Pourquoi la Sorbonne refuse des laïques et invite des islamistes

Pourquoi la Sorbonne refuse des laïques et invite des islamistes

Après le camp décolonial à Paris 8 cet été, c’est Marwan Muhammad, président du CCIF, qui était invité à débattre, cette fois à Paris 1.

Les clivages sur l’islamisme et l’islamophobie empêchent toute discussion à la Sorbonne.

Le président exécutif du CCIF, Marwan Muhammad, devait tenir conférence le 24 octobre prochain à l’amphi Bachelard (Paris 1 Sorbonne). L’événement vient d’être annulé, suite à des menaces qu’auraient reçues, selon l’organisateur (l’association des Politistes Sorbonne), l’organisateur lui-même, le rectorat et l’université. Les Politistes Sorbonne ont officialisé en pleine nuit par communiqué l’annulation de la venue de Marwan Muhammad en invoquant des problèmes de « sécurité des biens et des personnes, ainsi que des risques de dégradations ».

Un autre rassemblement n’aura pas lieu : prévue le 15 octobre, la participation d’HEC Israël et Hessec Israël à un forum des associations, sur l’invitation de l’ASHMA (Association en Sorbonne sur l’histoire du monde arabe), a été annulée aussi, par l’ASHMA, en raison des torrents de haine numérique qui ont envahi la page Facebook de l’événement. Lequel n’était pas politique, mais économique et culturel. Autrement dit, il s’est agi de céder face à un antisémitisme virulent.

Les Politistes assurent quant à eux que les menaces, anonymes, ont résulté de trois communiqués publiés hier par le Collectif Marianne, La Cocarde et le Rassemblement Bleu Marine.

Accueillir des intégristes et refuser des laïques ?

Le Collectif « Ils n’auront pas notre silence complice – les islamistes » fournit une autre explication : « Face à la consternation générale du refus d’accueillir, dans cette même université, une réunion des signataires de notre appel, l’incompréhension des Français est totale : comment accueillir des islamistes et refuser des laïques ? Ils reculent face à leurs propres incohérences », déclare son porte-parole Nasser Ramdane Ferradj, initiateur de la pétition représentant ce collectif. Suspicieux, il ajoute : « Il faut quand même arrêter d’accuser tous les opposants aux islamistes d’être des militants ou sympathisants d’extrême droite. Je n’ai rien vu de ce genre sur les réseaux sociaux au sujet de cette affaire. Ils justifient leurs turpitudes. »

En effet, ce collectif n’a quant à lui reçu aucune menace obligeant à annuler la conférence qu’il souhaitait tenir un mois avant le CCIF, soit le 24 septembre dernier. On lui a tout simplement refusé une salle. Quelles explications ?

Début septembre 2016, Nasser Ramdane Ferradj demandait une salle à l’université Paris-Sorbonne pour y faire entendre cette voix tant réclamée de musulmans et/ou Arabes, Kabyles et Berbères progressistes et opposés à l’intégrisme islamique. L’événement devait se tenir en ce haut lieu de l’histoire intellectuelle française et européenne, pour affirmer, déclarait-il, que l’histoire et la culture de France ont toujours oeuvré à l’avènement de Lumières, et que les enfants de ce que l’on n’appelle plus les classes laborieuses y ont toujours vitalisé ce qu’on n’appelle plus « ascenseur social » qu’avec des larmes de nostalgie.

Contactée par le chef de cabinet du secrétaire d’État à l’Enseignement et à la Recherche, qui soutenait cette initiative, la chancellerie de la Sorbonne a opposé une fin de non-recevoir, indiquant qu’elle n’est pas fondée à accueillir des rassemblements syndicaux ou politiques. « On n’accueille jamais ce genre d’événement et les universités sont autonomes », a confirmé la cheffe de cabinet du rectorat.

Arcanes administratives ou confusion républicaine ?

Les arcanes administratives sont souvent complexes, et l’on pourrait entendre que le rectorat, qui recevrait trois cents demandes de salle chaque jour, ne prenne pas le temps d’aiguiller les demandeurs sur les bons interlocuteurs. Un simple problème de communication ?

Le chef de cabinet du secrétaire d’État confirme : « Les salles relèvent de différentes universités, et une partie est affectée au rectorat, dont la ligne est très claire : pas de rassemblements politiques. » Il précise cependant que son premier courrier en soutien de l’initiative de N. Ferradj avait initialement été adressé au cabinet des présidents d’université concernés, qui l’avaient réorienté vers… le rectorat.

« Je m’étonne que notre rassemblement, soutenu par le ministère, n’ait pas eu plus d’écho, commente N. Ferradj ». « Je doute que le rectorat reçoive trois cents demandes par jour d’un chef de cabinet de ministre », ajoute-t-il, précisant qu’il avait refusé une salle du ministère pour affirmer l’indépendance du collectif.

« On reçoit des intégristes en Sorbonne, mais on refuse des Beurs qui les combattent », fulmine-t-il.

Marwan Muhammad ou Nasser Ferradj : la France doit choisir

De fait, après le camp décolonial à Paris 8 cet été, c’est Marwan Muhammad, président du CCIF, qui était invité à débattre, cette fois à Paris 1. « Le débat sur la laïcité et l’islamophobie est crucial », justifie Romain Daniel, le président des Politistes, dont l’objet est de représenter les étudiants du département de sciences politiques de Paris 1. « Nous avions invité M. Muhammad pour qu’il ait l’occasion de débattre avec des étudiants. Oui, c’est un choix orienté mais il n’a pas de problèmes avec la justice. »

Nasser Ramdane n’a pas de problème non plus avec la justice, et ses positions sur la laïcité et « l’islamophobie » sont autrement plus claires que celles du CCIF.

Autre figure du collectif « Ils n’auront pas notre silence complice », Kerima Mendès se félicite de ce recul : « L’islamisme ne pourra plus distiller sa haine sur notre territoire. Maintenant, nous répondrons à chaque manifestation et nous débusquerons leur vrai visage. » Elle ne croit pas non plus que cette déprogrammation soit liée à l’extrême droite et affirme que c’est la forte mobilisation des citoyens qui a eu raison de Marwan Muhammad.

Reste encore à donner tribune à ces voix qui entendent bien contrer celles des intégristes. À quand ce rassemblement à l’université pour Nasser, Kerima et les autres ?  http://www.huffingtonpost.fr/isabelle-kersimon/pourquoi-la-sorbonne-refuse-des-laiques-et-invite-des-islamistes/

2 commentaires sur « Pourquoi la Sorbonne refuse des laïques et invite des islamistes »

  1. et nous descendrons tous dans la rue contre ces cons là. excusez moi de mon gros mot, m ais c’est tout ce qu’ils méritent ces musulmans qui se croient tout permis sur notre territoire, vous n’avez jamais vu de laïques ou de chrétiens manifester dans leurs pays . Alors stop à tous ces barbares envahisseurs.

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s