[Tribune] Jean-Frédéric Poisson : Covid ou pas, ce mandat aura été une tragédie….

Jean-Frédéric Poisson, président de VIA | la voie du peuple, analyse au travers des éléments perturbateurs auxquels le gouvernement a dû faire face, avec un mépris ahurissant à l’endroit du peuple français, le bilan désastreux de ce quinquennat macroniste. Quelles conséquences en résulterait pour la France en cas de réélection du président Emmanuel Macron.Par Jean-Frédéric PoissonPublié le 1 décembre 2021 à 16h00

Emmanuel Macron. Photo © Thomas Coex/AFPPartager cet article surFacebookTwitterLinkedIn

En avril 2019, en guise de conclusion du Grand débat national, exercice de communication certes virtuose, mais ô combien théâtral, Emmanuel Macron annonçait le passage à l’acte II de son mandat. Cette nouvelle séquence politique devait être marquée par la fin des petites phrases méprisantes, l’écoute attentive des Français et en particulier des classes populaires et la réconciliation de l’Exécutif avec les élus locaux. Avant que le président de la République ne nous promette un acte III avec sa réélection, mesurons l’ampleur de ces fameux changements de méthode promis il y a maintenant deux ans.

Bien sûr, il faut prendre en compte l’effet de la crise sanitaire dans cet état des lieux. Malheureusement pour l’Exécutif, comme dans toute dramaturgie, c’est à la manière dont il affronte les éléments perturbateurs que l’on juge le héros. Or Emmanuel Macron et son gouvernement n’ont fait face à cette crise qu’avec un autoritarisme hallucinant, une centralisation toujours plus forte des décisions politiques et un mépris renouvelé des échelons démocratiques locaux. Tout cela sans oublier une attention particulière à diviser les Français : dans l’acte I, les adversaires étaient « les gars qui fument des clopes et roulent au diesel » (B. Griveaux) ; pour l’acte II – changement de scénario, mais même ressort dramatique – ce sont les non-vaccinés qui « sont une faille dans notre système » (Éric Dupont-Moretti). Pour la fin des petites phrases méprisantes, on repassera. Quand on sait que les plus réticents à la vaccination sont les ouvriers et les employés (24 % d’entre eux contre 8 % des cadres), on se dit que pour l’attention aux classes populaires, on attendra aussi.

En 2022, profitons de l’entracte électoral pour mettre fin à cette pièce bouffonne qui embarque la France dans une grave tragédie.

Qu’en est-il, par ailleurs, du rapport de l’Exécutif avec les élus locaux ? Après avoir affiché son mépris pour les maires de façon explicite pendant la première partie de son quinquennat, Emmanuel Macron avait appris à la faveur de la crise des Gilets jaunes qu’il n’existe pas de démocratie réelle sans démocratie locale. Il avait donc juré ses grands dieux qu’on ne l’y reprendrait plus et qu’il serait désormais un soutien sans faille des élus locaux. En effet, la semaine dernière, la macronie bruissait d’enthousiasme pour une tribune signée par 600 élus locaux réclamant un second quinquennat d’Emmanuel Macron. Avec quelques éléments de contexte, ce soutien des maires prend pourtant une mesure toute relative. Trois jours avant la publication de ce papier dans le JDD, l’Association des maires de France se donnait pour nouveau président David Lisnard, maire de Cannes, qui avait largement marqué ses différences avec le projet macroniste au cours de la campagne. Si elle est un beau contre-feu médiatique au revers subi par l’Exécutif sur le front de la démocratie locale, cette tribune cache mal que, sur le fond, près de 7 200 maires ont préféré se tourner vers un candidat a minima sceptique vis-à-vis du théâtre macroniste.

Hasard du calendrier, la Cour des comptes rendait au même moment son rapport sur les finances des collectivités territoriales. Si elle discerne bien des perspectives financières favorables, la Cour insiste encore une fois sur les effets de la suppression de la taxe d’habitation qui a rendu les collectivités « plus dépendantes à la conjoncture économique » soulignant dans son langage euphémisé que « le lien entre leurs compétences et leurs ressources n’est pas toujours assuré ».

Bref, il n’y a pas besoin d’être un critique d’art érudit pour cerner la vacuité de cette pièce qui a déjà duré trop longtemps. En 2022, profitons de l’entracte électoral pour mettre fin à cette pièce bouffonne qui embarque la France dans une grave tragédie.

[Tribune] Jean-Frédéric Poisson : Covid ou pas, ce mandat aura été une tragédie

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