Apolline de M. face à Branco : journaliste, ou procureur macronienne ?

Apolline de M. face à Branco : journaliste, ou procureur macronienne ?

Avant d’entamer les festivités concernant l’exceptionnelle prestation-soumission au pouvoir de la part de la très évitable Apolline de Malherbe face à Juan Branco, sur BFM TV, je tiens à préciser deux points :
Un, je n’ai pas de sympathie particulière pour l’enfant repentant de riches et indigné qu’est Juan Branco – comme l’a si justement suggéré Élisabeth Lévy sur CNews –, lequel flirte volontiers avec l’extrême – voire l’ultra – gauche.
Deux, Piotr Andreïevitch Pavlenski – ayant désigné Branco comme son avocat – est un nostalgique de l’anarchie meurtrière du XIXe siècle ainsi que de la fanatique Commune – qui fit périr par les flammes, entre autres, l’hôtel de ville de Paris, le château des Tuileries et faillit bien réduire en cendres le Louvre et ses collections de l’époque. Pavlenski n’est donc pas non plus mon ami, même si je n’ignore pas qu’on lui fera payer cher son audace à avoir défié la Macronie.

Ceci étant dit, ce matin du lundi 17 février 2020, Apolline de M. recevait donc Juan Branco. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle s’est lâchée, transpirant à la fois son amour du pouvoir macroniste et à la fois sa détestation hargneuse de ses opposants. Bien entendu, ce n’était pas une première pour celle qui, au moment du Petit débat, déclarait sur la même chaîne servile : « Pour l’instant, c’est extrêmement positif […]. Parce qu’effectivement, il impressionne [Macron]. D’abord, on se dit : Quelle performance ! »

https://www.telerama.fr/television/gloire-a-macron,-limmortel-poete-de-bfmtv,n6123073.php

Avouons-le tout net, lorsqu’il est question d’Emmanuel Macron, Apolline de M. a l’œil qui brille des mille feux de la courtisanerie ; la voix qui chevrote d’émotion – façon Malraux déclamant au pied du Panthéon son fameux « Entre ici Jean Moulin ! » ; en moins bien tout de même – ; son joli visage pâlit d’extase, et la voilà au bord de réclamer son flacon de pâmoison !
Autre morceau choisi : le présimportant Macron lance-t-il une phrase qui ferait passer Flaubert pour un illettré – « Faut pas raconter des cracs! C’est pas en remettant l’ISF que la situation d’un seul Gilet jaune s’améliorera ! Ça c’est de la pipe ! » –, voici qu’Apolline de M. tweete : « Emmanuel Macron hyper-combatif, et très assumé. »

Mais ce lundi matin, devant Branco, Apolline de M. s’est surpassée…

Elle a attaqué d’emblée, évoquant avec une gourmandise accusatrice une agression lors d’une fête de réveillon du 31 décembre dernier, organisée par Branco et au cours de laquelle Pavlenski se serait saisi d’un couteau et aurait blessé deux participants. D’autres sources disent qu’une bouteille de verre aurait été brisée sur sa tête. De son côté, Branco a affirmé que dix personnes s’étaient invitées à la soirée et l’avaient agressé.
Ce qui est « amusant » c’est que l’intéressé était visé par une enquête depuis le 2 JANVIER 2020 pour « violences volontaires avec arme ». J’ai connu la police plus véloce lorsqu’il s’agissait de traquer du Gilet jaune ! C’est d’ailleurs pour cette affaire que ledit Pavlenski vient d’être mis en garde à vue et non, officiellement, pour la diffusion des vidéos du muscle en action de Benjamin Griveaux. Quoi qu’il en soit, Branco a parlé « d’étrangeté de la procédure » et on ne peut que lui donner raison.

Avant de diffuser les vidéos de Griveaux, Pavlenski a demandé conseil à son avocat. Et pour Apolline de M. c’est suspect. Pourtant, dans le règlement intérieur du barreau de Paris – auquel Branco est rattaché –, mis à jour le 21 janvier 2020, il est stipulé que : « L’avocat est le confident nécessaire du client. Le secret professionnel de l’avocat est d’ordre public. Il est général, absolu et illimité dans le temps. Sous réserve des strictes exigences de sa propre défense devant toute juridiction et des cas de déclaration ou de révélation prévues ou autorisées par la loi, l’avocat ne commet, en toute matière, aucune divulgation contrevenant au secret professionnel. Le secret professionnel couvre en toutes matières, dans le domaine du conseil ou celui de la défense, et quels qu’en soient les supports, matériels ou immatériels. » À moins que la Macronie soit de droit divin, et même si l’affaire concerne une violence insoutenable infligée à l’une de ses idoles – « l’un des principaux piliers du régime actuel »,  selon Branco – Apolline de M. n’a rien à y redire.

