouvement En Marche !

Chacun de ces deux candidats est l’antithèse de l’autre sous à peu près tous les aspects. Mme Le Pen se présente comme une “patriote”, qui veut donner la “préférence” aux citoyens français, s’extraire des griffes de l’Union européenne, sortir la France de la zone euro, augmenter les droits de douane protectionnistes, contenir l’immigration et réformer l’accès aux droits sociaux.

“Pour l’heure, la marée montante du dégagisme a plutôt mis à flot deux outsiders Marine Le Pen, cavale en tête des intentions de vote du premier tour, mais non du second Emmanuel Macron, qui se présente en indépendant, fait campagne auprès de la gauche comme de la droite sous la bannière “réformiste””

M. Macron, au contraire, est le défenseur zélé de l’Europe, en faveur des frontières ouvertes, de la mondialisation économique, de l’innovation technique et de l’adaptation du système social français à un futur marché de l’emploi moins stable.

Elle est la favorite des classes populaires. Il a trouvé un soutien démesuré auprès des électeurs diplômés de l’enseignement supérieur. Elle a grimpé dans les sondages sur le dos de sombres prédictions d’infiltration islamiste. Il est devenu le favori des bookmakers, par le charme, une intelligente affûtée et une attitude moderne. L’antipathie qu’ils ont l’un pour l’autre est sans ambiguïté. Mme Le Pen le traite de “mondialiste ultralibéral”, de citoyen de nulle part qui “surfe sur du vide”. M. Macron dit qu’elle prétend parler “au nom du peuple” mais qu’elle roule en réalité uniquement pour son clan. Récemment, leur rivalité s’est illustrée par l’organisation le même week-end de leur meeting respectif de lancement de campagne dans la même ville, Lyon.

Si ce couple partage un trait commun, c’est l’impression qu’ils donnent tous deux d’être en dehors du système. Deux nouveaux venus, décidés à casser l’emprise des vieux partis de gauche et de droite sur le pouvoir exécutif depuis le début de la cinquième république en 1958. Ce n’est pas une idée nouvelle, même dans l’histoire relativement proche. Pierre Poujade avait rallié les commerçants et les artisans contre l’élite en 1956, et remporté 52 sièges de députés pour son parti. La différence est que, cette fois, le pouvoir suprême est peut-être à portée de main de ces deux-là. Il y a un an, l’idée qu’ils puissent avoir une réelle chance de l’emporter appartenait au domaine de la science-fiction. Les codes et conventions politiques en France donnent traditionnellement l’avantage aux candidats des partis, ceux qui s’appuient sur des réseaux locaux et une présence parlementaire, ainsi que sur une longue expérience des campagnes électorales. Quand M. Hollande s’est présenté à sa première élection de 1981, M. Macron avait pile trois ans. Quand son prédécesseur, M. Sarkozy, a été élu pour la première fois en 1977, Mme Le Pen était encore à l’école élémentaire. Mme Le Pen n’a jamais détenu de portefeuille ministériel. M. Macron ne s’est jamais présenté à une élection.

Des Sans-culottes ? Pas vraiment

En réalité, Mme Le Pen et M. Macron sont des outsiders pour le moins étranges. Elle fait partie d’une dynastie politique fondée par son père Jean-Marie, qui a créé le FN en 1972. Mme Le Pen est actuellement accusée d’emplois fictifs par le Parlement européen où elle siège. Elle assure parler “au nom du peuple”, c’est son slogan de campagne, mais elle a été élevée dans un manoir avec vue sur Paris dans l’une des banlieues les plus huppées de la capitale. M. Macron est fils de médecins et a fait l’ENA, l’école de l’élite et des hauts fonctionnaires. Il a été banquier d’affaires puis conseiller de M. Hollande à l’Élysée, avant de devenir son ministre de l’Économie. Ils ne sont certainement pas des ingénus (en français dans le texte) sans relations.

