Vers le 21 avril d’Alain Juppé ?

Vers le 21 avril d’Alain Juppé ? 

Faites le test : écoutez Juppé en fermant les yeux, vous entendrez la voix de son Mentor, Jacques Chirac. Veut-on vraiment revenir à cette période d’immobilisme, après 5 années perdues avec Hollande ?

Il y a plus de quatorze ans, le 21 avril 2002, la France vivait un merveilleux moment démocratique. Les calculs et combinaisons de tous les valets du système socialiste, version jospinienne, qui se partageaient déjà les quelques morceaux que la victoire de 1997 aux législatives ne leur avait pas donnés, volèrent en éclats. L’hilarité goguenarde de Jacques Chirac était certes pénible à supporter mais c’était le prix à payer pour observer la mine déconfite de la gauche plurielle.

On eut alors droit à un exercice gigantesque de « Hou ! Fais-moi peur », où des masses serrées défilaient dans les rues pour appeler à voter pour celui qu’elles nommaient encore « Supermenteur »et « Supervoleur » quelques mois plus tôt.

En novembre 2017, à l’occasion des primaires auto-proclamées de la droite et du centre, certains à gauche s’apprêtent à faire encore mieux. Voter dès avant le scrutin présidentiel pour être sûrs qu’aucun des candidats de leur camp ne passe le premier tour.

Juppé, réincarnation de Chirac

Le motif de ce comportement incohérent ? La haine de Sarkozy, qui dépasse en détestation tout ce que le Chirac de 2002 pouvait connaître. Grand bien leur fasse. Auquel cas, Alain Juppé, sorte de réincarnation politique un peu plus terne de Chirac, entrera à l’Élysée.

Faites le test : écoutez Juppé en fermant les yeux, vous entendrez la voix de son Mentor. C’est qu’ils y ont pris goût à Chirac, nos socialistes !

La France retrouverait ainsi la situation de 2002, dont il ne faut pas oublier qu’elle a conduit à un équilibre politique malsain et cinq années de paralysie. Mais en matière d’immobilisme, nous ne sommes plus à cela près. Une hypothèse toutefois peut contrarier cette répétition du syndrome de 2002. C’est qu’il aille en réalité jusqu’au bout.

Des Juppéistes peu enthousiastes

Il suffit en effet de lire les réactions des internautes ou de discuter avec les citoyens les plus intéressés par la politique pour se dire que les sondages sur les intentions de vote en faveur de Juppé s’apparentent davantage à des prévisions de résultats qu’à des choix. Les médias entretiennent l’idée que Juppé va gagner mais cela ne signifie pas autant d’électeurs voulant sa victoire.

On croise beaucoup de Fillonistes de raison et de Sarkozystes de tempérament mais pas tellement de Juppéistes, ce dernier souffrant du soupçon, aisé à conforter, que sur la question laïque ou sur celle de l’Europe il ne fera pas une politique différente de celle de François Hollande.

S’il y a répétition de 2002, ce pourrait donc être en amont : les partisans de Juppé, déjà modérément enclins à participer aux sauteries des Républicains, se diront que son élection est assurée et attendront peut-être le deuxième tour pour se manifester. Auquel cas il serait plutôt le Jospin que le Chirac de 2017.

Tout cela nous montre combien le rôle des instituts de sondage et médias est devenu trouble et délétère. Une telle hypothèse aurait au moins le mérite de rebattre les cartes d’une élection trop annoncée et de jeux considérés comme joués d’avance.

Vers le 21 avril d’Alain Juppé ?

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