Immigration, crise énergétique, retraites… Ce que prépare le gouvernement pour la rentréeRéforme des retraites, crise de l’énergie, chômage, débat autour de l’immigration… Dès son retour de vacances, le 22 août prochain, le gouvernement va « rentrer dans le dur » avec, au menu, pléthore de dossiers plus brûlants les uns que les autres, alors que les débats à l’Assemblée s’annoncent déjà très agités.

Immigration, crise énergétique, retraites… Ce que prépare le gouvernement pour la rentrée

Emmanuel Macron en retrait, Élisabeth Borne plutôt discrète, la reprise des hostilités parlementaires différée… La « nouvelle méthode » de l’exécutif a franchi sans grandes difficultés la première grande séquence politique du quinquennat.

Mais la rentrée promet d’être agitée sur tous les fronts, tant sur la forme que sur le fond, la majorité présidentielle pléthorique de 2017 ayant fait place cinq ans plus tard à une majorité relative à l’Assemblée nationale, dépourvue de coudées franches.

En aparté, certains membres de la majorité annoncent déjà la couleur, assurant « que les hostilités démarreront à la rentrée, sans que personne ne semble voir le mur de crise qui est devant nous ».

Car si, pour l’heure, certains dossiers semblent ranger dans les placards, le président ayant déjà pris ses quartiers d’été au Fort de Brégançon« on va rentrer dans le dur à l’automne », juge le politologue Bruno Cautrès, sur France 2, qui évoque de nombreuses réformes structurelles à venir.

Quelles sont ces réformes ? Et quels sont les sujets qu’entend discuter le gouvernement à son retour de vacances ? On fait le point.

Anticiper une crise inédite de l’énergie

L’été a beau battre son plein, l’hiver est déjà sur toutes les lèvres dans les couloirs des ministères. Selon le Parisien , on commence d’ailleurs à y « rire jaune » face au risque d’une crise inédite de l’énergie en partie due à la guerre en Ukraine.

« Il ne faut pas se mentir, ça va être dur. L’hiver va être compliqué. Tous les efforts sont faits pour limiter les contraintes, mais il va y avoir des contraintes », a ainsi prévenu le député Renaissance, Marc Ferracci.

Au-delà de trouver le « bon ton » pour préparer les Français à cet hiver qui s’annonce « compliqué », le gouvernement se triture également les méninges pour trouver les moyens de limiter la casse.

Êtes-vous favorable à la constitution d’un gouvernement d’union nationale ?

Débattez !

Ainsi, un texte sur « la sobriété énergétique » est également au menu du Parlement pour cet automne, alors que l’entourage d’Emmanuel Macron a assuré que ce dernier suivait le dossier depuis le Fort de Brégançon.

Mais autour d’Élisabeth Borne, on s’attarde déjà « à trouver les méthodes pour faire entrer ces sujets dans l’atmosphère », note le Parisien.

« On ne peut pas exclure d’être contraints d’utiliser les mêmes formats que lors du Covid », glisse ainsi un conseiller de l’exécutif au cours d’un déjeuner de travail sur la planification écologique.
Les points de presse réguliers comme lors de la crise sanitaire pourraient-ils revoir le jour ? Pour l’heure, l’Élysée s’en tient « à la mobilisation générale décrétée le 14 juillet, appelée à se décliner dans les prises de parole de la rentrée », assure-t-on dans les colonnes du Parisien.

Mais dans l’opposition, l’orage gronde déjà. Jeudi 28 juillet, le groupe écologiste du Sénat a ainsi étrillé le texte en faveur du pouvoir d’achat, qui contient également un volet énergie, dénonçant des « mesurettes » et des « balbutiements » qui ne sont pas « à la hauteur ».

« Il y a de vrais nuages noirs sur la situation du pays, mais avancer est nécessaire et possible », a de son côté estimé chez nos confrères du Parisien le ministre de la Transformation et de la Fonction publique, Stanislas Guerini.

« Aller plus loin » avec l’assurance chômage

C’est un autre des « dossiers chauds » du gouvernement : l’assurance chômage, sur laquelle le chef de l’État a promis « d’aller plus loin ».

Après l’entrée en vigueur l’année dernière de nouvelles règles, plus strictes, relatives au calcul de l’allocation d’assurance chômage, le gouvernement entend bien s’emparer, dès la semaine du 3 octobre, en concertation « avec les partenaires sociaux », de ce sujet particulièrement clivant. Il pourrait d’ailleurs s’agir du tout premier texte inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée à la rentrée.

« Quand ça va bien, on durcit les règles et, quand ça va mal, on les assouplit », a revendiqué le ministre du Travail Olivier Dussopt. Selon Les Échos , « la prolongation au-delà du 31 octobre des règles actuelles d’indemnisation fixées par l’exécutif » sera donc inscrite dans ce texte, mais, surtout, il pourrait voir se concrétiser une idée chère à Emmanuel Macron : la modulation de la dureté des règles d’indemnisation en fonction de la situation du marché du travail.