“Les rebelles politiques qui réussissent, de nos jours, n’ont plus besoin d’être nés pauvres et sans relations, comme le prouve Donald Trump. Ils n’ont pas non plus besoin d’avoir de l’expérience”

Peut-être Mme Le Pen et M. Macron représentent-ils en fait, de façon diamétralement opposée, la nature de l’outsider politique dans cette période de désenchantement. L’authentique outsider (comme Mme Merkel en Allemagne) est devenu une rareté. Les rebelles politiques qui réussissent, de nos jours, n’ont plus besoin d’être nés pauvres et sans relations, comme le prouve Donald Trump. Ils n’ont pas non plus besoin d’avoir de l’expérience : Mme Le Pen n’est que députée européenne, depuis 2004. Non, un “insurgé” doit apparaître neuf, en phase avec les nouvelles peurs et les inquiétudes ordinaires, libéré des conventions, que ce soit avec un projet dérangeant ou enthousiasmant. Les candidats des grands partis français pourront peut-être encore éviter d’être balayé par le dégagisme ambiant. Dans le cas contraire, les électeurs n’auront qu’un choix, difficile, entre deux candidats que personne n’a vu à l’œuvre et au style totalement aux antipodes. La version nationaliste et xénophobe de Mme Le Pen, ou le projet libéral, internationaliste du dynamique et jeune M. Macron.

Publié le

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L’assistante parlementaire de Fillon travaille sur sa campagne présidentielle

L’assistante parlementaire de Fillon travaille sur sa campagne présidentielle

Anne Faguer est rémunérée en tant qu’assistante parlementaire. Or elle ne peut pas cumuler cette fonction avec une campagne électorale.

Selon une information du site Buzzfeed, Anne Faguer, assistante parlementaire de François Fillon, prend part à la campagne présidentielle de son employeur. D’après le site, la jeune femme participe, depuis au moins juin 2015, à l’organisation de meetings. Elle envoie aussi des mails de campagne et apparaît dans des documents officiels portant sur l’organisation de la campagne.

Buzzfeed révèle notamment l’existence d’un courrier de François Fillon daté du 28 juin 2016 qui fait directement référence à Anne Faguer comme « l’une des deux ‘collaboratrices’ à contacter ‘pour toute question […] sur l’organisation de la campagne' ». Dans un autre document, un mail adressé à la Coordination rurale, Anne Faguer explique au syndicat que François Fillon ne souhaite pas signer son manifeste. Le texte était adressé aux candidats à la primaire de droite, et non aux députés.

Fonctions incompatibles

Or, Anne Faguer est rémunérée en tant qu’assistante parlementaire. Comme le rappelle Buzzfeed, ces fonctions sont incompatibles avec une campagne électorale :

La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) « écrit dans son édition 2016 du ‘guide du candidat et du mandataire’ que la ‘participation’ des assistants parlementaires ‘à une campagne électorale pendant les heures de travail est proscrite’. »

Il existe deux exceptions. Anne Faguer aurait pu faire suspendre son contrat de travail d’attachée parlementaire et en signer un autre pour travailler exclusivement au service de la campagne présidentielle de François Fillon. Mais selon la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), Anne Faguer n’a pas mis fin à son contrat d’attachée parlementaire.

Anne Faguer aurait aussi pu oeuvrer pour la campagne pendant ses congés payés. Dans cette hypothèse, le collaborateur parlementaire doit alors « travailler bénévolement pour le candidat et ne percevra donc pas d’autre rémunération ». Mais aucun des documents sortis par Buzzfeed ne montre qu’Anne Faguer est à ce moment-là dans une période de congés. De plus, elle est impliquée dans la campagne de François Fillon depuis juin 2015 au moins.

Quand Dati en parlait

Anne Faguer a été entendue jeudi 2 février à Nanterre par les policiers dans l’enquête sur des soupçons d’emploi fictif visant Penelope Fillon. Agée de 31 ans, elle a travaillé au côté de François Fillon au cabinet du Premier ministre d’octobre 2011 à mai 2012. Elle est assistante parlementaire du député Fillon depuis juillet 2012.

En 2011, dans l’émission Radio France Politique, Rachida Dati avait tiré à boulets rouges sur François Fillon. Elle avait déclaré :

« Il vient de recruter, quand même, à Matignon, une personne pour se charger de sa campagne pour Paris. »

Elle parlait d’Anne Faguer. http://tempsreel.nouvelobs.com/presidentielle-2017/20170203.OBS4812/l-assistante-parlementaire-de-fillon-travaille-sur-sa-campagne-presidentielle.html

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BRAVO RACHIDA DATI …………….

