Planification médiatique de la tension ou réelle descente aux enfers ?

par Francis Goumain.

La Machine de propagande de l’Occident va se casser les dents sur les Russes déclarait récemment Vladimir Poutine, parviendra-t-il pour autant à percer notre bulle médiatique anxiogène ? Rien n’est moins sûr.

Si on regarde depuis 2010 – on aurait bien sûr pu commencer bien avant – la liste des affaires et soubresaut est impressionnante, à tel point qu’on s’attendait tous confusément à ce que quelque chose vienne enfin prendre le relais du Covid à bout de souffle, il se trouve que c’est l’Ukraine de Poutine. Voici la liste :

  • 2010 – Printemps arabes – volcan Eyjafjöll
  • 2011 – Fukushima – guerre en Libye  – Zone d’exclusion aérienne – Affaire DSK –  Anders Breivik
  • 2012 – Naufrage du Costa Concordia – Mohamed Merah – guerre en Syrie, Al Nosra fait du bon boulot, Assad ne mérite pas d’être sur Terre
  • 2013 – La Manif pour Tous – la Ghouta – Démission du Pape (première en 7 siècles)
  • 2014 – Maïdan – Annexion de la Crimée – Vente de Mistral – Boeing abattu au-desus de Donetsk
  • 2015 – Attentat Charlie Hebdo – Andreas Lubitz A320 – intervention en Syrie de la Russie – Crise des réfugiés, Alan Kurdi 3 ans sur la plage – Bataclan.
  • 2016 – Brexit et élection de Trump (on parle d’interférences russes)
  • 2017 – Affaire Fillon – Mort de Johnny – Macron
  • 2018 – Affaire Skripal – Mort de Faurisson – Gilets jaunes
  • 2019 – Brenton Tarrant – Incendie de Notre-Dame (800 ans), début du Covid
  • 2020 – Covid – assassinat de Soleimani – Poutine autorisé à se représenter en 2024 – Geoge Floyd – Fraude électorale Biden
  • 2021 – Covid – vaccin – Retrait d’Afghanistan
  • 2022 – Ukraine – Décès de la Reine d’Angleterre ?

Ce qui donne l’impression d’un cinéma permanent contrôlé, c’est d’abord que le niveau de tension ne baisse jamais. Dans une actualité réellement indépendante des médias, il devrait forcément y avoir des années plus calmes que d’autres, ce n’est jamais le cas.

Non seulement il n’y a jamais de trou, mais inversement, il n’y a jamais chevauchement de deux grosses affaires, les affaires se succèdent, c’est bien géré. Par exemple, en mars 2020, nous avions publié un article, « Catherine – Staline – Poutine, il se prépare quelque chose ? », suggérant qu’une grande confrontation Est-Ouest était sans doutes en préparation compte tenu du fait que Poutine avait décidé de se faire prolonger à la tête de l’État au-delà de ce que lui permettait la constitution russe, mais apparemment, le Covid est venu tout décaler de deux ans.

Plus étonnant, parce qu’a priori impossible à faire, une autre grosse affaire semble elle-même avoir été décalée du fait de l’opération militaire en Ukraine : le décès de la reine d’Angleterre ! On nous y préparait pourtant toutes ces dernières semaines, si ce décès devait se produire maintenant, ce serait un chevauchement de deux énormes affaires comme on n’en a pas le souvenir. Qu’on en juge, cette reine est le dernier personnage important à avoir gagné la Seconde Guerre mondiale, c’est l’expérience de sa vie, et son règne n’aura été que d’incarner cette victoire et cette période d’après-guerre si catastrophique pour l’Occident, notons à cet égard, tout un symbole, que celle qui a gagné la guerre est née un 21 avril, celui qui l’a perdue, AH, est né un 20 avril.

Mais il y a plus, qui dit décès de la reine, dit forcément crise de succession, car, forcément, il y aura crise, bien évidemment que la matrice médiatique ne va pas rater l’occasion de faire avancer sa cause. Si par exemple le prince Charles renonce à la couronne, cela va se jouer entre William et Harry, il y aura une monstrueuse querelle des légitimistes contre les Californiens, ces derniers soutiendront à n’en pas douter que la monarchie anglaise doit désormais incarner le peuple multiracial et métissé qu’est devenue l’Angleterre.

