Quand les faiblesses de l’homme sabordent le projet du candidat

Quand les faiblesses de l’homme sabordent le projet du candidat

Dans sa chronique, Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde », rappelle que le projet de François Fillon ne pouvait fonctionner que sur deux pieds : la vertu et le courage.

CHRONIQUE. N’est pas de Gaulle qui veut. Plus le doute s’insinue autour de la personnalité de François Fillon, plus son projet s’édulcore, comme si le redressement du pays, qui était sa visée et l’objet même de sa candidature était en train de se réduire au rôle de variable d’ajustement d’une aventure qui prend l’eau.

Depuis le début de la campagne, les Français ont découvert un personnage très différent de celui qu’ils avaient imaginé lorsque, réduit au rôle de « collaborateur » de Nicolas Sarkozy, François Fillon endurait à Matignon. Ils avaient imaginé un homme sobre, ombrageux, orgueilleux, souffrant, au nom de la raison d’Etat, de n’être que second mais préparant déjà le redressement du pays dont il avait diagnostiqué très tôt l’état de « faillite ».

Ils ont découvert un élu âpre au gain, capable de transformer son mandat parlementaire en une entreprise familiale lucrative, un député qui se faisait prêter de l’argent par un ami financier, un candidat qui a accepté de se faire offrir de coûteux costumes par un avocat avant de reconnaître qu’il avait eu « tort » et de les rendre.

L’assiégé dénonce « une machination »

Ils ont surtout vu un candidat prêt à renier sa parole pour pouvoir aller jusqu’au bout de sa candidature à la présidentielle et pourtant constamment rattrapé par ce reniement qui était le coup de canif porté à l’image qu’il avait projetée : il ne serait pas candidat s’il était mis en examen. Pourtant il l’est. Et c’est devenu sa croix qui s’alourdit chaque jour au gré des révélations avec cette semaine une extension de l’enquête à des faits de « faux et usages de faux » et « escroquerie aggravée ».

En retour, François Fillon cogne comme le faisait naguère Nicolas Sarkozy. L’assiégé dénonce « une machination » politique, parle de « scandale d’Etat » accuse nommément François Hollande d’animer un « cabinet noir » à l’Elysée, ce que l’intéressé dément vigoureusement.

La campagne vire au pugilat et toute cette hargne déployée à défendre son honneur est inversement proportionnelle à celle que le représentant de la droite met à sauver son projet qui ne pouvait fonctionner que sur deux pieds : la vertu et le courage, puisque tel était le contrat de départ, un remède de choc assené par un père la rigueur. La rigueur pour le pays mais aussi pour lui-même.

« Attention casse-cou »

D’un coup, le mot « courage » a disparu de la campagne… http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/03/24/quand-les-faiblesses-de-l-homme-sabordent-le-projet-du-candidat_5099942_3232.html

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