« UN MILLION D’EUROS, C’EST PAS RIEN QUAND MÊME » : SUR L’AFFAIRE FILLON, RACHIDA DATI DÉZINGUE À TOUT-VA

MES BONS CONSEILS – Sur BFMTV, Rachida Dati a suggéré à François Fillon de « retourner sur le terrain » pour sauver sa candidature, tout en massacrant méthodiquement sa stratégie de communication et ses justifications. Au passage, la députée en profite pour régler ses comptes avec Nathalie Kosciusko-Morizet…

Rachida Dati était en forme, très en forme vendredi matin. Invitée de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV, la députée européenne, que certains soupçonnaient d’être à l’origine des informations sur François Fillon, a joué la bonne alliée tout en dézinguant la campagne de François Fillon et sa stratégie de communication dans l’affaire qui concerne son couple.

Après une semaine de révélations fracassantes sur le monde de vie du candidat de la droite, l’intervention de la député européenne – qui nie farouchement avoir fourni ces informations – ressemble au baiser de la mort. En apparence, Rachida Dati, dont les relations avec François Fillon ont toujours été très mauvaises, veut aider l’ex-Premier ministre à « sauver » sa campagne.

Le baiser de la mort

Pour Rachida Dati, le candidat doit surtout « dégager ses communicants ». Elle vise en particulier sa directrice de la communication, la médiatique Anne Méaux. « Elle s’est occupée d’Areva dont on paye les désastres industriels, et de Ben Ali, on sait comment ça a fini », accuse-t-elle. « Il s’est mis entre les mains de sa directrice de communication et s’est déconnecté des élus de terrain. »

Mais François Fillon, détaille encore la députée européenne, doit surtout s’expliquer sur les sommes évoquées dans la presse, de la rémunération de Penelope Fillon comme attachée parlementaire aux revenus qui auraient été perçus par le candidat via le groupe Ricol Lasteyrie. Evoquant la somme des revenus cumulés :

Un million d’euros, c’est pas rien quand mêmeRachida Dati

L’occasion, pour l’ancienne garde des Sceaux, de faire valoir sa différence, un exercice qu’elle affectionne particulièrement, et de démolir l’air de rien l’argumentaire selon lequel Penelope Fillon aurait vraiment travaillé comme assistante parlementaire. « Moi, je bosse à plein temps depuis que j’ai 16 ans et demi. On ne m’a rien facilité, on ne m’a pas donné un boulot comme ça, je bosse vraiment. »

NKM, victime collatérale

D’humeur vengeresse, Rachida Dati profite de l’occasion pour taper sur sa cible favorite, Nathalie Kosciuko-Morizet, à qui François Fillon venait de laisser la circonscription qu’elle souhaitait briguer pour les prochaines législatives.

« Il a donné à NKM une circonscription en or, je ne la vois pas beaucoup le défendre », persifle la maire du VIIe arrondissement. Comme Fillon, la députée de l’Essonne fait partie de « ces gens qui ont la bonne apparence ». Sous-entendu…http://www.lci.fr/elections/un-million-d-euros-c-est-pas-rien-quand-meme-sur-l-affaire-fillon-rachida-dati-dezingue-a-tout-va-2024600.html

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Révélations sur François Fillon : quand son image d’homme intègre se fissure

EXCELLENT ARTICLE DE 2012 MERCI LES ARCHIVES DU NET ……………..

Révélations sur François Fillon : quand son image d’homme intègre se fissure

LE PLUS. C’était entendu : François Fillon devait être élu président de l’UMP sans effort face à Jean-François Copé, le 18 novembre. Mais la révélation, avancée dans le livre « Ça m’emmerde ce truc », d’un coup bas envisagé à l’égard de Rachida Dati pourrait bien ternir son image d’homme intègre. C’est en tout cas tel quel que se le représente notre chroniqueur Thierry de Cabarrus.

Voilà, c’est comme ça : on croit avoir tout bordé, tout vérifié, et patatras ! L’imprévu, le grain de sable qui, soudain, risque d’enrayer la belle machine, à savoir l’élection de François Fillon à la présidence de l’UMP qui, jusqu’à présent, semblait s’annoncer dans un fauteuil.

