Sens commun, Millon, Beigbeder… Les soutiens sulfureux de Fillon

Sens commun, Millon, Beigbeder… Les soutiens sulfureux de Fillon

Depuis quelques semaines, le candidat affiche parmi ses soutiens des figures d’une droite de plus en plus décomplexée.

Affaibli par de nombreuses défections il y a deux semaines, François Fillon est maintenant contraint de réorganiser son équipe de campagne. Pour relancer la machine, le candidat a annoncé en fin de semaine dernière l’intégration de quelques sarkozystes, récompensant ceux qui sont montés à ses côtés à la tribune du Trocadéro, alors qu’il semblait acculé.

Mais pour faire campagne jusqu’au premier tour, l’ancien Premier ministre, déjà entouré de quelques personnalités ayant milité à l’extrême droite (de Gérard Longuet à Anne Méaux), peut aussi s’appuyer sur des figures d’une droite décomplexée.

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# Sens commun

Durant la campagne de la primaire de la droite, François Fillon a bénéficié à plein du soutien des réseaux catholiques traditionnels. Début septembre, le Sarthois était parvenu à obtenir un ralliement de poids : celui de Sens commun, l’émanation de la Manif pour tous au sein du parti Les Républicains. Un précieux soutien, qui a contribué à sa victoire, et que le candidat s’est empressé de récompenser une fois désigné candidat de la droite. Depuis janvier, Madeleine Bazin de Jessey, cofondatrice du mouvement, figure ainsi dans l’équipe de campagne de François Fillon. Et à mesure que les ennuis judiciaires de l’ancien Premier ministre se sont multipliés, l’influence de Sens commun n’a cessé de grandir.

Restés fidèles malgré la tempête, les membres de cette association, de plus en plus visibles au QG du candidat, sont désormais au centre de la campagne. Selon « le Canard enchaîné » (édition du 8 mars), Sens commun est très représenté au sein des comités locaux de soutien au candidat. Le mouvement a aussi et surtout supervisé l’organisation du meeting d’Aubervilliers, puis le rassemblement du Trocadéro, qui a permis à François Fillon d’écarter tout « plan B » à droite et de reprendre la main. Signe de la très bonne cote dont dispose Sens commun auprès du candidat, le mouvement a l’assurance d’avoir cinq candidats aux prochaines législatives. « Ce qui n’est pas rien pour une si petite association », souligne un élu LR interrogé par « le Parisien ».

# Charles Beigbeder

« Là, on va avoir un QG de campagne nettoyé des éléments perturbateurs, épuré, qui va pouvoir se consacrer à la campagne. » Alors que de nombreux élus de droite commençaient à lâcher François Fillon, début mars, Charles Beigbeder ne cachait pas une certaine satisfaction. Ce chef d’entreprise, qui fut candidat à la présidence du Medef, voyait notamment dans le départ des centristes de l’UDI une « bonne nouvelle ».

Il faut dire que ce soutien du candidat de la droite, de plus en plus visible autour de François Fillon (il était au meeting de ce dernier à Aubervilliers, et fut très actif sur Twitter le jour du rassemblement du Trocadéro), est loin d’être un modéré. Sur le plan économique, il défend des idées libérales, mais sur le plan sociétal, il affiche des positions clairement réactionnaires. Soutien de la Manif pour tous, il veut inscrire dans la Constitution la « tradition chrétienne » de la France, et ferraille régulièrement contre les « dangers d’une France multiculturelle ».

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Sa proximité avec le candidat de la droite a de quoi surprendre, tant ses relations avec cette famille politique sont tumultueuses. Candidat sous la bannière UMP aux législatives 2012, il fait dissidence aux municipales 2014 en présentant sa propre liste. Le début d’une lente dérive qui va peu à peu l’amener à flirter avec l’extrême droite… En mars 2015, il s’allie avec l’ancien ministre Charles Millon, qui dans le passé n’avait pas hésité à pactiser avec le FN, pour fonder une think tank libéral-conservateur (collectif Phénix) puis l’Avant Garde, un réseau situé à droite de la droite. « Je n’hésiterais pas une seconde et n’aurais aucun état d’âme à soutenir le FN », lors de l’élection présidentielle de 2017, déclarait-t-il à l’été 2015

# Charles Millon

François Fillon assume-t-il sa proximité avec Charles Millon ? Selon les informations d’une journaliste l’émission « C politique » sur France 5 ce week-end, Charles Millon intégrera l’équipe de campagne de François Fillon. Le candidat a démenti cette information, ce lundi matin, lors d’une conférence de presse.

Mais « C politique » assure toutefois qu’il a bien une place : Charles Millon serait en charge de la thématique « Ensemble pour la France », comme le prouvent une capture d’écran, plusieurs sources et l’intéressé lui-même auprès des journalistes de l’émission :

C.Millon ns confirme être en charge de la thématique Ensemble pr la France. Info Confirmée pr 2 autres sources qui le cotoient aux réunions.

L’ex-ministre de la Défense de Jacques Chirac, et ancienne figure de l’UDF, est dans tous les cas de plus en plus visible dans la campagne de François Fillon. Comme Charles Beigbeder, avec qui il a créé le collectif Phénix puis l’Avant Garde, Charles Millon était lui aussi du meeting à Aubervilliers et du rassemblement au Trocadéro. Une présence tout sauf anodine tant le personnage a un passé sulfureux, et incarne la fameuse « droite hors les murs ».

Millon est en effet connu pour avoir fait alliance avec le Front national. C’était en 1998, lors des élections régionales. Ne disposant pas d’une majorité suffisante pour sauver son fief en Rhône-Alpes et remporter la présidence du conseil régional, l’élu avait accepté les voix frontistes et fait alliance avec le parti d’extrême droite, ce qui lui avait valu d’être exclu de son parti et d’être longtemps considéré comme indésirable…

Le Monde, sept. 1998 : à l’époque, allié au , était mis au ban de la droite. Aujourd’hui, il intègre l’équipe de .

Ces dernières années, avec Charles Beigbeder, il tente d’œuvrer en coulisses à un rapprochement entre la droite et l’extrême droite. Hostile au mariage pour tous, Charles Millon est par ailleurs l’époux de la philosophe Chantal Delsol, auteure de référence à droite de la droite. François Fillon, « c’est le réveil d’une droite qui avait disparu du paysage, enseveli par les modes », avait-il déclaré au soir de la victoire de celui-ci à la primaire de la droite

Sébastien Billard           http://linkis.com/nouvelobs.com/ylivj

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