« Nos règles d’indemnisation doivent tenir compte de la situation du marché de l’emploi, comme le fait, par exemple, le Canada », a ainsi expliqué Olivier Dussopt dans une interview au Parisien .

Lire aussi : Assurance-chômage. Quatre questions sur le modèle canadien, dont le gouvernement souhaite s’inspirer

Mais les débats s’annoncent déjà (très) agités dans l’hémicycle avec la coalition de gauche Nupes et le RN. « L’opposition sera plus dure » contre ce « projet de casse sociale » d’Emmanuel Macron, a d’ailleurs prévenu le porte-parole du RN Laurent Jacobelli, alors que l’extrême droite a été plutôt conciliante en juillet.

À gauche, LFI a promis une « marche contre la vie chère » à la rentrée et va poursuivre sa stratégie de conflictualité.

Organiser un grand débat autour de l’immigration

Annoncée le 27 juillet, reportée le 3 août… l’annonce d’une prochaine loi immigration aura à peine tenue une semaine avant que Gérald Darmanin ne soit contraint par Matignon d’en reporter l’examen. Et pour cause, le sujet est particulièrement épineux, pour ne pas dire explosif.

Alors que l’examen de ce projet de loi devait commencer au Sénat en octobre, « la semaine du 10 », décision a finalement été prise de le reporter au profit d’un « grand débat » en octobre à l’Assemblée nationale et au Sénat, « avant qu’un projet de loi finalisé ne soit présenté ».

« Nous avons une proposition de texte législatif, mais pour un tel sujet, deux mois de concertation ne sont pas de trop », s’est justifié le ministre de l’Intérieur, qui a multiplié depuis le début juillet les déclarations sur ce thème hautement éruptif entre la droite et la gauche.

Dans un entretien accordé au Figaro , Gérald Darmanin a cité les différentes mesures qu’il entend proposer, dont certaines sont déjà connues : conditionnement d’un titre de séjour à « l’obtention d’un certificat prouvant la maîtrise du français et l’acceptation des valeurs de la République », suppression des dispositions interdisant l’expulsion des étrangers délinquants (mariage, arrivée en France avant l’âge de 13 ans), décision d’expulsion prononcée « dès le rejet de la demande d’asile », « forte réduction du nombre de procédures applicables » en matière d’expulsion pour diminuer les délais de recours et simplification des « règles du contentieux des étrangers ».

La semaine dernière, il avait en outre dit « assumer une forme de double peine » pour les étrangers délinquants, à savoir sanction puis expulsion.

Sans même avoir franchi les murs du Sénat et de l’Assemblée, ce projet de loi a déjà déclenché l’ire d’oppositions bruyantes et mobilisées. Alors que le sénateur LR Bruno Retailleau a vivement critiqué les mesures annoncées par Gérald Darmanin, « pas suffisamment concret(es) » et qui ne vont « pas au bout des choses », l’association SOS Racisme avait elle appelé à mettre « un terme à cette dérive digne de [Marine] Le Pen » et du Premier ministre hongrois Viktor Orban « mais indigne de la République ».

Nul doute donc que le sujet enflammera le Palais Bourbon. En 2018, c’est d’ailleurs sur le texte « Asile et immigration » du gouvernement d’Édouard Philippe que la Macronie avait connu ses premiers soubresauts.

Faire passer la réforme des retraites

À la rentrée, les syndicats ne seront pas en restent non plus : ces derniers s’apprêtent en effet à monter eux aussi au front, vent debout contre une réforme des retraites qu’Emmanuel Macron entend « faire entrer en vigueur à l’été 2023 ».

Selon le ministre du Travail Olivier Dussopt, les concertations débuteront ainsi dès la rentrée, en septembre, juste après la réunion du Conseil national de la refondation. « Nous maintenons l’été 2023 comme horizon pour l’entrée en vigueur des premiers effets de la réforme », a-t-il en outre expliqué dans les colonnes du Parisien .

Quant à la question corrosive de l’âge légal de départ à la retraite, le gouvernement ne compte pas là aussi bouger d’un iota : ce sera 65 ans, car, rappelle le ministre du travail, « il n’y a pas de totem […] mais il faut trouver les conditions de l’équilibre »« Nous faisons le choix de ne pas augmenter les impôts ni la dette, donc il faudra travailler plus. La retraite à 60 ans, ça coûte 85 milliards d’euros par an : personne n’y croit. »

Pour autant, le gouvernement « va garder un œil sur les éventuelles mobilisations sociales », note le Huffington Post , afin que « le combat politique ne se déplace pas dans la rue ».

Examiner les projets de budget 2023

Octobre marquera en outre le coup d’envoi de l’examen des projets de budget 2023, de l’État et de la Sécurité sociale.

Ce premier marathon budgétaire du quinquennat constitue une épreuve de force, faute de majorité absolue pour les macronistes à l’Assemblée.