 

Pour l’instant, l’affaire est encore gérable, il ne s’agit que de quelques lignes, certes, lourdes de signification, dans le livre que viennent de publier Eric Mandonnet et Ludovic Vignogne, « Ça m’emmerde ce truc », consacré à l’entre-deux tours de la présidentielle. Il y est question d’abord de Nicolas Sarkozy, mais aussi de ses proches, parmi lesquels François Fillon.

 

Or, nous racontent les deux journalistes, ce dernier aurait demandé un service à Laurent Wauquiez, qui est un de ses proches, à savoir « transmettre au ‘Canard enchaîné’ une information ‘sensible’ concernant l’ex-garde des Sceaux ». L’affaire, comme nous l’explique « Le Lab » qui reprend l’anecdote, en est restée là, et la fameuse information n’a jamais été divulguée.

 

Une information « sensible »

Pourtant, le simple fait que les deux auteurs y fassent référence est déjà une bombe en soi. Et elle pose au moins deux types de questions : l’une conjoncturelle et liée à la « victime » de cette volonté de nuire, Rachida Dati ; l’autre plus fondamentale puisqu’elle touche à la personnalité même de François Fillon.

 

Débarrassons-nous rapidement de la première interrogation, qui concerne la nature des révélations en rappelant, une fois de plus, que l’on ignore si cette anecdote est avérée ou non, et donc, s’il faut tirer des conclusions sur ce qui, après tout, n’est pour l’instant que du sable, c’est-à-dire des conjectures.

 

De quelle information (ou intoxication) « sensible » concernant Rachida Dati pouvait-il bien s’agir ? À l’évidence, on pense immédiatement à son affaire purement privée, en raison du contexte (le refus de Dominique Desseigne de se soumettre à un test), c’est-à-dire à la recherche en paternité demandée par l’ex-garde des Sceaux pour sa fillette Zohra. Et l’on se demande si cette information, révélée par l’hebdomadaire « Le Point » et qui lui vaut un procès de l’intéressée, n’était pas déjà connue de l’entourage de François Fillon.

 

Une image d’homme franc

Mais l’autre question est sans doute la plus importante, car si c’est vrai, si François Fillon a envisagé d’utiliser le « Canard Enchaîné », via un de ses proches, en l’occurrence Laurent Wauquiez, pour régler ses comptes avec Rachida Dati, en voulant lui faire du tort, c’est tout un édifice patiemment constitué qui risque de s’effondrer.

 

Laurent Wauquiez à l'Assemblée nationale le 19 juin 2012 (TRIBOUILLARD/AFP).Laurent Wauquiez à l’Assemblée nationale le 19 juin 2012 (TRIBOUILLARD/AFP)

 

C’est en effet l’image publique qu’a présentée pendant tout le quinquennat l’ancien Premier ministre qui risque de se retrouver ainsi déchirée. Une image fondée sur le respect des autres et sur une certaine rigueur morale.

 

François Fillon, c’est l’homme qui a beau parler peu, semble toujours dire ce qu’il pense avec franchise quand il en ressent le besoin. À ce propos, deux épisodes me reviennent en mémoire : le premier quand, s’adressant aux Français, il leur a révélé qu’il se trouvait « à la tête d’un État en faillite » alors que Nicolas Sarkozy interdisait les mots pessimistes tels que la « rigueur » et « l’austérité » ; le deuxième quand, sur France 2, il a pris pour la première fois ses distances avec Nicolas Sarkozy, en disant qu’il n’était pas « son mentor ».

 

Le refus des coups bas?

Récemment encore, lors du débat qui l’a opposé à son rival Jean-François Copé à « Des paroles et des actes », sur France 2, François Fillon a voulu confirmer son image d’homme intègre.

 

 

Le débat opposant François Fillon à Jean-François Copé, dans « Des paroles et des actes », sur France 2

 

Car c’est un peu son fond de commerce. Lui qui brigue la présidence de l’UMP a répété qu’il ne voulait pas battre son rival en utilisant les mêmes armes que ce dernier et en refusant les attaques en dessous de la ceinture.

