A six mois de la présidentielle, la gauche tétanisée par le spectre de la défaite

A six mois de la présidentielle, la gauche tétanisée par le spectre de la défaite

Manuel Valls se pose en rassembleur et interpelle Macron, Montebourg, Hamon et FilippettiEn cas d’empêchement du président sortant, de nombreux noms circulent pour prendre le relais

Comme si, soudainement, la gauche avait pris conscience d’une défaite inexorable l’année prochaine. A six mois exactement du premier tour de la présidentielle (23 avril 2017), plusieurs ténors de la majorité ont tiré la sonnette d’alarme le week-end dernier pour tenter d’inverser la tendance.

Valls le rassembleur

De Manuel Valls en meeting à Tours, à Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du PS, dans les colonnes de « La Nouvelle République » en passant par Bruno Le Roux, le patron des députés PS à l’Assemblée dans celles de « La Provence », le constat est le même : quel que soit le scénario, le PS va se briser sur la présidentielle.

Au premier tour, François Hollande est crédité de 9 à 13 % des voix, en quatrième position. Personne ne s’impose à sa place. « Aucun candidat putatif, quel qu’il soit, ne semble pouvoir battre la droite. Et même passer le premier tour. C’est grave ! », a déclaré Cambadélis à « La Nouvelle République ».

Tous ont une nouvelle fois sonné le rassemblement de la gauche pour qu’elle se ressaisisse. Depuis Tours où se tenait un meeting du PS, Manuel Valls a fait un discours sur un ton grave, se posant en rassembleur . Il a surtout interpellé, par leurs prénoms comme pour leur rappeler le sens de la famille, Emmanuel (Macron), Arnaud (Montebourg) , Benoît (Hamon) ou encore Aurélie (Filippetti), tous anciens ministres de François Hollande qui ont rompu avec l’Elysée, en leur demandant « Qu’est ce qui nous sépare ? ».

« Non-assistance à gauche en danger »

Précisant qu’il travaille à Matignon sur le bureau de Léon Blum, rappelant que Tours a une importance historique pour la gauche (Congrès de 1920 actant la scission entre socialistes et communistes), Manuel Valls s’est posé en recours pour 2017. « Il ne va pas manier le couteau mais se comporter comme un homme d’Etat », plaide un de ses proches. « J’ai envie de le pousser car il y a non-assistance à gauche en danger », a déclaré cette semaine le député Malek Boutih, également proche de Valls.

Car l’autre candidat naturel, François Hollande, s’enfonce dans les difficultés. En juin, il avait déjà dû accepter le principe des primaires pour acquérir une nouvelle légitimité. Mais depuis la parution du livre tiré de ses confidences avec deux journalistes du « Monde », la majorité craque un peu plus et sa candidature se fait plus difficile.

L’appel de parlementaires en faveur d’un second mandat de Hollande a été reporté, pour ne pas dire annulé. Plusieurs ténors de la majorité ont pris leurs distances.

Mécanique de reconquête

Comme Claude Bartolone, le président de l’Assemblée nationale, qui a séché le dîner des responsables de la majorité mardi dernier pour marquer sa désapprobation après la parution du livre dans lequel Hollande le critique. Ou encore comme Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires Etrangères et ancien Premier ministre. La candidature de François Hollande n’est plus automatique.

La mécanique de reconquête mise en marche depuis la rentrée cale régulièrement. Les initiatives prises se sont heurtées à la réalité : les chiffres du chômage désastreux pour le mois d’août, l’interview de François Hollande dans « L’Obs » dans laquelle il se déclarait « prêt » pour un second mandat totalement occultée par la publication du livre de confidences.

Pourtant, les proches de François Hollande veulent encore y croire. « Le livre a surtout freiné l’opération reconquête. C’était dur et cela le reste, mais cela ne l’empêche pas d’être candidat », plaide un député hollandais. Beaucoup de partisans du président répètent que, malgré son impopularité, il est le seul à pouvoir rassembler la gauche une fois qu’il sera officiellement candidat.

L’après-Hollande embouteillé

« S’il n’est pas notre candidat, il y aura un émiettement, un éclatement et la gauche sera éliminée du 2ème tour de la présidentielle », a déclaré Bruno Le Roux dans les colonnes de « La Provence ».

L’émiettement a pourtant commencé depuis longtemps : Jean-Luc Mélenchon occupe le terrain à gauche du PS tandis que Emmanuel Macron fait de même à droite.

De plus, les problèmes de François Hollande réveillent les vocations présidentielles. Outre celui de Manuel Valls, les noms de Ségolène Royal, de Christiane Taubira ou encore de Najat Vallaud-Belkacem circulent. L’après Hollande est déjà menacé par un gigantesque embouteillage.

Grégoire Poussielgue

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/elections/presidentielle-2017/0211423958707-a-six-mois-de-la-presidentielle-la-gauche-tetanisee-par-le-spectre-de-la-defaite-2037125.php?Z6Ke0ClCtOmrVLry.99#xtor=CS1-6

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