La nouvelle carte de paiement des demandeurs d’asile fait polémique

SOUS PEU ON LEUR DONNERA NOS MAISONS NOS PAYES ET NOUS ON DÉGAGE de chez nous !!

La nouvelle carte de paiement des demandeurs d’asile fait polémique

C’est un dispositif qui fait régulièrement parler de lui – souvent à tort: la carte permettant de percevoir l’allocation de demandeur d’asile (ADA) est à nouveau au centre d’une polémique.

Une carte de paiement plutôt que de retrait

L’Office français de l’immigration et de l’intégration, qui gère le dispositif, l’a annoncé sur Facebook début août, avec une mise en application dès le 5 septembre – une date repoussée au 5 novembre face aux protestations.

« La carte de retrait d’espèces remise aux bénéficiaires de l’Allocation de demandeur d’asile (ADA), deviendra une carte de paiement », annonce l’Ofii.

« Elle permettra gratuitement 25 paiements, dans la limite de son solde. Au delà, il sera décompté 0,50 € par opération », poursuit l’organisme.

Jusqu’ici, les bénéficiaires de l’ADA se voyait remettre une carte de débit, qui ne permet que de retirer de l’argent aux distributeurs. Sur cette carte était crédité chaque mois le montant de leur ADA, soit 6,80€ par jour pour une personne seule. L’ADA est la seule allocation dont peuvent bénéficier les demandeurs d’asile dûment reconnus comme tels (et non pas les « clandestins », par exemple).

Tollé chez les associations

Chez les demandeurs d’asile comme chez les associations qui sont amenées à s’en occuper, l’annonce de l’Ofii a soulevé un tollé: c’est « une réforme qui va pourrir la vie des gens », dénoncent plusieurs associations.

En cause: ce nouveau système est perçu comme une manœuvre politique visant à décourager le recours à cette aide, et comme une mesure qui va à l’encontre des besoins des demandeurs d’asile.

L’ADA AU CŒUR DE NOMBREUSES INTOX

« Carte bancaire gratuite pour migrants », « cash à volonté »… L’allocation de demandeur d’asile (ADA) suscite régulièrement de nombreux messages de désinformation.

Si « cette carte existe bien », confirme l’Ofii, elle constitue selon cet organisme qui en a la gestion « le moyen le plus simple et le moins coûteux pour l’État de verser une allocation à des personnes » sans compte bancaire.

En revanche, « il ne s’agit pas d’une ‘carte bleue’ mais d’une carte de retrait qui peut être utilisée jusqu’à trois fois par mois » le seul montant de l’allocation à laquelle le demandeur d’asile a droit.

Cette allocation est de 6,80€ par jour pour une personne seule (83% des cas), 17€ pour un couple avec deux enfants, etc. « Pour atteindre 40€ par jour, comme il est parfois écrit, il faudrait une famille de plus de 10 personnes », dénonce l’Ofii en référence à des messages qui font état de telles sommes… pour une personne seule.

Ensuite, l’ADA, allouée uniquement pendant la procédure, est la seule et unique aide dont bénéficie un demandeur d’asile: il ne peut percevoir ni allocations familiales, ni aide au logement, ni RSA, etc. Il n’a par ailleurs pas le droit de travailler pendant six mois après son arrivée.

Selon les associations qui regrettent l’absence de concertation, les 25 paiements mensuels autorisés (facturés 0,50€ par paiement au-delà) risque de priver les utilisateurs de liquidités pour « les actes de la vie quotidienne », comme l’achat d’une baguette en boulangerie ou l’accès aux laveries.

Un report sous la pression

Sous la pression, l’Ofii – sous la tutelle du ministère de l’Intérieur – a annoncé lundi avoir décalé au 5 novembre la mise en place de la réforme, et donné « un délai supplémentaire aux opérateurs pour qu’ils puissent équiper toutes les structures en terminal de paiement ».

Et d’insister: « L’ADA ne baisse pas, ça ne change rien sur le montant. Ça n’a aucun rapport avec des économies », a contesté Didier Leschi, directeur de l’Ofii, qui explique plutôt la réforme par un constat pragmatique: « Les demandeurs d’asile sont en difficulté quand il leur reste moins de 10€ sur la carte, car ils ne peuvent plus retirer. Or, pour certains, 9€ ce n’est pas négligeable, ça peut faire jusqu’à 5% de l’allocation. »

Éviter le cash pour limiter le racket

À cette difficulté, poursuit Didier Leschi, il faut ajouter le fait que la « manipulation d’argent liquide peut générer du racket ». Le nouveau mode de versement, voulu par le ministère de l’Intérieur, a été expérimenté « avec succès » en Guyane, souligne l’Ofii.

Le report est toutefois insuffisant, balaye Florent Gueguen, directeur de la Fédération des acteurs de la solidarité (Fas), qui demande « la suspension nette » d’une « réforme dangereuse ».

« C’est une réforme qui a pour objectif de pourrir la vie des gens », déplore encore le patron de la Fas, un des organismes qui avait cosigné fin juillet un courrier à l’Ofii dénonçant une « entrave à la libre disposition de l’allocation » qui « limite les possibilités d’accès à un mode de vie normal le temps de l’instruction » de la demande d’asile.

Débat inflammable en vue

Pour lui, c’est aussi un coup porté aux associations et structures gérant l’accueil – pour lesquelles ce changement va générer d’importants investissements et une réorganisation logistique.

Au moment où se profile un débat parlementaire potentiellement inflammable sur l’immigration à la rentrée et que l’on rencontre des problèmes de campements de rue, abonde Pierre Henry, directeur de l’association France terre d’asile, cela apparaît comme une « mesure technocratique à rebours des nécessités et de la réalité du terrain ». La modification de cette carte n’est pas centrale, reconnaît-il, « mais elle incarne la loi de l’emmerdement maximum ».

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