Un patron de bar vire un Noir harceleur : il est accusé de racisme !

Un patron de bar vire un Noir harceleur : il est accusé de racisme !

Ndaté Sylla

Lausanne : un patron de bar accusé de racisme pour avoir viré un Noir qui importunait lourdement plusieurs femmes.

Ce genre de fait divers banal est devenu quotidien en Suisse. Ce beau pays aux hautes montagnes, où l’argent afflue dans les banques parfaitement astiquées, où les vaches pimpantes donnent un lait crémeux avec lequel on fabrique un fromage célèbre et un chocolat tout aussi fameux. Le pays des montres de grand luxe, des immenses lacs, des pentes neigeuses… Ceci pour fixer le cadre.

Le premier rôle ? Ndaté. Son humeur ? Furax. 46 ans, franco-sénégalais, il déclare ne pas avoir l’habitude d’être traité ainsi. Et je le crois sur parole. À la kasbah, c’est lui le chef. On le traite avec respect, gare aux baffes. Cette nuit-là, il a été emmené de force à l’écart par le patron et un videur. « Je n’avais rien fait de mal ! (Ils ne font jamais rien de mal, ce sont les autres, les racistes, les xénophobes). La seule chose qu’on puisse me reprocher, c’est d’avoir dansé seul, tout en souriant aux gens autour de moi.»

Vous croyez peut-être à un conte ? Non, c’est la réalité : quelques clients ont tenté d’intervenir en sa faveur, dont une femme avec qui il avait discuté. Malentendante ? Mal-voyante ? Ou simplement stupide ?

Antoine, le patron, a une toute autre explication : «Trois personnes se sont plaintes de son comportement. Il se collait à plusieurs jeunes femmes, allant même jusqu’à leur caresser les fesses. Et je ne tolère pas ce genre de choses». Isabelle, l’une des cliente s’était plainte de l’individu: «Durant une bonne partie de la soirée, il dansait seul, face à un mur. C’était bizarre. Après, il est devenu lourd, probablement alcoolisé. Il s’est collé à moi plusieurs fois et a tenté de me prendre les mains à trois reprises. A chaque fois, je l’ai repoussé et il a fini par me toucher les fesses.»

Réfutant ces accusations et se prétendant innocent, Ndaté, seul Noir présent dans l’établissement ce soir-là, dénonce un acte raciste. Au grand dam du patron : «C’est la première fois qu’un truc comme ça m’arrive. Si je n’avais pas réagi, on m’aurait accusé de cautionner le harcèlement sexuel et, en agissant, je suis passé pour un raciste. Entre MeToo ou le racisme, j’étais flambé quoi que je fasse».

Conseil : si vous apercevez une jeune femme en train de se faire harceler, commencez par dire vos prières ! Si vous passez votre chemin, vous serez arrêté pour non-assistance à personne en danger, en revanche, si vous tentez de l’aider, vous êtes un homme mort (mort é-tran-glé, pour être plus précis !)

Ndaté Sylla a fini par quitter les lieux. Fou de rage, il s’est fendu d’une publication cinglante sur Facebook : « Merci de mettre clairement un panneau : Interdit aux noirs et aux chiens».

Et ce panneau-ci, vous comprenez ?

Ce qui l’a offensé (froissé, peiné, blessé, choqué, liste des termes le plus fréquemment utilisés par tout étranger dans le but d’impressionner – prière de rayer la mention inutile), le malheureux immaculé de tout acte sexuel, c’est la complaisance avec laquelle il a été jugé. «Mettez-vous à ma place! Vous êtes tranquillement en train de vous amuser et on vous traite de la sorte. Que feriez-vous? Ne voudriez-vous pas au moins savoir qui vous accuse? Eh bien même ça, on me l’a refusé. Je suis choqué, d’autant plus que je suis un fidèle client.»

Antoine Piguet : « Il était hors de question de le confronter aux jeunes femmes. Il est important qu’elles puissent dénoncer le harcèlement discrètement. Il en va de leur sécurité. » L’horripilant individu a certainement une troupe de copains qui ne demandent pas mieux de venger son honneur en répétant la scène en groupe, de préférence le soir dans une ruelle bien sombre.

Un échantillon de la prose du malappris : Je vous écris ce message en rentrant « tranquillement » (Traduisez : pété comme un coing) chez moi à 02H53 du matin. Quand on se donne à fond dans la lutte contre l’injustice comme je le fais, on prend des risques. Ce n’est qu’en prenant des risques que nous pouvons nous rendre compte de la réalité. À Lausanne, dans « notre » si belle ville, il y a des endroits où c’est très facile de se faire traiter comme un sac poubelle parce que certains se seraient plaints de votre comportement. J’adore la musique et quand j’ai le cerveau fatigué, j’aime bien aller marcher pendant des heures, dans les rues (et personne, dans la si belle ville, ne l’en empêche, que je sache), ou encore, aller danser, tout seul. Je suis « gentiment » rentré à la maison rejoindre ma tendre épouse et mon fils (Suisses tous les deux pour le plus grand bonheur des Helvétiques). La tendre épouse devait être ravie de le voir rentrer au milieu de la nuit défoncé comme un terrain de manœuvre.

Chez les basanés, c’est différent : pendue pour s’être défendue contre son violeur en Iran le 4 décembre. Dans la matinée du 4 décembre 2019, Somayeh Shahbazi-Jahroui a été pendue à la prison Sepidar d’Ahwaz, capitale de la province du Khouzistan. A 33 ans, elle était en prison depuis six ans. Selon ses proches, elle avait commis un homicide en état de légitime défense contre son violeur.

Anne Schubert

https://ripostelaique.com/un-patron-de-bar-vire-un-noir-harceleur-il-est-accuse-de-racisme.html

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.