Les LR qui ont soutenu le gouvernement sur le paquet pouvoir d’achat ne « le voteront pas », pense aussi un ministre, plutôt tenté de chercher l’abstention de la droite. Selon lui, le budget de la Sécu sera le plus délicat : « ils vont tous nous expliquer qu’il faut plus pour l’hôpital. Et pas un ne va dire qu’il faudrait une meilleure organisation des soins ».

Écartée par la majorité et LR cet été, la piste d’une taxe sur les « superprofits » de groupes comme TotalEnergies ou CMA CGM va également revenir dans les débats. Les conclusions d’une « mission flash » sur le sujet sont attendues début octobre.

Côté gouvernement, le ministre délégué chargé des Comptes publics Gabriel Attal a dévoilé dans un entretien accordé aux Échos lundi 8 août les premiers arbitrages du gouvernement sur le budget 2023.

Et la feuille de route est claire : débrancher progressivement les dispositifs exceptionnels de soutien à l’économie après la pandémie, et augmenter nettement les dépenses de la plupart des ministères en 2023.

Parmi les mieux lotis, le budget de l’Emploi va voir ses crédits fortement croître de 6,7 milliards d’euros pour atteindre 30,7 milliards d’euros. L’Éducation nationale progresse de 3,6 milliards pour arriver à 60,2 milliards d’euros, la Défense de 3 milliards pour un budget total de 43,9 milliards d’euros, la Recherche et l’enseignement supérieur de 1,5 milliard pour atteindre 30,8 milliards d’euros, et la Solidarité de 2,1 milliards pour un montant total de 29,7 milliards d’euros. Le poste « Sécurités » va quant à lui augmenter de 1,4 milliard, et arriver à 16,1 milliards d’euros, indique le ministère. Des hausses « inédites » et « historiques », selon l’ancien porte-parole Gabriel Attal.

Quant aux autres postes gouvernementaux, ces derniers connaîtront soit une légère hausse, soit une stagnation de leurs crédits : la Justice (+ 700 millions d’euros), l’Outre-mer (+ 300 millions), la Culture (+ 200 millions), le sport et la vie associative (+ 100 millions) vont légèrement croître tandis que l’immigration, les médias et industries culturelles stagneront.

Au total, le budget de l’État, tel que prévu par le gouvernement, s’élèvera à 339 milliards d’euros en 2023.

Mais, une fois encore, les négociations au sein de l’Assemblée s’annoncent compliquées. Pour faire passer le budget, le gouvernement aura en effet besoin des voix de partis de l’opposition, ce qui ne sera pas une mince affaire. « Le budget, c’est risqué, l’opposition ne le vote jamais », a d’ailleurs prévenu un cadre socialiste.

Transformer Pôle emploi

Pour mieux accompagner ceux qui ont vocation à retourner à l’emploi et atteindre le plein emploi, l’exécutif veut en outre transformer Pôle emploi en une forme de guichet unique baptisé « France Travail ».

Lors de sa déclaration de politique générale, Élisabeth Borne avait d’ailleurs jugé que l’accompagnement des chômeurs était aujourd’hui « trop complexe ».

« Nous ne pouvons plus continuer à avoir, d’un côté, l’État qui accompagne les demandeurs d’emploi, de l’autre, les régions qui s’occupent de leur formation et les départements en charge de l’insertion des bénéficiaires du RSA », avait-elle estimé, laissant entendre que l’opérateur public devrait chapeauter ces compétences actuellement dispersées.

Mais pour l’heure, même les acteurs du service public de l’emploi ne semblent pas connaître l’ampleur de la réforme. Ce sera « soit une cabane, soit une cathédrale », dit l’un d’eux.

Lors des récentes Rencontres économiques d’Aix, Olivier Dussopt a d’ailleurs indiqué que « les paramètres n’étaient pas encore fixés ». Selon des propos rapportés par l’agence AEF, plutôt que « l’hypothèse maximaliste d’une fusion », l’exécutif s’apprêterait plutôt à privilégier un travail sur « le front office, donc l’accueil, l’orientation et le diagnostic » pour améliorer la coordination des acteurs publics et privés.

2 commentaires sur « Immigration, crise énergétique, retraites… Ce que prépare le gouvernement pour la rentréeRéforme des retraites, crise de l’énergie, chômage, débat autour de l’immigration… Dès son retour de vacances, le 22 août prochain, le gouvernement va « rentrer dans le dur » avec, au menu, pléthore de dossiers plus brûlants les uns que les autres, alors que les débats à l’Assemblée s’annoncent déjà très agités. »

    1. bonjour depuis plus d un mois ce site avait eu des menaces par un abruti de soi disant journaliste du coup au lieu de virer son commentaire j avais fermé ce site je me bat depuis pour le reprendre c est chose faite … et j ai 1 second blog avec le meme nom qui est super , plus de pub plus de cookies vous pouvez me suivre sur le 2 aussi

      J’aime

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