Cyberattaques, Macron est-il visé ?

Cyberattaques, Macron est-il visé ?

Présidentielle. Depuis plusieurs jours, une petite musique prend de l’ampleur : les Russes essaieraient de manipuler l’élection présidentielle française. Éclairage.

Que se cache-t-il derrière cette accusation, à peine voilée, relayée par les partisans d’Emmanuel Macron ? Un spécialiste du contre-espionnage en est persuadé : « Les Russes ont compris avec l’élection de Trump à quel point la bataille des perceptions est devenue fondamentale. » En d’autres termes : “On se fout de la vérité absolue, ce qui compte, c’est de crier le plus fort et que le message soit simple pour toucher la masse.”

Le site présentait des failles

L’équipe du candidat le répète en boucle : les bases de données, les boîtes mail et la réputation d’En marche! ont été attaquées. Le site, qui présentait des failles, a depuis été sécurisé. Des offensives de différentes natures ont frappé le candidat : cyberattaques et campagnes de déstabilisation. Un coupable, selon Emmanuel Macron : la Russie de Vladimir Poutine. Un proche soutien du candidat, Richard Ferrand, tente de donner une raison : « Macron fait peur. » À Poutine ? « Comme par hasard, ils [les hackers] viennent des frontières russes », tente-t-il de justifier. En Ukraine, plus précisément. Un autre avance carrément : « Le site d’Emmanuel Macron est attaqué en permanence. Cela a récemment été confirmé par l’exécutif », assure-t-il.

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En interrogeant l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) et le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), qui ont mis en place de véritables programmes de prévention et de protection auprès des opérateurs d’importance vitale (OIV), des grandes institutions et des partis politiques, il semble impossible d’attester la provenance précise des attaques : n’importe quel hacker peut se servir d’adresses IP d’internautes du monde entier pour les mener à bien. Dans les deux services, on met aussi en garde : « Depuis l’élection de Trump, attention aussi au syndrome “je suis attaqué par la Russie donc j’existe”. » Après tout, le site de Valeurs actuelles, comme celui d’autres médias et de banques, n’est-il pas aussi attaqué plusieurs fois par jour ? Stratégie de communication de la part d’Emmanuel Macron ? « On est au bord de l’hystérie générale sur ce sujet », reconnaît un haut gradé de la DGSE qui prévient toutefois : « Il ne faut pas sous-estimer la capacité russe à faire de l’influence en ligne. Ils sont très forts. » « La vraie guerre froide est revenue », conclut-il. Sa crainte aujourd’hui : que le candidat battu de l’élection conteste la sincérité du scrutin et reproche au vainqueur d’avoir été favorisé par la Russie. Une accusation de la plus grande gravité… et surtout difficile à prouver. « Il y a une prise de conscience de ce risque au plus haut niveau de l’État », rassure-t-il.

Pour RT, « cette attaque est infondée »

L’équipe d’En marche! affirme qu’en matière de désinformation leur candidat subit les « pires attaques », avec notamment l’explosion du nombre de partages et la diffusion massive de rumeurs sur sa prétendue homosexualité. Une campagne efficace. C’est la déclaration de Julian Assange, le hacker de la boîte mail de Hillary Clinton, qui a mis le feu aux poudres le 3 février : « Nous avons des informations intéressantes sur un autre candidat à la présidentielle, Emmanuel Macron. » Dans le viseur de ce dernier, deux médias financés par le Kremlin, Russia Today (RT) et Sputnik. Contactés, ils démentent « toute ingérence ». Pour la chaîne d’information en continu RT : « Cette attaque est infondée. » Notre interlocuteur déplore toutefois : « La Russie est présentée comme ennemie. » Et interroge : « Comment souder un électorat en l’absence de programme ? » « Que diriez-vous si la Russie reprochait à France 2 ou à TV5 Monde de présenter Poutine comme un dictateur ? » À Sputnik, on l’assure : « Cette cabale est étonnante, car nous avions une bonne image de Macron ! Il était même considéré comme prorusse (sic !). » Exemple à l’appui : « Lorsqu’il était à Bercy, il avait évoqué la levée des sanctions antirusses », rappelle notre source, qui avance que la Russie n’a jamais été contre Macron. « Au contraire ! D’ailleurs, nous avons un projet d’interview qui traîne depuis plusieurs mois ! » Vous avez dit guerre froide…

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L’entourage de l’ancien ministre s’appuie sur quatre éléments de “guerre psychologique” : « Les cyberattaques ont été attestées par Jean-Marc Ayrault »; Sputnik et RT ont monté des campagnes sur « le lobby gay, l’agent américain, etc. » ; une partie de la presse a repris ces « pseudo-informations » en les présentant comme vraies ; « tout est arrivé au même moment, de manière coordonnée ». Même si le volume d’attaques a reculé, d’après l’entourage de Macron, son équipe, comme celles des autres candidats, est aujourd’hui extrêmement vigilante. Et les services gouvernementaux en état d’alerte permanent.https://www.valeursactuelles.com/politique/cyberattaques-macron-est-il-vise-68911

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