François Fillon est-il sorti d’affaire ? 5 raisons qui prouvent que non

François Fillon est-il sorti d’affaire ? 5 raisons qui prouvent que non

L’ancien Premier ministre a réussi à contrer la dernière crise avec sa famille politique. Les beaux jours vont-ils venir dans le camp Fillon ? Rien n’est moins sûr.

La tempête semble s’être calmée. François Fillon peut souffler. Le candidat de la droite décomplexée va enfin pouvoir parler de son programme : sa saignée chez les fonctionnaires, sa vision de l’assurance maladie, l’instauration du roman national dans les programmes scolaires…

L’ancien Premier ministre a réussi à contrer la dernière crise avec sa famille politique. Depuis 40 jours, et le début du Fillongate, le député de Paris est en campagne pour… rester candidat à l’élection présidentielle.

Les beaux jours vont-ils venir dans le camp Fillon ? En a-t-il terminé avec les turbulences des soupçons d’emplois fictifs dont aurait bénéficié sa famille ? Pas vraiment. Voire pas du tout.

1Une date fatidique

Il y a une date que François Fillon a déjà cochée dans son agenda : celle du 15 mars. Ce jour-là, le candidat sera convoqué par les juges en charge de l’enquête sur les emplois présumés fictifs de son épouse, Penelope Fillon. C’est d’ailleurs l’ancien Premier ministre lui-même qui l’a annoncé lors d’une conférence de presse, mercredi 1er mars, après avoir reporté sa visite au Salon de l’agriculture.

« Mon avocat a été informé que je serai convoqué le 15 mars pour être mis en examen. »

En réalité, rien n’oblige les trois juges en charge du dossier à mettre en examen le candidat de la droite. Mais s’ils le font, c’est une nouvelle déflagration qui touchera un François Fillon fragilisé. Comme il l’a répété depuis le 1er mars, le candidat sera alors obligé de renier de fait sa promesse de renoncer à sa candidature s’il était mis en examen.

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C’est ce renoncement, et son discours populiste et complotiste, qui avait provoqué les défections en série dans l’équipe de François Fillon et au sein de sa propre famille politique.

2Les autres affaires qui le menacent

Il n’y a pas que l’affaire des emplois présumés fictifs de Penelope Fillon dans la vie du candidat. D’autres affaires viennent polluer une campagne qui n’en est plus une :

  • Il est accusé de conflits d’intérêts à cause de ses liens avec Axa. Pourquoi ? François Fillon, qui comptait Axa parmi les clients de son cabinet 2F Conseil, aurait reçu 200.000 euros du géant de l’assurance… dont l’ancien PDG, Henri de Castries, est aujourd’hui favori pour un poste de ministre, celui de l’Economie, et aussi un proche du candidat.
  • L’enquête a été étendue aux deux enfants du couple Fillon, soupçonnés comme leur mère d’emplois fictifs. Selon « le Canard enchaîné », les enfants Fillon auraient touché à eux deux 83.735 euros de salaire comme attachés parlementaires. Or ils n’étaient pas encore diplômés.
  • C’est la dernière casserole en date : François Fillon a obtenu du milliardaire Marc Ladreit de Lacharrière un prêt de 50.000 euros en 2013, sans intérêts et non déclaré, révèle « le Canard enchaîné ». Un nouvel élément qui pose d’autant plus problème que la société de conseil de François Fillon était alors sous contrat avec Fimalac, la holding de Marc Ladreit de Lacharrière, également propriétaire de « la Revue des deux mondes » qui employait alors (à prix d’or) Penelope Fillon.

3Une famille fracturée

Au plus fort de la crise, ils étaient 306 à avoir lâché François Fillon. Ces élus venaient de toute les factions du parti Les Républicains : les juppéistes, les lemairistes, le peu de copéistes, des proches de Nathalie Kosciusko-Morizet, et même des sarkozystes. Aujourd’hui, certains reviennent au bercail. D’autres ont tout simplement décidé de ne plus faire campagne pour François Fillon.

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Ces 40 jours et plus de crise auront montré à quel point la droite est aujourd’hui fracturée. Un coup de vent, et c’est l’hypothèse d’un plan B qui resurgit à chaque fois. Si Alain Juppé, avec des mots très durs contre François Fillon l’obstiné, a renoncé une bonne fois pour toutes, d’autres noms circulent toujours « au cas où » : François Baroin ou encore Gérard Larcher.