 

Durant la campagne, qui s’achèvera par un vote des militants le 18 novembre, le maire de Meaux lui a par exemple reproché d’être un « Parisien » et de prendre ses distances avec Nicolas Sarkozy, alors que lui-même faisait de la surenchère dans le sarkozysme.

 

Mais François Fillon reste froid, et semble-t-il fidèle à la ligne qu’il s’est fixée : pas d’agression ad hominem. Personnellement, en tant que sympathisant socialiste, il m’est arrivé d’exprimer ma préférence pour François Fillon dans ce combat pour le leadership de l’UMP. Il me semble en effet que François Hollande a besoin d’avoir en face de lui une opposition à la fois vigoureuse et digne, c’est-à-dire un contre-pouvoir qui soit à la hauteur de l’enjeu et qui ne passe pas son temps à faire du pilonnage systématique.

 

Et soudain, Rachida Dati jette l’éponge

Pour autant, il ne faudrait pas que l’ancien Premier ministre se révèle aujourd’hui coupable d’avoir voulu salir Rachida Dati. Car non seulement il m’aurait trompé (ce qui n’est pas bien grave, pour moi qui suis un homme de gauche), mais il aurait trahi son camp et tous ces militants qui s’apprêtent à voter pour lui dans quelques jours.

 

Je ne me prononcerai donc pas sur ce sujet, et me contenterai de rappeler à tous dans quel contexte arrive cette anecdote. Rachida Dati, depuis le mois de janvier, passe son temps sur les plateaux de télévision (à Canal Plus par exemple ou à BFM TV) pour expliquer qu’en se portant candidat aux législatives dans le VIIe arrondissement de Paris (dont elle est la maire), François Fillon l’a trahie.

 

L’ancien Premier ministre répond toujours par la fameuse formule « no comment », même s’il apparaît agaçé par ces attaques incessantes. Jusqu’à ce que, curieusement, Rachida Dati finisse par jeter l’éponge, quelques jours avant la clôture des candidatures pour les législatives.

 

Est-elle devenue enfin raisonnable, et consciente qu’elle avait peu de chances de l’emporter face à l’ancien Premier ministre ? A-t-elle obtenu une quelconque promesse en échange de son retrait ? Ou alors, a-t-elle eu peur de certaines révélations ?

 

C’est là que les « révélations » de Ludovic Vigogne et d’Eric Mandonnet prennent une importance capitale. Qu’il s’agisse d’une intox ou d’une info, cet épisode raconté noir sur blanc risque de faire du tort à François Fillon, alors que se profile déjà le vote des quelques 260.000 militants de l’UMP pour désigner leur futur président.http://leplus.nouvelobs.com/contribution/685544-revelations-sur-francois-fillon-quand-son-image-d-homme-integre-se-fissure.html

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QUAND DATI DEMANDAIT À FILLON DE S’EXPLIQUER SUR SES COLLABORATEURS…

QUAND DATI DEMANDAIT À FILLON DE S’EXPLIQUER SUR SES COLLABORATEURS…

La polémique ne retombe pas. François Fillon s’est expliqué ce jeudi sur TF1 et a défendu sa femme dont le travail était, selon lui, « réel ». « Je la défendrai, je l’aime et la protégerai », a-t-il lancé en dénonçant des attaques « abjectes ».

Si les révélations du Canard enchaîné ont fait beaucoup de bruit et obligé le candidat de la droite et du centre à être sur la défensive, un tweet de Rachida Datidatant d’il y a deux ans et demi prend une autre signification.

« L’habit ne fait pas le moine »

Nous sommes en juillet 2014. L’ancienne garde des Sceaux de Nicolas Sarkozy est mise en cause par le journal satirique (déjà !) à propos de factures téléphoniques remboursées par le parti. Utilisant Twitter pour se défendre, elle en profite pour tacler l’ex-Premier ministre, qui dirige à ce moment-là avec Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin l’UMP (devenue Les Républicains). À l’époque, la charge est virulente.

