Béziers, Hayange : les électeurs sont contents de leur maire « facho » ! Nous avons déjà évoqué les sondages qui annoncent une élection dès le premier tour pour Robert Ménard, à Béziers.

Nous avons déjà évoqué les sondages qui annoncent une élection dès le premier tour pour Robert Ménard, à Béziers.

Aujourd’hui nous relayons un article montrant que les électeurs de Hayange seraient plutôt très satisfaits de leur maire, Fabien Engelmann. C’est même une gazette pas trop favorable au RN qui le dit…

J’ai regardé ce qui se dit sur Hayange !
Par ailleurs Contribuables associés lui donne une note de 16/20…
Il a baissé un peu la dette, mais comme beaucoup, c’est l’intercommunalité qui s’alourdit !
Cette intercommunalité est finalement à la fois un piège pour certaines communes mais aussi un éventuel truquage de la gestion pour les maires tenant l’intercommunalité…

Comme à Béziers, le tiercé gagnant est « proximité », « écoute », « efficacité au service de tous », rigueur budgétaire avec, entre autres, la chasse au gaspillage des subventions aux associations.

Engelmann : le bilan, par les habitants d’Hayange

Le maire de Hayange en 2014 sous les couleurs du Front national, Fabien Engelmann, s’est révélé très efficace dans la gestion concrète et quotidienne de sa commune, d’après les habitants. Si beaucoup vantent sa réactivité et son dynamisme, d’autres signalent aussi « une parole raciste libérée », des discours « identitaires » et un secteur associatif drastiquement appauvri.

« Un ouvrier ne devrait pas voter Front national. » Jacques, un Hayangeois de 80 ans, n’a pas donné sa voix à Fabien Engelmann lors des élections municipales de 2014. Mais cet ancien mécanicien ajusteur employé au fond des mines glissera peut-être un bulletin Rassemblement national (ex-FN) pour le soutenir, lors du prochain scrutin local dans sa commune prévu en mars 2020. Parce qu’il estime que son maire « s’occupe bien de tout le monde » depuis six ans. Voilà tout le paradoxe de Fabien Engelmann, élu à cette date sous les couleurs de l’extrême droite et à la surprise générale : même ses opposants reconnaissent l’efficacité de son action de terrain, durant son premier mandat. « Clairement, il a fait ce que ses prédécesseurs auraient dû faire depuis des années », juge Joseph, hayangeois depuis toujours et d’un tout autre bord politique. « Devant les permanences libres qu’il tient régulièrement, il y a toujours une vingtaine de personnes. Et les gens savent que s’ils vont le voir, leur problème sera vraisemblablement réglé rapidement. C’est ce qu’ils attendent d’un maire, et c’est ce qu’il est. »

La preuve par l’exemple, avec Karim : « Dans la rue où habite ma mère, c’était dangereux, les voitures roulaient systématiquement trop vite. Je suis allé voir le maire, qui a installé des ralentisseurs sur la voie. Depuis, plus de problème », soutient le jeune habitant. « On ne peut pas lui enlever qu’il est sur le terrain depuis qu’il a été élu, contrairement aux maires précédents que je n’ai pas beaucoup vus. En même temps, c’est le FN, ils ont envie de se montrer sous leur meilleur jour, parce qu’ils se savent scrutés. Et ils le font très bien. » Pascal, qui a habité Metz et le Luxembourg avant de s’installer à Hayange, confirme : « Clairement, il apporte ce petit plus sur le terrain qui pousse les Hayangeois à estimer qu’il fait bien son boulot. C’est un peu sa marque de fabrique. »

Deux réussites principales de son mandat reviennent majoritairement dans la bouche des habitants : d’abord « la ville est vraiment plus propre », constate Didier ; ensuite, les personnes âgées sont choyées à l’extrême. « Elles sont toutes folles de leur petit maire. Il faut dire qu’il sait aller vers les gens », estime Caroline*, une commerçante du centre-ville.

