23 avril 2017 : Fillon est éliminé de la présidentielle, la droite explose…

23 avril 2017 : Fillon est éliminé de la présidentielle, la droite explose…

Alors que François Fillon, embourbé dans les affaires, est distancé par le duo Le Pen/Macron dans les sondages, ils sont de plus en plus nombreux chez Les Républicains à imaginer le « 21 avril de droite ». Et à rivaliser de prédictions apocalyptiques…

« C’est sordide… » Attablé dans un restaurant parisien, ce député Les Républicains consulte fébrilement son iPhone. Il parcourt un sondage Ifop/Atlantico paru lundi sur la crédibilité des candidats à l’élection présidentielle dans différents domaines. Sur le terrorisme, l’immigration, la sécurité ou la lutte contre l’extrémisme religieux, Marine Le Pen a une très large avance sur tous ses concurrents. Emmanuel Macron est numéro un lorsqu’il s’agit de chômage et de pouvoir d’achat. François Fillon, lui, ne s’impose sur aucune des thématiques… Conclusion lapidaire de notre élu : « On va se faire niquer ! »

Ainsi va la droite française, toujours plus assommée à chaque révélation sur les petites combines financières de François Fillon et sa famille. Alors que le candidat est désormais distancé par Marine Le Pen et Emmanuel Macron dans les sondages, ils sont de plus en plus nombreux chez LR à anticiper le scénario catastrophe qui se dessine : celui d’un « 21 avril de droite ». Fillon éliminé dès le soir du premier tour, le 23 avril, que se passerait-il ?

« Les Républicains vont exploser »

Loin des micros, les cadres LR se plaisent presque à rivaliser de prédictions apocalyptiques. « Si on perd la présidentielle après ce naufrage moral, on aura la défaite, le déshonneur, puis l’hallali », assène un député. « Les Républicains vont exploser », abonde l’un de ses collègues, incapable d’évaluer les conséquences précises : « Un feu d’artifice, on voit quand il explose, mais on ne sait pas où retombent les morceaux. »

« Dans tous les cas, on va entrer dans une période de grande incertitude sur le fonctionnement de la vie politique », analyse le député Thierry Solère, organisateur de la primaire de la droite. Un seul pronostic fait plutôt consensus : la digue tiendra face au FN… chez les élus. En cas de second tour Emmanuel Macron/Marine Le Pen, « Sarkozy et Juppé seront à la télé dès 20h30 pour appeler à voter contre Le Pen », assure un ténor. « Il y aura toujours le couillon de service dans le Vaucluse, le Var ou le Pas-de-Calais pour rejoindre le FN mais sinon, personne n’osera franchir le pas », se rassure un député expérimenté, qui craint beaucoup plus le comportement du « noyau dur des militants radicalisés par la campagne de Fillon ».

C’est tout le problème : si le barrage anti-FN semble tenir chez les dirigeants de la droite, la tentation frontiste est réelle parmi la base. « Quand, dans un parti politique, pas un élu ne dit qu’il votera Le Pen mais que 40% des électeurs le feront, il y a un problème », se lamente un député. D’autant, ajoute-t-il, que les grandes leçons de morale n’y feront rien : « Dire que c’est l’extrême droite, le mal absolu, les gens s’en foutent complètement maintenant. »

La violence de la défaite sera telle que chacun va tirer la couverture à lui

Un député-maire LR

Du côté de l’appareil LR, chacun s’attend à ce que les petites manœuvres s’engagent immédiatement. « Paradoxalement, nous avons une homogénéité idéologique plus forte que la gauche. Mais la violence de la défaite sera telle que chacun va tirer la couverture à lui, prédit un député-maire de l’Est. On voit très bien que certains sont déjà en position. » Les yeux se tournent vers les ambitieux quadras, et principalement Laurent Wauquiez, déjà dans les starting-blocks pour mettre la main sur LR. « Il joue la défaite, c’est pour ça qu’il veut les clés du parti », grince un élu francilien.

En attendant que le navire Fillon percute l’iceberg, chacun tente de gagner un canot de sauvetage… et de s’y planquer ! « On ne bouge pas, confie un ancien cadre de la campagne. D’un côté, on ne roule plus pour Fillon mais si on se met à soutenir Macron, on va pousser encore plus d’électeurs vers le FN. »Certains ont même déjà fait une croix sur la présidentielle pour se concentrer sur les législatives de juin. « Les élus sont peu engagés dans la campagne, mais les candidats aux législatives sont au turbin », raconte ainsi Dominique Bussereau, député et patron de la Charente-Maritime. De quoi mettre en fureur cet autre élu de l’Assemblée, lui-même candidat à sa réélection : « Ils n’y sont pas du tout ! Qu’est-ce que ça veut dire, de ne parler que des législatives quand on ne sait même pas qui sera président ? » Et, surtout, quand on ne sait pas si son propre parti survivra à cette présidentielle…

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