Les Républicains préparent une « sortie de crise »

Les Républicains préparent une « sortie de crise »

Alors que le comité politique des Républicains se réunit lundi soir pour examiner la situation, une « sortie de crise » semble s’organiser au plus haut niveau.

Devant des milliers de manifestants au Trocadéro, dimanche, François Fillon a appelé les membres des Républicains à « faire leurexamen de conscience ».

François Fillon adresse un signe de la main à ses partisans réunis au Trocadéro à Paris, dimanche 5 mars.

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François Fillon adresse un signe de la main à ses partisans réunis au Trocadéro à Paris, dimanche 5 mars. / GEOFFROY VAN DER HASSELT/AFP

Le soutien de la base contre le scepticisme des élus. C’est la dernière carte abattue dimanche 5 mars par le candidat de la droite pour justifier le maintien de sa candidature. François Fillon comptait s’appuyer sur la légitimité des primaires et du noyau dur des électeurs de droite qui le soutiennent encore – il n’est guère descendu en dessous des 20 % d’intention de vote dans les sondages – pour légitimer la poursuite de sa campagne.

Mais la mobilisation de ses partisans au Trocadéro n’a pas suffi à convaincre son camp. Alors que le comité politique des Républicains doit se réunir lundi soir pour « examiner la situation » politique, une sortie de crise semblait s’organiser, au plus haut niveau, entre les différents responsables de la droite.

Des menaces sur une possible victoire de la droite ?

Nicolas Sarkozy et Alain Juppé se seraient parlé samedi soir pour étudier les différentes hypothèses envisageables, ont confirmé leurs entourages à l’AFP. Et avant même le début du rassemblement au Trocadéro à Paris, Christian Estrosi, un fidèle sarkozyste, annonçait qu’il prendrait « dans les heures qui viennent » une « initiative » avec Valérie Pécresse et Xavier Bertrand, qui soit « respectueuse » de François Fillon.

« Un choix différent est impératif » a clairement expliqué le maire de Nice mettant en avant les menaces qui pèsent sur une possible victoire de la droite à la présidentielle et évoquant même le nom d’Alain Juppé. Autant d’initiatives destinées à accentuer la pression sur François Fillon pour qu’il accepte de renoncer de lui-même à sa candidature.

François Fillon assume sa « responsabilité » et ses « fautes »

Mais si dimanche le candidat de la droite a semblé préparer un retrait en mettant en avant dans son discours sa « responsabilité » face à ceux « qui doutent et qui quittent le navire » et en reconnaissant ses « fautes », il a semblé renvoyer la responsabilité de la décision finale à sa famille politique. « J’ai fait mon examen de conscience, il vous revient de faire le vôtre » a-t-il lancé aux responsables de la droite et du centre après avoir fustigé « la désertion assumée sans honte mais aussi sans orgueil » des élus qui le soutenaient.

Depuis mercredi et l’annonce de sa convocation par les juges le 15 mars à des fins de mise en examen, sa position est devenue en effet quasi intenable. Sa défense consistant à attaquer la justice et à dénoncer « un assassinat politique », est mal passée auprès de ses principaux alliés et soutiens.

Officiellement, ils lui reprochent de ne pas avoir tenu son engagement, dans la mesure où il avait dit lui-même qu’il renoncerait à se présenter en cas de mise en examen. Surtout, beaucoup contestaient la dimension « populiste » de l’organisation du rassemblement de soutien au Trocadéro, présenté très maladroitement dans un premier temps comme une manifestation contre les juges.

RETROUVEZ notre dossier spécial sur François Fillon

Vers un plan B ?

Petit à petit, la plupart de ses soutiens au sein des Républicains ont donc fait défection. Les proches de Bruno Le Maire qui avait fait d’une position éthique un des axes de sa campagne pour la primaire, ont été les premiers. Ceux d’Alain Juppé qui y ont aussitôt vu l’occasion de réactiver l’idée d’un plan B en faveur de leur candidat n’ont pas tardé à suivre.

Mais c’est le départ des deux piliers de son équipe, son directeur de campagne Patrick Stefanini qui avait été l’artisan de sa victoire à la primaire, et son porte-parole, Thierry Solère, qui l’ont laissé terriblement isolé et retranché avec le dernier carré de ses fidèles. « Les élus ? On fera sans eux, les électeurs, eux, ils tiennent bon » avait ainsi réagi François Fillon lors d’un déplacement jeudi dans le Gard.

Restés discrets mais visiblement mal à l’aise, les principaux poids lourds qui continuaient à le soutenir ont commencé dès vendredi à préparer une alternative. Avec à la manœuvre deux de ses principaux soutiens, le président du Sénat Gérard Larcher et le secrétaire général des Républicains et ancien président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer. C’est eux qui ont convoqué le comité politique de LR après avoir rencontré Nicolas Sarkozy. Un plan B semble donc bel et bien se dessiner. Avec ou sans l’assentiment de François Fillon.

LIRE AUSSI : Les Républicains convoquent leur comité politique lundi

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► Le compte à rebours des candidatures

Les candidats à l’élection présidentielle ont jusqu’au 17 mars à 18 heures pour réunir 500 parrainages d’élus (maires, présidents d’intercommunalités, conseillers départementaux et régionaux, parlementaires) afin de pouvoir se présenter.

Vendredi, le Conseil constitutionnel qui publie la liste des parrainages au fur et à mesure qu’il les reçoit, en avait comptabilisé et validé 3 155. François Fillon en a déjà reçu 1 155. Dans la même famille politique, Alain Juppé qui n’est pas candidat en avait reçu 1, Michèle Alliot-Marie et Henri Guaino qui se présentent en dehors des primaires en avaient reçu respectivement 8 et 5.

Un élu ne dispose que d’un formulaire unique de parrainage. Une fois celui-ci reçu et validé par le Conseil constitutionnel, il ne lui est plus possible de revenir sur son choix ni de parrainer un autre candidat.

Parmi les autres candidats, Emmanuel Macron en a reçu 464, Benoît Hamon 334, Nathalie Arthaud 314, Nicolas Dupont-Aignan 205, Jean-Luc Mélenchon 136, Jacques Cheminade 163, Marine Le Pen 84, Jean Lassalle 70, François Asselineau 60 et Philippe Poutou 36.

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