Les médias pris dans la bataille de la présidentielle

Les médias pris dans la bataille de la présidentielle

Sifflés, expulsés, vilipendés : Marine Le Pen, François Fillon ou Jean-Luc Mélenchon (sur)jouent la confrontation avec les journalistes pour paraître « antisystème ».

Le « système ». C’est en partie autour de cette notion, aussi vague qu’obsédante, que semble se structurer la campagne présidentielle. Dans un paysage politique incertain marqué par le rejet des gouvernants, grande est la tentation de s’afficher en candidat « hors système », voire « antisystème ». Avec, comme figure imposée de cette stratégie, une nécessaire confrontation avec les médias, qu’elle soit occasionnelle ou systématique, intense ou plus feutrée.

Ce sont des journalistes qu’on fait siffler, comme cela est arrivé lors d’un meeting de François Fillon à Poitiers, le 9 février. C’est un candidat qui donne la leçon pendant de longues minutes à un journaliste qui s’était contenté de lui poser une question, comme Emmanuel Macron lors de la présentation de son programme, le 2 mars.

Ce sont des journalistes bannis des réunions publiques de Marine Le Pen, comme ceux de Mediapart et de l’émission de Yann Barthès, « Quotidien » (TMC, groupe TF1). Ou ce militant pro-Fillon qui, au Trocadéro, à Paris, le 5 mars, aimerait « qu’un ou deux journalistes se fassent démonter la gueule ».

C’est encore un ancien premier ministre, Manuel Valls, qui s’emporte face à des rédacteurs, mi-décembre 2016 : « C’est vous qui êtes enfermés dans le système, c’est vous qui représentez le système, ce dont les Français ne veulent plus. »

Les lignes ont bougéLes responsables politiques français seraient-ils devenus trumpiens, identifiant, comme le président américain, les médias comme une force d’opposition, et mettant en scène cet affrontement ?

La réalité est évidemment plus nuancée. Mais nombreux sont les journalistes qui perçoivent que les lignes ont bougé lors de cette campagne. « Les épisodes de Valls et de Fillon sont éclairants, parce qu’ils sont issus de partis de gouvernement et qu’auparavant ils ne critiquaient pas les journalistes », analyse le reporter d’une chaîne d’information. « Un curseur s’est un peu déplacé », abonde Jean-Marc Four, directeur de la rédaction de France Inter et auteur de la chronique « La mécanique médiatique ».

Mettre les médias en cause a été un parti pris de la campagne de François Fillon dès la primaire de la droite. Séquence emblématique : le 17 novembre 2016, lors du dernier débat avant le premier tour, il avait interpellé vertement David Pujadas : « C’est tout le problème de la conception que vous avez de ces débats, une conception…

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