Le premier tweet laisse songeur. « L’habit ne fait pas le moine. Que François Fillonsoit transparent sur ses frais, ses

collaborateurs et Force républicaine [le club de réflexion de Fillon, NDLR] ! » écrit-elle le 9 juillet à 9 h 59. Puis : « Mais la théorie de la bonne apparence dont se sert allègrement François Fillon n’autorise pas tout, y compris des méthodes de voyous ! » Pour enfin conclure : « Ce n’est pas de ma faute ni celle de quiconque si François Fillon a accepté d’être humilié pendant 5 ans par Nicolas Sarkozy ! »

L’habit ne fait pas le moine. Que @francoisfillon soit transparent sur ses frais, ses collaborateurs et Force Républicaine !

Mais la théorie de la « bonne apparence » dont se sert allègrement @francoisfillon n’autorise pas tout, y compris des méthodes de voyous!

Ce n’est pas de ma faute, ni celle de quiconque, si @francoisfillon a accepté d’être humilié pendant 5 ans par Nicolas Sarkozy !                                                                                          https://www.prechi-precha.fr/quand-dati-demandait-a-fillon-de-sexpliquer-sur-ses-collaborateurs/

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Infanticide à Lunel : « Cette histoire est dramatique… Kenzo est mort »

Infanticide à Lunel : « Cette histoire est dramatique… Kenzo est mort »

eddy M., soupçonné d’avoir tué le fils de sa compagne, a été placé en détention provisoire ce mardi 21 février par le juge des libertés.

« Oui j’ai quelque chose à dire…Cette histoire est dramatique avec des conséquences catastrophiques… Kenzo est mort. » La voix est blanche, presque inaudible, le regard fixe, mardi 21 février, devant le juge des libertés et de la détention (JLD) à Montpellier. Teddy M., petite barbe noire, cheveux ras sur les côtés, tatouage au poignet et derrière l’oreille, bafouille quelques mots mais ne crie pas son innocence.

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Il est pourtant accusé du meurtre sauvage de Kenzo, 21 mois, le 14 février, dans une chambre d’un modeste hôtel de Lunel où il passait quelques jours avec Angélina S., sa compagne, la mère du défunt, elle aussi mise en examen pour des violences et une complicité d’actes de torture et de barbarie.

« Il nie l’essentiel, l’horreur abyssale »

Sans surprise, le JLD a envoyé Teddy M. derrière les barreaux (*). Parce que sa compagne, qui serait enceinte de lui de quelques semaines, a raconté comment il aurait tué le petit garçon à coups de genoux dans le foie tout en l’insultant. Parce qu’il ne voulait pas se calmer. Ce maçon intérimaire de 32 ans, déjà condamné pour violence, a reconnu des coups, plus anciens mais pas l’épisode d’acharnement, ni les brûlures et les morsures constatées par le médecin légiste. Il renvoie la responsabilité à sa compagne âgée de 19 ans.

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« Il nie l’essentiel, à savoir l’horreur, une horreur abyssale, rappelle le procureur Nicolas Brignol qui poursuit en le fixant dans les yeux. Je vous le dis en face : ce qui se joue sera discuté devant une cour d’assises avec des années de réclusion encourues et on est parti pour très, très longtemps. Vous êtes quelqu’un volontiers violent, terriblement, excessivement violent. »

Aucun signalement aux services sociaux

L’enquête des gendarmes de la brigade de recherches de Lunel va désormais se poursuivre sous commission rogatoire pour notamment déterminer l’ancienneté des coups. Il apparaît que le petit Kenzo ne voyait plus son père biologique et subissait des violences et l’entourage ne s’en serait pas aperçu.

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« Pour des hématomes ou des brûlures, le couple trouvait toujours des excuses auprès de la famille et des proches », indique un proche du dossier. Mais aucun signalement n’aurait été fait aux services sociaux. Le couple désargenté qui s’était rencontré par l’intermédiaire d’amis vivotait par ci, par là, dormant même dans la voiture avec l’enfant nourrit notamment de fast-food.

« Il faudra déterminer comment on est passé d’un petit casier judiciaire à cet épisode de violence, il faut un temps de recul nécessaire à tous pour comprendre les responsabilités de chacun », réagit Me Mousset, l’avocat de Teddy M..
(*) Teddy M. a été mis en examen jeudi 16 février au soir mais son début sur la détention a été reporté à ce mardi 21 février. http://www.midilibre.fr/2017/02/22/infanticide-a-lunel-cette-histoire-est-dramatique-kenzo-est-mort,1469563.php