« Maintenant, j’aimerais comprendre pourquoi Piotr Pavlenski s’en prend à Benjamin Griveaux… Benjamin Griveaux », insiste l’égérie macroniste en regardant ses papiers, tel un juge mandaté par le pouvoir. Elle désigne ensuite son invité en l’accusant d’avoir ciblé à son tour Benjamin Griveaux « de manière systématique ». Elle n’est pas contente à ce moment, le regard venimeux et affirmant : « Vous avez une haine quasi obsessionnelle à l’endroit de Benjamin Griveaux, Juan Branco […] Vous y prenez plaisir à dénoncer ! ».

Branco ne se démonte pas et tempère l’idéalisation médiatique de Griveaux, rappelant notamment ses liens avec Unibail – « premier groupe coté de l’immobilier commercial au monde », selon Wikipédia –, entreprise qui a aidé Emmanuel Macron lors de sa campagne. Au passage, la femme de Benjamin Griveaux, elle-même avocate, a défendu Thomas Thévenoud, l’homme des phobies administratives. Quelle famille !

Mais Apolline de M. est rompue à l’exercice de la turgescente « probité » journalistique et fait mine de ne pas écouter les arguments de son interlocuteur, comme lorsqu’il rappelle qu’Aurore Bergé a signalé à la justice ses propos et ceux de Thomas Guénolé, qui défendaient tous deux les Gilets jaunes, et dans lesquels Bergé voyait une « provocation aux crimes et délits ». La loi Avia, qui vise à bâillonner la dissidence quelle qu’elle soit, ne vient pas de nulle part…

Mais le temps passe et il faut du résultat : « Est-ce que Piotr Pavlenski a agi seul ? » demande Apolline de M. avec impatience. Elle poursuit avec véhémence : « Vous qui avez vu des complots partout, il en y en a de truffés dans tout votre livre, vous achetez ça ?! » Là, on entre dans la dimension stalinienne de BFM TV, qui se fait le supplétif du pouvoir, puisque Macron en personne voit l’influence de la Russie jusque dans les draps de son lit ! Vladimir Poutine en prend aussi pour son grade, parce que le trépignant de l’Élysée n’aime pas le chef du Kremlin.

Apolline de M. enfonce le clou ; elle s’accroche à n’importe quoi parce qu’il doit avouer, le Branco qui comparaît au tribunal médiatique de BFM TV ! Elle a les yeux exorbités de rage à peine contenue, elle écume, elle veut une tête…

Branco est coriace : en même temps que l’impéritie – volontaire – des journalistes, il continue de dénoncer les mensonges de Griveaux et se heurte à un « Et alors ? » de récré en face de lui.

Branco ne lâche rien non plus sur d’éventuelles nouvelles vidéos à paraître, pas plus qu’il ne se reconnaît dans les modalités du geste de son client. C’est sans doute cela qui la rend fébrile, la Montespan de BFM TV ! Sans os à ronger, Apolline de M. s’oublie : « Il y a déjà été, en prison ! Visiblement ça ne lui a pas fait peur de recommencer alors que vous l’aviez visiblement prévenu du risque qu’il encourait ! » Et, étalant un sourire narquois comme il faut, elle en rajoute une couche en suggérant qu’il l’a bien mérité, son sort actuel. Interview ou interrogatoire de garde à vue, mon cœur balance…

Apolline de M. sombre un peu plus dans l’argument creux comme une coloquinte séchée : « Vous voudriez remettre une police des mœurs, des bonnes mœurs ? » Puis la voilà qui cite maladroitement Pascal. Il est à ce sujet dommage qu’elle n’ait pas appris correctement la Pensée, qui traduisait si bien ses méthodes présentes : « … le contredis toujours, jusqu’à ce qu’il comprenne qu’il est un monstre incompréhensible. »

Dans son apothéose délirante, Apolline de M. conclut impérieusement : « Plus on vous entend et plus on se demande si Piotr Pavlenski n’est pas que l’exécutant et vous le manipulateur. »

Pour finir, Pavlenski mérite peut-être d’être renvoyé dans ses pénates russes, mais, dans ce cas, on fait un prix de gros et on en profite pour éjecter les faux réfugiés politiques – en réalité des migrants économiques – ainsi que tous les Français de papier qui sont allés rejoindre l’État islamique ou qui démontrent, par leur comportement, une haine décomplexée de la France. Car, je me répète, même si Pavlenski et moi nous n’avons rien en commun, je connais des fichés S bien mieux traités que lui…

Enfin, « chère » Apolline de M., et sans rancune, permettez que je vous adresse ce compliment d’un autre : « La bêtise est toujours la conservation de la beauté ; elle éloigne les rides » (Charles Baudelaire) !

Charles Demassieux

https://ripostelaique.com/apolline-de-m-face-a-branco-journaliste-ou-procureur-macronienne.html

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