Derrière le programme économique de Macron, l’héritage de plus en plus évident de Hollande

VOTER MACRON C EST ENCORE AVOIR HOLLANDE 5 ANS ……………

Derrière le programme économique de Macron, l’héritage de plus en plus évident de Hollande

Chantre de la rupture? Anti système? Le candidat d’En Marche! va avoir du mal à cacher sa filiation avec son mentor.

PRÉSIDENTIELLE 2017 – « Je vous préviens tout de suite, j’ai participé à l’élaboration de certaines parties de son programme, explique au HuffPost cet économiste d’une grande banque. Je ne veux pas me prononcer publiquement, mais c’est vrai qu’il y a une pure continuité. » C’est sûr, Emmanuel Macron n’est pas plus l’ennemi de la finance que le président François Hollande.

Alors que le programme du candidat d’En Marche! cultive depuis des mois une communication impressionniste, au point d’agacer par son manque de cohérence, la révélation du programme économique ce 24 février a levé l’essentiel des ambiguïtés.

Emmanuel Macron est avant tout le candidat de la continuité de François Hollande, le président du Pacte de responsabilité et du CICE, de l’allègement des charges des entreprises, et de la loi Travail qui a tant irrité la gauche de la gauche. « Le programme porte la touche très nette de Jean Pisani-Ferry, un social démocrate, reconnaît notre économiste. Ses travaux à France Stratégie [un organe de conseil économique rattaché au Premier Ministre, NDLR] ont toujours soutenu le CICE. Il faut aussi voir qui l’a rejoint, qui a un rôle officiel dans la campagne de Macron. »

De la social-démocratie et l’art subtil de la synthèse

Ce 24 février, au QG de campagne, l’incontournable Richard Ferrand, député du Finistère et secrétaire général d’En Marche!, s’est chargé de l’accueil. Bon soldat du hollandisme, il a connu Emmanuel Macron en devenant rapporteur de la loi « pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances », dite loi Macron, en 2014.

Sur la taxe d’habitation, c’est Gérard Collomb qui a défendu le projet dévoilé sur RMC. Le maire de Lyon est depuis toujours l’incarnation de l’aile sociale-libérale du Parti Socialiste. Il en a d’ailleurs profité pour défendre avec verve le bilan du gouvernement actuel sur le front de l’emploi.

Enfin, parmi les conseillers économiques, Philippe Aghion a conclu la matinée en faisant l’éloge des réformes suédoises, sources d’inspiration. En 2012, il faisait déjà partie de l’équipe de conseillers de François Hollande.

Voilà pour l’esprit. Mais on peut aussi retrouver la filiation de Hollande dans l’art de cultiver la synthèse. Rigueur et relance budgétaire, droite et gauche, « on ménage la chèvre et le choux », reconnaît un proche du programme. Pas question de braquer, de brusquer… au risque de décevoir.

« Ce qui m’a d’abord frappé, c’est le manque d’ambition. Tout va dans le bon sens, mais à dose homéopathique. L’effet macroéconomique net de tout ça va être insignifiant, confie au HuffPost Patrick Artus, chef économiste chez Natixis. Il n’y a aucune réflexion sur des problèmes majeurs: la production française est 20% plus chère qu’en Espagne, le système scolaire est devenu nul, la formation professionnelle n’a pas besoin de plus d’argent, c’est le contenu qui n’a aucun intérêt… On traite doucement des problèmes colossaux. »

Sans parler du renoncement sur les sujets qui fâchent: les retraites, dont le financement pèse directement sur la coût du travail, la santé, où il se borne à contenir la progression des dépenses… En clair, « c’est le retour du Macron des bus », plaisante Patrick Artus. De bonnes idées, sans grandes conséquences?

« Avec 10 milliards d’économies sur 110 milliards de budget directes et indirectes, l’effort attendu des collectivités territoriales est vraiment un minimum », reconnaît un expert.

Une contradiction avec la promesse de rupture, mais pas dénuée de sens

Ce positionnement surprend de la part de Macron, lui qui prône la rupture, et il prêtera clairement le flanc à la critique. Pourtant, il peut se défendre sur le plan économique. « Est-ce qu’on n’est pas trop sévère avec François Hollande? A la fin, il a plutôt amélioré l’économie française, assure Patrick Artus, de Natixis. En 2016, on a créé 200.000 emplois avec 1,1% de croissance, c’est inespéré. » Et le retournement de tendance sur la courbe du chômage, aussi tardif soit-il, a bien fini par se matérialiser.

Surtout le grand reproche qui est formulé contre le chef de l’Etat sortant est moins dans le choix économique de sa deuxième partie de quinquennat que la différence entre cette ligne et le discours tenu pendant sa campagne de 2012. La fronde parlementaire qu’il a affrontée est le signe qu’il n’avait pas la majorité requise pour conduire cette politique.

Emmanuel Macron fait un pari différent. Selon lui, cette ligne réformiste qui va de la droite du PS à la gauche des Républicains est majoritaire dans le pays, de Hollande et Valls à Juppé et NKM. Il pense donc en l’affirmant comme tel avant la présidentielle qu’il ne connaîtra pas la désillusion de son mentor une fois au pouvoir.

Quant à la « Révolution » promise dans son livre publié à l’automne, à défaut de s’incarner dans la ligne, elle prendrait forme dans la recomposition de la classe politique qui s’opérerait alors avec une force centrale inédite sous la Ve République. http://www.huffingtonpost.fr/2017/02/24/derriere-le-programme-economique-de-macron-lheritage-de-plus-e/

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