Présidentielle : l’affaire Fillon mine la campagne

Présidentielle : l’affaire Fillon mine la campagne

A chaque jour, son épisode. Depuis la fin janvier, l’affaire Fillon domine l’actualité politique et empêche les candidats de se faire entendre sur le fond. Alors que l’élection présidentielle se tient dans moins de sept semaines.

L’affaire Fillon empêche le débat de fond de cette présidentielle. (Sipa Press)

A moins de 50 jours de la présidentielle, le feuilleton Fillon domine l’actualité politique. Les journées dites « cruciales » s’enchaînent pour le candidat des Républicains, que certains – au sein même de sa propre famille – aimeraient bien voir renoncer. Lundi, c’était l’épisode Juppé. Et cela dure depuis les premières révélations du Canard Enchaîné le 25 janvier. Il y a près d’un mois et demi. Dans ces conditions, il est difficile, voire impossible, pour les autres candidats de se faire entendre sur le fond, alors que les rebondissements s’enchaînent dans cette affaire.

C’est d’ailleurs l’un des arguments utilisés par le principal concerné : mettre en avant son programme. Cette ligne sur laquelle il l’avait largement emporté en novembre lors de la primaire de la droite et du centre. « J’ai envie de soutenir le programme pour lequel j’ai voté à la primaire », faisait ainsi entendre ses partisans dimanche au rassemblement du Trocadéro. « Il faut reparler du fond maintenant », a exhorté Jean-Christophe Fromantin, soutien de Fillon, lundi matin sur France 2. Encore faut-il parvenir à se faire entendre…

« Je ne parlerai plus de Fillon! »

Si François Fillon n’y parvient pas en cette période d’incertitudes politiques, alors qu’il est sur toutes les antennes, que dire de ses principaux adversaires? Depuis le déclenchement de l’affaire, alors qu’ils sont bel et bien sur le terrain pour défendre leur projet présidentiel, ils restent quasiment inaudibles. A peine, Emmanuel Macron a réussi à faire parler de lui en présentant son programme – pourtant tant attendu – la semaine dernière. Benoît Hamon – aujourd’hui en déplacement en Corse et qui vient de rendre public son nouvel organigramme – et Jean-Luc Mélenchon – qui tiendra un grand rassemblement, comme il y a cinq ans, place de la Bastille le 18 mars – ne sont pas plus visibles.

« Je ne parlerai plus de Fillon! », a réagi samedi Benoît Hamon, visiblement excédé, en marge d’une réunion publique à Reims, estimant que cette affaire parasite la campagne et empêche de débattre sur le fond.

Même réaction du côté de Jean-Luc Mélenchon, pour qui cette affaire « empoisonne » la campagne. « On a besoin de pouvoir avoir une campagne électorale. Nous sommes en train de passer 3-4-5 minutes à commenter une histoire dans laquelle je n’ai rien à voir! », a réagi le candidat de la France insoumise dimanche sur France 3. « Quand je fais un meeting où j’explique ce qu’est le compte pénibilité […] et je dis qu’on va en parler à M. Fillon, toute la salle éclate de rire. Il n’est même pas hué, il fait rire. Comment peut-on avoir un débat démocratique si les choses doivent se passer dans des conditions pareilles », a-t-il complété.

« La moitié de cette campagne est inutile »

Les derniers vrais échanges de fond remontent en fait aux débats télévisés de la gauche en janvier. Plus un mot aujourd’hui par exemple sur le revenu universel de Benoît Hamon, alors au cœur des échanges et des critiques. Lundi, Emmanuel Macron, François Fillon et Marine Le Pen participent à Puteaux (Hauts-de-Seine) à un débat sur les PME organisé par la CGPME. Avant un nouvel épisode du feuilleton Fillon avec un comité politique des Républicains à 18 heures.

A l’extrême droite aussi, on critique aussi cette séquence. « Les Français veulent que l’on parle de fond car il y a une élection présidentielle tous les cinq ans », a déploré Florian Philippot lundi sur LCI. « Je suis inquiète. Le débat est quasiment interdit […] Il est de plus en plus difficile de savoir qui propose quoi. C’est un orchestre, un bruit de fond où l’on ne parle que des affaires et non du fond. La moitié de cette campagne est inutile », a renchéri dimanche sur BFMTV Marine Le Pen, qui est toujours en tête dans les sondages d’intentions de vote du premier tour. Faudra-t-il attendre le débat sur TF1 le 20 mars entre les principaux candidats pour revenir au fond?

Anne-Charlotte Dusseaulx – leJDD.fr http://www.lejdd.fr/Politique/Presidentielle-l-affaire-Fillon-mine-la-campagne-852734#xtor=CS1-4

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