Le ralliement de Delanoë à Macron ? « C’est la vieille garde du PS qui traîne des pieds »

Toutes les momies de cire du musée PS rejoignent Macron …

Le ralliement de Delanoë à Macron ? « C’est la vieille garde du PS qui traîne des pieds »

Chez les socialistes, on ne comprend pas bien le retour médiatique de Bertrand Delanoë pour annoncer son soutien à Emmanuel Macron. Un ralliement mis en scène qui fait figure de « magouille d’appareils ».

C’est un coup de poignard planté dans le dos que personne n’avait anticipé. Ce 8 mars au matin sur France inter, l’ancien maire de Paris Bertrand Delanoë a annoncé qu’il voterait pour Emmanuel Macron à l’élection présidentielle. Pis, il a tout bonnement remis en cause le fond du projet de Benoît Hamon, le candidat officiel du Parti socialiste : « Je pense que son programme est dangereux car il ne rassemble pas la gauche (…) et qu’il n’est pas en mesure de produire du vrai progrès social ». Un coup rude. La veille, sa successeur à la mairie de Paris, Anne Hidalgo, avait à l’inverse affiché tout son soutien à Benoît Hamon sur Europe 1, dézinguant largement le candidat Macron.

Dans le camp d’Hamon, on ne comprend pas très bien cette position. « Cette déclaration, c’est une surprise totale. Sortir de sa retraite politique pour ça, et ajouter que le projet que nous portons est ‘dangereux’, je ne comprends pas l’intérêt », réagit Michel Pouzol, député de l’Essonne et porte-parole de Benoît Hamon. Et de discuter les motivations de l’ex-édile de Paris : « Delanoë devrait se rappeler que les Parisiens ont voté à 60 % pour Benoît Hamon à la primaire. Surtout, je ne le vois pas demain se mettre autour de la table avec Alain Minc ou François Bayrou. Ça sent un peu la manipulation tout ça, la petite magouille d’appareils pour aligner les bons soutiens qui permet d’éviter les débats sur le fond… »

Je ne vois pas bien où est la cohérence de Delanoë là-dedans.

Mathieu Hanotin, co-directeur de la campagne de Benoît Hamon

Mathieu Hanotin, député de la Seine-Saint-Denis et co-directeur de la campagne de Hamon, reste lui aussi très circonspect : « Je ne vois pas bien où est la cohérence là-dedans, s’interroge-t-il à haute voix. Je me suis demandé en l’entendant ce matin s’il avait vraiment lu les programmes de Hamon et Macron pour dire que le notre était ‘dangereux » et faire un portrait idyllique de celui de Macron, qui défend pourtant la suppression de fonctionnaires, le renoncement au droit de vote des étrangers, la fin du compte pénibilité, une vision terrible de l’école, etc… »

Un « croche-pied » à Anne Hidalgo

La conseillère d’Ile-de-France Marie-Pierre de La Gontrie, et ancienne adjointe de Delanoë, se dit, elle, « attristée et déçue » : « A quoi ça sert d’affaiblir sa famille politique comme ça ? Et puis faire au passage un croche-pied à Hidalgo, tout ça n’est pas très classe ». Surtout, regrette-t-elle, le choix de Delanoë porte un coup rude « à la génération socialiste suivante qui va continuer à défendre nos idées quelle que soit l’issue de l’élection ».

A la pêche aux explications sur les raisons qui ont poussé Delanoë à sortir d’un long silence médiatique pour soutenir Macron, Michel Pouzol croit voir pointer un choc des générations : « Je pense que nous l’avons sous-estimé. Gérard Collomb, Delanoë mais aussi certains ministres… c’est la vielle garde du PS qui traîne des pieds. Quitte à manquer de respect aux 2 millions de personnes qui se sont déplacées pour désigner Benoît comme candidat. » Et de faire un sort à cette « vielle garde » : « Je préfère avoir chez nous Martine Aubry, Anne Hidalgo ou Christiane Taubira qui défendent un socialisme du XXIème siècle que des gens restés bloqués au XXème ».

Delanoë comme Collomb, c’est la vieille garde du PS qui traîne des pieds

Michel Pouzol, député de l’Essonne

Macron, Delanoë et la gauche Terra Nova

Une figure de l’aile gauche du parti qui connait ses congrès socialistes sur le bout des doigts avance une autre explication : « C’est assez logique au final. En 2008, lors du Congrès de Reims, Delanoë s’était déjà proclamé ‘libéral’. Il n’a jamais digéré que sa ligne soit minoritaire au Parti ».

Et selon notre socialiste, c’est bien sur un fond idéologique que Delanoë rejoint Macron : « Il fait partie, comme Collomb, de cette gauche Terra Nova qui estime que les petites et moyennes villes, habitées par les couches populaires, sont perdues pour le PS. Que le salut vient des grandes villes comme Paris ou Lyon qui bénéficient de cette ‘mondialisation heureuse’ qu’ils défendent. Ce que ne voit pas Delanoë, c’est que ce sont les politiques libérales qui font grossir les rangs du FN. Le seul moyen de le faire dévisser, c’est que le PS recommence à parler aux couches populaires en défendant des positions de gauche, républicaine, à la fois réformisme et radicale », analyse-t-il.

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