La Russie se frotte les mains : sa production de pétrole repart à la hausse… et son or noir revient déjà en Europe

par Olivier Daelen.

Dans les semaines qui ont suivi le début de la guerre en Europe, nombre d’acheteurs européens ont décidé de se passer du pétrole russe, faisant chuter la production locale. Quelques mois plus tard, la situation est déjà en train de s’inverser.

En avril, face aux sanctions économiques et à un manque de clients, la Russie a été contrainte de produire un million de barils de pétrole en moins chaque jour. Mais visiblement, ça n’a été qu’un mauvais moment à passer.

D’après Alexander Novak, vice-président russe et plus haut responsable du Kremlin en matière d’énergie, la production est déjà repartie à la hausse ce mois-ci. En mai, ce sont 200 000 à 300 000 barils supplémentaires qui sont produits chaque jour. « Nous nous attendons à une nouvelle reprise en juin », a-t-il ajouté, cité par BNN Bloomberg.

Des barils envoyés ailleurs puis réexpédiés en Europe

Si la Russie semble déjà parvenir à redresser la barre, c’est principalement grâce à ses clients asiatiques. Ils n’hésitent pas à augmenter leurs commandes, profitant des tarifs réduits de l’or noir russe. Mais ils ne sont pas les seuls.

D’après Novak, la Russie arrive toujours à écouler son or noir auprès des acheteurs européens : celui-ci est d’abord envoyé vers d’autres marchés avant d’être réexpédié sur le Vieux Continent. Le vice-président n’a pas détaillé comment cela se déroulait, mais plusieurs médias ont déjà expliqué différentes techniques utilisées pour passer outre les auto-sanctions.

Il y a notamment le fait de mélanger 49,99% de pétrole russe avec 51,01% de pétrole d’une autre provenance, de sorte que le produit ne soit pas estampillé comme russe. Une pratique que Shell a notamment été accusée d’exploiter. Le même groupe a également prévenu il y a quelques semaines qu’un embargo européen sur le pétrole russe aurait nécessairement des failles. Par exemple, si du brut russe est raffiné en Inde, il serait impossible d’en déterminer l’origine, selon le directeur général de Shell, Ben van Beurde.

Un tel embargo est sur la table depuis deux semaines, mais il ne fait pas encore l’unanimité parmi les Vingt-Sept.

source : Business AM

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