Les juppéistes ne veulent pas que la ligne de Sens Commun s’impose

Les juppéistes ne veulent pas que la ligne de Sens Commun s’impose

Les proches du maire de Bordeaux cachent mal leur gêne après les propos de François Fillon invitant le mouvement proche de la Manif pour tous à participer à une majorité élargie.

Depuis dimanche, François Fillon fait savoir que, lui président, il verrait d’un bon œil la nomination de ministres issus de Sens Commun, mouvement issu de la Manif pour tous. Une perspective qui ne plaît pas à tous ses soutiens, notamment dans les rangs juppéistes. Selon Le Canard Enchaîné, le maire de Bordeaux se serait emporté à ce sujet: «Je ne soutiendrai pas un gouvernement dont la ligne serait dictée par Sens Commun». En visite au siège de l’entreprise Deezer avec François Fillon, Alain Juppé a refusé de répondre «aux ragots» du journal. Pourtant, le dauphin de la primaire avait déjà pris ses distances pendant la campagne interne à la droite: «Je me sens plus proche du Pape François que de Sens commun ou de la Manif pour tous».

Un sujet d’embarras pour les juppéistes qui peinent déjà à trouver leur place dans la campagne du candidat de la droite. Proche d’Alain Juppé et soutien de François Fillon, Jean-Pierre Raffarin a, sur France inter, appuyé la ligne du maire de Bordeaux en exprimant son souhait de ne pas voir «Sens commun dicter sa ligne au gouvernement (…) pas plus les cathos que les francs-maçons.»

Pour ne pas instiller le poison de la discorde, Jean-Pierre Raffarin ne contredit pas complètement François Fillon: «Ceux qui sont dans la majorité sont les bienvenus, donc Sens commun a sa place dans la majorité». Il ajoute aussi que le mouvement «n’est pas une secte» et qu’il ne faut pas prendre les propos de François Fillon comme «quelque chose qui serait lié à une prise de position intégriste».

L’ancien porte-parole d’Alain Juppé et actuel maire LR de Châlons-en-Champagne, Benoist Apparu s’est agacé auprès du Figaro: «Il faut savoir si ce courant est dominant ou non. Si c’est la ligne Sens Commun qui l’emporte, ce n’est pas bon. Si c’est une droite très libérale et moderniste, ce n’est pas bon non plus». Même son de cloche chez Virginie Calmels: «je crois que François Fillon a voulu montrer que la droite était plurielle. Mais il n’y a pas que des réactionnaires et des conservateurs» Personnellement favorable à «l’adoption pour tous», celle qui est arrivée en politique grâce à Alain Juppé s’interroge «Pourquoi pèseraient-ils plus que d’autres? Au nom de quoi?»

D’autres juppéistes se sont montrés encore plus critiques vis-à-vis de cette possible majorité élargie: ainsi, Dominique Bussereau a estimé sur Twitter que la présence de Sens Commun au gouvernement «serait une faute».

Le maire de Reims et soutien de Bruno Le Maire Arnaud Robinet a dit préférer «l’intérêt général» au «sens commun». Du côté des sarkozystes, la gêne est également visible. Gil Avérous, maire de Châteauroux a posté un tweet samedi: «Une chose est sûre: le bon sens n’est pas commun» assorti d’un drapeau arc-en-ciel , symbole de la communauté gay.

Une chose est sûre : le bon sens n’est pas Commun. 🏳️‍🌈
Alors gardons simplement le bon sens.

L’importance de l’électorat catholique

François Fillon draine derrière lui la majorité de l’électorat catholique, attentif aux thèmes défendus par Sens Commun, qui l’a choisi comme candidat depuis la primaire de la droite et s’est bien gardé de le lâcher au plus fort de la crise des «affaires». On lui prête notamment l’organisation du meeting du Trocadéro, étape clé de la campagne, qui a conforté Fillon dans sa volonté de se maintenir. Par ailleurs, le mouvement est imbriqué dans le parti de la droite et reverse entre 33% et 50% des cotisations des primo-adhérents aux Républicains. Le mouvement revendique entre 9000 et 10.000 adhérents et a obtenu l’investiture de cinq candidats aux législatives.

Soucieux d’adresser des signes à l’électorat conservateur, François Fillon a accentué la droitisation de sa campagne. Après son ode aux racines de la France et au «patriotisme» au Puy-en-Velay, il a prononcé, mardi, un discours sévère contre l’immigration clandestine à Calais. Sur Europe 1, il a dit se dresser contre «la police de la pensée» et ne pas supporter «cette façon qu’ont une partie des commentateurs et des élites politiques de classer les Français et de jeter une forme de discrédit sur certains d’entre eux est insupportable».

 http://www.lefigaro.fr/elections/presidentielles/2017/04/19/35003-20170419ARTFIG00137-sens-commun-au-gouvernement-une-perspective-qui-embarrasse-les-juppeistes.php?utm_term=Autofeed&utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Twitter#link_time=1492639753
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