Hollande, sans rancune, place Nadal à la tête de la Haute autorité de la transparence

Saleté de mafieux ps

Hollande, sans rancune, place Nadal à la tête de la Haute autorité de la transparence

Le Parlement a confirmé mercredi la proposition de François Hollande de nommer Jean-Louis Nadal, ancien plus haut procureur et proche de Martine Aubry, à un poste politiquement sensible. Pour le remercier de son combat contre Nicolas Sarkozy?

François Hollande n’est pas rancunier. En proposant la nomination de Jean-Louis Nadal, comme président de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique, un choix validé ce mercredi par les commissions des lois des deux chambres du Parlement, il confie une grande responsabilité à un des soutiens de Martine Aubry dans la compétition de la primaire socialiste de l’automne 2011.

Cette nouvelle institution va en effet être chargée de recevoir, de vérifier et de publier les déclarations de situation patrimoniale et d’intérêts de certains élus, collaborateurs d’élus ou dirigeants d’organisme public. C’est la loi dite « Cahuzac » du 11 octobre 2013.

Le président de la République a donc jeté la rancune à la rivière pour porter son choix vers un homme qui a bataillé ferme contre Nicolas Sarkozy lorsqu’il a atteint le plus prestigieux poste de la magistrature du parquet, procureur général près la Cour de cassation. Crime de lèse majesté, en 2006, ce natif de Tunisie à l’accent ensoleillé va manifester son soutien aux magistrats de Bobigny(Seine-Saint-Denis) critiqués par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur. Pire, en pleine audience solennelle de rentrée de la Cour de cassation, où la langue de bois est habituellement aussi épaisse que les dorures, le plus gradé des parquetiers exécute un revers cinglant au président Sarkozy venu annoncer son projet de suppression des juges d’instruction. Il a conscience d’avoir agacé. C’est vraiment peu dire. La guerre est déclarée.

Il défie Hortefeux et Lagarde

L’ancien conseiller de Robert Badinter a résisté aux pressions. Aux menaces. Ce fils d’instituteur aimant le dialogue et le compromis n’a pas sacrifié sa conception de l’indépendance du parquet. Cet amateur de jazz s’est offert un somptueux final avant de tirer sa révérence de retraité, à 68 ans. Fin 2010, il demande la désignation d’un juge d’instruction dans l’affaire Woerth-Bettencourt, marquant sa défiance avec le procureur de Nanterre Philippe Courroye, ami de Sarkozy.

En janvier 2011, le procureur général Nadal récidive avec éloquence lors de l’audience solennelle de la Cours de cassation : il critique le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux, accusé d’avoir mis en cause une décision judiciaire… encore à Bobigny. Dans son discours ciselé, cet amoureux des mots n’a pas nommé le proche de Sarkozy mais la pique qui visait le ministre était aussi limpide que l’eau de roche : « Les coups sont portés par ceux qui son précisément en charge de faire respecter cette institution fondamentale de la République et de la démocratie. » Ses mots deviennent violents lorsque ce passionné de rugby accuse le ministre, toujours sans le nommer, d' »inspirer à l’opinion des sentiments bas « , d’instiller « la confusion entre la responsabilité du criminel et celle du juge », d’avilir l’institution, de blesser la République ! Cette fois-ci, Nicolas Sarkozy n’avait pas fait le déplacement.

Du courage en fin de carrière ?

A un mois de son départ en retraite, ce résident du Médoc a offert un bouquet final en demandant à la Cour de justice de la République d’ouvrir une enquête sur Christine Lagarde, ministre de l’Economie, pour son rôle constamment favorable à Bernard Tapie. Là, la fureur de Nicolas Sarkozy fut à son comble.

Oh ! bien sûr, il y a eu des magistrats grincheux qui ont accusé Jean-Louis Nadal d’avoir été un serviteur zélé de tous les pouvoirs pendant quarante ans et de n’avoir manifesté le courage de s’opposer que dans les toutes dernières années, lorsque sa carrière était faite. Il n’en a cure. Même lorsque ses opposants l’accusent d’avoir été brave contre Sarkozy parce que son entrée au Conseil constitutionnel lui était refusé.

Son soutien à Martine Aubry lors de la primaire socialiste en a choqué plus d’un. Pourquoi n’a-t-il pas pu attendre l’issue de la compétition entre Aubry et Hollande ?  » On ne pourra pas me soupçonner d’être arriviste « , a-t-il répondu au Nouvel observateur. Avec ce poste offert par le président de la République, le retraité Nadal est tout de même arrivé quelque part.

 http://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/hollande-sans-rancune-place-nadal-a-la-tete-de-la-haute-autorite-de-la-transparence_1304747.html
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