Les infirmiers expriment leur ras-le-bol dans la rue

Les infirmiers expriment leur ras-le-bol dans la rue

Les dix-huit organisations infirmières et les syndicats ont appelé à participer à une manifestation unitaire ce mardi.

L’une des premières professions de France descend dans la rue. Les dix-huit organisations infirmières du pays, qui représentent 638.000 professionnels, plus 90.000 étudiants, ont appelé à participer à la manifestation unitaire de ce mardi. Les grandes centrales syndicales ont aussi demandé à la fonction publique hospitalière de descendre dans la rue – autour de 210.000 infirmiers en catégorie A ou B, et autant d’aides-soignants en catégorie C, en bas de l’échelle.

Derrière une profusion de revendications, on sent surtout poindre l’exaspération de professionnels épuisés, stressés, voire apeurés. A l’hôpital, cinq infirmiers se sont suicidés depuis juin, sur leur lieu de travail ou en laissant une lettre accusatrice. « On atteint un point de rupture », témoigne Thierry Amouroux, secrétaire général du Syndicat national des professionnels infirmiers : « En dix ans, 100.000 lits ont été fermés et de nombreux postes ont été supprimés. Ceux qui restent subissent une charge de travail très importante. » Le SNPI dénonce le plan triennal de 3,5 milliards d’euros d’économies sur l’hôpital, qui correspond, selon lui, à 16.000 fermetures de lits et 22.000 suppressions d’emplois.

Maltraitance institutionnelle

« Nous sommes traités comme des pions, on vous déplace d’un service à l’autre en fonction des besoins », ajoute le syndicaliste. Dans les hôpitaux de Paris, depuis la réforme des 35 heures, il faut souvent alterner le travail le matin ou l’après-midi : résultat, les mères célibataires en banlieue ne peuvent pas trouver de nounou et certaines doivent démissionner, affirme Thierry Amouroux, qui fustige le « mépris » des dirigeants.

Le mépris, c’est aussi un mal dont souffrent les infirmiers libéraux. « Comme les hospitaliers, nous souffrons de la maltraitance institutionnelle », dénonce Philippe Tisserand, président de la Fédération nationale des infirmiers, qui revendique l’ouverture de la négociation conventionnelle entre les quelque 110.000 libéraux et l’assurance-maladie, afin de revoir les tarifs et les zones où le droit d’installation est restreint. « Mais le déclencheur de cette manifestation, c’est la montée des incivilités depuis une dizaine d’années », témoigne-t-il, citant l’assassinat d’une infirmière cet été à Strasbourg, un collègue séquestré, des agressions sexuelles, des vols… « Nous sommes l’une des dernières professions à accéder au domicile », souligne-t-il. En première ligne sur le front de la violence sociale, comme ces services d’urgence où les gens n’en peuvent plus d’attendre, s’échauffent et agressent les soignants…

Au gouvernement, on analyse le mécontentement au filtre de la nécessaire adaptation de l’hôpital, quand les séjours deviennent plus nombreux, mais plus courts que par le passé. La ministre de la Santé, Marisol Touraine, lancera avant la fin du mois un plan d’accompagnement pour répondre aux demandes d’écoute, de mobilité, de conciliation vie professionnelle-vie privée des infirmiers à l’hôpital. La question de la qualité de vie au travail des libéraux sera également abordée.

Solveig Godeluck, Les Echos
@Solwii

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/economie-france/social/0211469751608-les-infirmiers-expriment-leur-ras-le-bol-dans-la-rue-2041190.php?YeSqw5HrlzPh4hQb.99#xtor=RSS-71

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