Skinheads et fête populaire

Sur la pente descendante depuis les années 80, époque à laquelle « même les Thionvillois venaient faire les magasins » à Hayange, dixit Didier, la capitale de la vallée de la Fensch aurait repris quelques couleurs sous l’impulsion de Fabien Engelmann : Pierre souligne « la création d’un city-stade » au centre-ville en 2017, Karim celle « d’un local pour les jeunes avec télé et consoles » ouvert depuis 2018 non loin de la mairie. « Le feu d’artifices du 14 juillet est désormais tiré de la Vierge (au sommet d’une colline, ndlr), d’où tous les habitants peuvent le voir », poursuit Caroline. « Et puis la fête de la Musique s’est étendue, sans compter l’organisation d’un Noël solidaire pour les démunis et la fête du cochon. »

Promesse de campagne de l’élu FN, cette célébration du porc dans tous ses états illustre en une manifestation toute l’ambiguïté de sa mandature : elle a régulièrement accueilli des skinheads ou des membres de Riposte laïque, un site web ouvertement islamophobe, tout en réussissant à devenir un réel rendez-vous local où se rassemble la population de Hayange dans toute sa diversité. Même des habitants d’origine musulmane, alors que ce type de rendez-vous se veut originellement identitaire et anti-multiculturaliste – dans l’idéologie d’extrême droite – à travers la valorisation d’un aliment religieusement clivant. « Cette fête, ce n’est pas un problème pour nous », affiche Karim. « Nous ne nous y opposons pas sur le principe, et ceux qui en parlent uniquement comme d’un événement anti-musulman, à l’image de certains médias, jettent de l’huile sur le feu. »

D’autres actes initiés par la mairie ont pu être jugés discriminants, sans que la preuve d’une volonté malveillante n’ait jamais pu être clairement établie. D’abord « l’installation d’une crèche illuminée avec trois Rois mages blancs de peau », rappelle Roxane, un modèle à bas coût acheté par Hayange comme d’autres collectivités, selon la municipalité. Puis la présence de « saucisses » aux côtés des chocolats lors de la Saint-Nicolas, une distribution qui aurait aussi lieu dans une commune voisine. « Des détails détournant l’attention des vrais problèmes de la population, comme la précarité », lâche Karim. « Les médias parlent de tout ça, pas les Hayangeois », confirme Marie-Claude, une commerçante.

« La parole raciste s’est libérée »

« Parmi les musulmans d’ici, beaucoup ont voulu partir en 2014. Mais comme leurs biens se vendaient encore plus difficilement avec l’arrivée du FN à la mairie, ils sont restés. Et ils ne baissent pas la tête », lance Marie-Claude. Si les trottoirs de Hayange sont plus propres, les échanges parmi la population prennent plus facilement une tournure sordide : « La parole raciste s’est libérée, parmi les habitants. Les langues se délient, on voit qu’on est dans une ville FN », atteste Karim. Marc, à Hayange depuis tout petit, égrène : « Le maire a voulu empêcher un boucher halal de travailler le dimanche et une association de danse orientale est partie ailleurs, même s’il se vante aussi d’avoir aidé un kebab à ouvrir en face de la mairie. C’est une parole raciste, avec beaucoup de contradictions. Il profite aussi chaque année de la fête du cochon pour prononcer un discours politique identitaire, évoquant clairement l’idée d’un « Grand Remplacement », tout en illustrant à travers cet événement que les habitants de Hayange savent s’amuser », assure ce proche du milieu associatif. « Cette ambiguïté fonctionne, et s’avère presque inattaquable. »

Un fait sans équivoque secoue Hayange depuis 2016 : la volonté affichée – et portée en justice – par Fabien Engelmann d’expulser le Secours populaire français du local qu’il occupe gracieusement dans la commune, où l’association accompagne les plus démunis depuis 1977. Ce qui n’aurait pas plu à l’édile, c’est l’aide apportée par ces bénévoles à des migrants, même si la mairie évoque un problème de droit en affirmant qu’aucune délibération du conseil municipal n’a jamais octroyé l’usage du lieu au Secours populaire. « À Nilvange, juste à côté, le maire élu en 2014 nous a permis d’avoir un nouveau local pour remplacer l’ancien, devenu vétuste, afin de mieux accueillir nos bénéficiaires, dont le nombre ne cesse d’augmenter », comparent Myriam et Juan, volontaires du Secours populaire dans cette commune voisine.

« Les associations sont moins soutenues financièrement depuis 2014. Et j’ai le sentiment que certains responsables ont peur de parler franchement du maire, craignant de perdre leurs subventions », assure Joseph. Marc corrobore : « Fabien Engelmann a une stratégie de proximité très visuelle, et c’est probablement le maire qui a fait couler le plus de mètres carrés de macadam sur Hayange depuis que la fonction existe », note Marc. « Mais derrière ce côté séduction, c’est la soumission ou la punition avec certains acteurs sociaux. »

La preuve avec l’affaire du Secours populaire, dont le jugement devant le tribunal de Metz sera rendu le 30 janvier.

*Son prénom a été changé pour préserver son anonymat.

Fabien Engelmann : le bilan, par les habitants d’Hayange

Christine Tasin

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