Ce qu’il faut encore remarquer dans cette succession d’affaires sans trou ni chevauchement, c’est qu’aucune n’est réellement grave, aucune ne dégénère : de même qu’un coup de dés jamais n’abolira le hasard, un film de la matrice jamais n’ira casser le cinéma. Ni les Gilets jaunes, ni les vagues d’attentats islamistes ou – plus sporadiques – d’extrême droite, n’ont entraîné de guerre civile, les épidémies sont bien sages et modestes, les guerres toujours limitées.

Avec ce conflit en Ukraine, on peut donc aussi être sûr qu’il ne dégénèrera pas en conflit mondial, encore moins en guerre atomique, tout au plus va-t-on assister à un démantèlement de l’Ukraine sur le modèle de ce qui s’est passé en Yougoslavie et c’est tout.

Ensuite, nous le savons, il y aura un autre film qui, comme d’habitude, n’aura rien à voir avec le précédent ni avec le suivant. L’arbitraire de cette succession d’histoires qui n’ont rien à voir les unes avec les autres est également caractéristique et montre que chaque histoire n’est pas réellement sérieuse, car autrement, les différents problèmes s’appelleraient les uns les autres et il ne serait pas possible de passer à autre chose avant d’avoir trouvé une solution à la précédente crise.

Le plus souvent, cette succession de film se suffit à elle-même, l’entretien permanent de la tension suffit au maintien au pouvoir de la matrice du réel. Tant que le public, ce taureau d’arène, fonce vers la cape, tout va bien. Une chose est sûre, il ne faut pas compter sur son réveil, 2018 est par exemple une année qui s’est offert le luxe de réunir deux histoires complètement contradictoires, mais le public ne s’en est pas rendu compte: l’affaire Skripal et le décès de Faurisson. Dans la première histoire, on raconte au public qu’un Russe victime en plein air d’un agent chimique toxique ne pouvait pas être approché sans d’énormes précautions. Dans la deuxième, on parle de celui qui avait dit qu’il n’était pas possible de ramasser les cadavres empilés d’un espace confiné des victimes d’un agent chimique tout aussi dangereux.

Mais parfois aussi, il semble que certaines corridas ne se contentent pas d’entretenir la tension mais qu’elles permettent à la matrice d’avancer dans son programme de domination par la destruction. Ainsi, on peut se demander si les énormes manifestations de la Manif pour Tous n’ont pas en réalité puissamment contribué à l’instauration d’une théorie, jusque-là inconnue du public, la théorie du genre, provoquant dans la foulée la démission du Pape, qui, évidemment, ne pouvait pas rester Pape devant la mise à bas d’une si évidente loi divine, à savoir, l’existence de deux sexes qui s’appellent mutuellement. Et quatre ans plus tard, on élisait le tout premier couple LGBT à la présidence, nombre de ses électeurs devant d’ailleurs provenir des rangs même de la LMPT, une brillante réussite.

Un doute néanmoins subsiste, tout n’est peut-être pas voulu et contrôlé par la matrice, il y a peut-être des chocs externes qui peuvent la détruire. L’agression du Maïdan, suivie – enfin – d’une réaction de la Russie en Syrie en 2015, le fait qu’à partir de 2018 la Russie avait réussi à damer le pion aux USA en matière d’armes hypersoniques (Avangarde, Kinjal, Zircon), la présente opération en Ukraine, tous ces éléments semblent dessiner une histoire qui échappe à la matrice. Si toutefois tel n’est pas le cas, alors on sait comment l’opération en Ukraine va se terminer : malgré un début victorieux et en position de force, une chute et une implosion finale de la Russie.

Mais de victoire en victoire, c’est-à-dire, de destruction en destruction, la matrice coure fatalement à sa perte, un jour, elle n’aura plus rien à détruire qu’elle-même.

Le Pape a démissionné, ce n’était jamais arrivé en sept siècles, cinq ans plus tard à peine, Notre-Dame a brûlé, ce n’était jamais arrivé en huit siècles : ce sont quand même des signes, des signes dangereusement rapprochés.

source : Jeune Nation

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