François d’Orcival : Les quatre coups de 2017…

C1eRe_wXAAAV5so.jpgFrançois d’Orcival : Les quatre coups de 2017…  

Politique. La présidentielle est une sélection implacable. Elle est suivie par les législatives. Quatre tours qu’il faut gagner. L’enjeu : l’autorité du futur chef de l’État.

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Il n’est pas d’année plus politique qu’une année d’élection présidentielle. Sur quoi va-t-elle se jouer ? Sur les candidats, les projets, la campagne… Certes, mais d’abord sur l’autorité : celle du président de la République, clé des institutions : « un sujet dont l’importance engage tout », disait le général de Gaulle (31 janvier 1964). Et comment ! « Il doit être évidemment entendu que l’autorité indivisible de l’État est confiée tout entière au président par le peuple qui l’a élu, qu’il n’en existe aucune autre, ni ministérielle, ni civile, ni militaire, ni judiciaire, qui ne soit conférée et maintenue par lui… » Quel contraste avec ce quinquennat agonisant !

L’autorité est le produit d’une sélection implacable

L’autorité suprême qui lui avait été conférée, François Hollande n’a pas su l’exercer, « au su et au vu de tous », comme disait de Gaulle, dès le premier mois de son installation, hors du seul champ des armées. La suite en a découlé jusqu’au soir de sa renonciation. Il n’était plus obéi ni entendu.

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L’autorité est le produit d’une sélection implacable. De 1965 à 1995, elle se déroula en deux épreuves. Depuis 2002 (instauration du quinquennat et coïncidence voulue avec les élections législatives), ce n’est plus une élection à deux tours mais à quatre. Et même à six, si l’on tient compte des primaires.

À droite, François Fillon a brillamment franchi les deux premières épreuves de qualification, ce qui donne à son camp l’assurance d’aller rassemblé derrière son champion à la présidentielle, à un ou deux dissidents près. La gauche, en revanche, ira quoi qu’il arrive en ordre dispersé, héritage que lui laisse François Hollande. Quant à Marine Le Pen, elle est, pour la seconde fois, la candidate unique de son parti. La dissipation des seconds rôles se fera en février et la campagne entrera dans le dur.

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Le soir du 23 avril, il ne restera que deux finalistes ; à partir de là, il faudra choisir son camp. Ou s’effacer. Mais ce ne sera pas fini : celui qui aura été qualifié, puis élu, le 7 mai, devra encore avoir à l’Assemblée nationale une majorité pour gouverner. Deux tours de plus ! Et ça se complique, parce qu’au second tour du scrutin législatif, il n’y a plus seulement deux finalistes, il peut y en avoir trois ou même quatre… Le premier gagne. Et là, gare aux surprises ! Même si, en principe, le président élu ne risque rien, les partis battus à la présidentielle peuvent espérer prendre leur revanche.

Le Front national peut faire élire de trente à quarante députés

Cela n’a jamais eu lieu sous les quinquennats, mais la cohabitation, ça existe. Imaginez Marine Le Pen élue, quelle majorité aurait-elle à l’Assemblée ? Et la droite se souviendra qu’en 1997 (après la dissolution), Jacques Chirac avait perdu sa majorité à la suite d’une cinquantaine de triangulaires avec le Front national. C’était il y a vingt ans ! Le Front national peut aujourd’hui espérer faire élire, en duels ou en triangulaires, dans le Midi, en Lorraine ou dans le Nord, de trente à quarante députés. Au détriment de qui ? Et quel rôle joueraient-ils entre droite et gauche ?

Cela nous ramène à l’autorité. François Fillon est le favori de la présidentielle. L’autorité de l’État qu’il devrait incarner comme président de la République, c’est comme candidat qu’il doit dès à présent en apporter la preuve — elle l’a fait gagner à la primaire. Autorité dans la présentation de son projet, dans celle de ses porte-parole (ce n’est pas leur parole qu’ils portent mais la sienne), dans le choix de ses équipes et des candidats, hommes et femmes (parité oblige !) qui défendront son plan et dont il dépendra pour mettre en oeuvre sa politique. Sans eux, sans majorité solide, son pouvoir fl anchera. L’article 49.3 ne se substitue pas à une main ferme. On l’a vu. En rétablissant l’autorité de l’État, que l’actuel quinquennat a ruinée, François Fillon la restaurerait par l’exemple dans l’ensemble du corps social. C’est désormais son obligation.https://www.valeursactuelles.com/politique/francois-dorcival-les-quatre-coups-de-2017-58585

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