Le jusqu’au-boutiste François Fillon a réussi à arracher le soutien inattendu des ténors de la droite, décidé lundi soir lors d’un étonnant comité politique. Des élus sarkozystes, réunis autour de l’ex-chef de l’Etat, avaient fait savoir qu’ils demanderaient au candidat de « prendre ses responsabilités » et de choisir lui-même « un successeur » à sa candidature. Las, l’ancien Premier ministre est parvenu à écarter toute idée de retrait.

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Chez les centristes de l’UDI, c’était même la candidature de Jean-Louis Borloo qui était revenue sur le tapis. Fidèle allié de la droite, le parti avait décidé vendredi 3 mars, alors que les défections se multipliaient autour du candidat, de retirer son soutien au Sarthois.

A l’issue d’un bureau politique exceptionnel, mardi soir, la formation a tenté de sauver les apparences. Selon la motion votée (à 48 voix contre 10), l’UDI s’est dite « en attente » des « initiatives » annoncées par le candidat, mais a validé l’accord électoral avec LR sur les investitures.

François Fillon a donc réussi à éviter les putschs et à colmater la façade fissurée de la droite. Jusqu’au prochain coup de tonnerre ?

4Une équipe de campagne décimée

Ce départ fut un électrochoc. Samedi 4 mars, ce qu’il reste de l’équipe de François Fillon annonce que Patrick Stefanini, son directeur de campagne, a envoyé vendredi matin sa lettre de démission au candidat de la droite. L’artisan de la victoire du candidat conservateur à la primaire déclare quelques jours plus tard sur Europe 1 :

« Quand vous êtes directeur de campagne, vous ne pouvez pas vous permettre d’avoir des doutes. »

Selon Patrick Stefanini, qui explique avoir fait du rassemblement de la droite la ligne directrice de sa campagne pour Fillon, la « volonté d’incarner l’union de la droite et du centre s’est progressivement, sinon désintégrée, en tout cas sérieusement affaiblie ».

Cette démission fait suite à l’hémorragie de défections qui a touché l’équipe de Fillon : des cadres essentiels au bon fonctionnement de la campagne.

Avant Patrick Stefanini, ce sont Thierry Solère, unique porte-parole, Gilles Boyer, ancien directeur de campagne d’Alain Juppé et trésorier de la campagne de Fillon, et Sébastien Lecornu, directeur-adjoint, qui avaient jeté l’éponge.

Aujourd’hui, le candidat de la droite est en train de mettre sur pied son « équipe de combat » pour affronter les dernières semaines avant le premier tour. Il a un nouveau directeur de campagne, un filloniste de la première heure, en la personne de Vincent Chriqui. Et selon « l’Opinion », François Baroin, Laurent Wauquiez, Luc Chatel, Eric Ciotti et Christian Jacob pourraient intégrer l’équipe de campagne.

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5Des sondages perturbants : vers l’élimination ?

Il ne les lit pas. Il ne les croit pas. Il n’en fait pas tout un plat. François Fillon et les sondages ? Une histoire de déjà-vu pour le candidat de la droite : aucun institut n’avait pu prédire son succès à la primaire de la droite et du centre.

Pourtant, aujourd’hui, il y a des signaux inquiétants. Selon le dernier sondage Elabe pour BFMTV et « l’Express« , publié mardi, François Fillon est aujourd’hui relégué à la troisième place – il serait éliminé dès le premier tour de l’élection présidentielle.

Avec 26% d’intentions de vote, la présidente du Front national est donc talonnée par l’ex-ministre de l’Economie Emmanuel Macron, crédité de 25,5%, mais la dynamique est en faveur de ce dernier qui a gagné 7 points dans ce baromètre en deux semaines.

Avec 19% d’intentions de vote, un score stable, François Fillon est désormais distancé. Néanmoins le candidat de la droite et du centre a enrayé, au moins momentanément, sa baisse dans les enquêtes d’opinions.

Le candidat, accusé par Alain Juppé et le centriste Jean-Christophe Lagarde d’avoir radicalisé sa campagne, va devoir s’efforcer de reconstituer les pièces dispersées du puzzle de la droite et du centre. Comprendre : on ne gagne pas une élection seulement avec Sens commun, l’émanation politique de la Manif pour tous.

Paul Laubacherhttp://tempsreel.nouvelobs.com/presidentielle-2017/20170308.OBS6285/francois-fillon-est-il-sorti-d-affaire-5-raisons-qui-prouvent-que-non.html

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