Assassinats ciblés : pour Sarkozy, «Hollande aura à rendre compte» de sa «forfaiture»

LE SCAN POLITIQUE – L’ancien chef de l’État accuse son successeur de «violation du secret défense» après ses révélations sur les quatre assassinats ciblés menés depuis 2012.

S’il y a un sujet sur lequel Nicolas Sarkozy et François Fillon s’entendent encore, c’est peut-être le sort que doit subir François Hollande en 2017. L’ancien premier ministre a estimé il y a quelques jours que le chef de l’Etat était «disqualifié» après ses révélations, dans le livre des journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme, sur les assassinats ciblés menés sous son quinquennat. Lors de ses confessions, François Hollande a reconnu avoir autorisé quatre homicides de terroristes ou «opérations Homo». Une violation du secret défense qui constitue un «énorme scandale» pour François Fillon.

«Je partage à 100% l’analyse présentée par François Fillon», a appuyé ce mercredi matin Nicolas Sarkozy sur France Info. «Je suis sûr qu’un jour ou l’autre M. Hollande aura à rendre compte de cette violation manifeste du secret défense», a ajouté Nicolas Sarkozy.

«Si c’était moi…»

«Imaginez que je me sois laissé aller à montrer à des journalistes des plans secrets confidentiels défense d’intervention de nos avions, que j’aie indiqué à des journalistes que j’avais donné des ordres secrets à nos forces spéciales pour éliminer tel ou tel ennemi de la France. C’est une forfaiture», a-t-il dit. «Il n’y a pas une démocratie au monde qui accepterait ça», a-t-il insisté. «Si c’était moi, il y aurait déjà eu une association qui aurait été constituée pour déposer plainte, et une enquête préliminaire engagée», a-t-il ajouté.

Nicolas Sarkozy a rappelé que «le président de la République a des obligations, et notamment l’obligation du secret. Il y a la vie de nos hommes qui est en cause, c’est pas une plaisanterie. Pour faire le malin devant deux de vos confrères, il va révéler des choses qui sont secret défense», a-t-il déploré.«Il y a certainement matière à aller plus loin et à en tirer les conséquences».

Faut-il, comme le propose le député LR Pierre Lellouche, poser la question d’une éventuelle destitution? «Le pauvre, qu’est-ce qu’il en reste, on va destituer qui?», ironise Nicolas Sarkozy. Pour rappel, l’article 68 de la Constitution prévoit qu’«en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat», un chef de l’État peut être démis de ses fonctions par le Parlement constitué en Haute Cour.

Le Foll défend Hollande

Interrogé sur le sujet lors du compte-rendu du conseil des ministres, Stéphane Le Foll a tenu à défendre le chef de l’État. «Il n’y a pas de violation du secret défense (…) Ce qu’a dit le président de la République, c’est qu’il a pris des décisions contre ceux qui étaient des terroristes qui agissaient contre la France. Point. Les choses sont claires», a assuré le porte-parole du gouvernement.http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/citations/2016/11/02/25002-20161102ARTFIG00097-assassinats-cibles-pour-sarkozy-hollande-aura-a-rendre-compte-de-sa-forfaiture.php

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