Colère des policiers : la République ébranlée par une crise qui commence à ressembler à 1958 (mais y a-t-il un de Gaulle dans l’avion ?)

Colère des policiers : la République ébranlée par une crise qui commence à ressembler à 1958 (mais y a-t-il un de Gaulle dans l’avion ?)

En 1958, une manifestation de policiers devant l’Assemblée nationale témoignait déjà de l’exaspération des forces de l’ordre face à leurs conditions de travail. Mais si à l’époque la légitimité et l’autorité du général De Gaulle avait permis de rétablir la situation, la situation est bien différente aujourd’hui.

Atlantico : En 1958, alors que Paris était confrontée à la menace terroriste, la dégradation des conditions de travail de la police avait nourri une véritable crise de recrutement. C’était d’ailleurs pour protester contre la dégradation de leurs conditions de travail que fut initialement organisée la manifestation du 13 mars, qui devait rester silencieuse et cantonnée dans la cour du 19-Août. Néanmoins, ce rassemblement prit rapidement une tournure plus politique et 7000 policiers en uniforme se retrouvèrent à manifester devant l’Assemblée nationale.

Quels parallèles peut-on dresser entre 1958 et aujourd’hui du point de vue de la situation des forces de l’ordre ?

Paul-François Paoli : Je pense que la situation actuelle est inédite. Les forces de l’ordre sont soumises à deux injonctions qui peuvent leur apparaître contradictoires. D’une part, elles doivent répondre à la demande sécuritaire croissante de la population, en particulier à cause de l’angoisse liée aux attentats, d’autre part, elles doivent respecter les critères de l’idéologie ambiante proférée aussi bien par les représentants de l’Etat et les principaux médias qui est celle du « vivre ensemble ». Selon cette idéologie, il ne saurait y avoir d’ennemi intérieur et les délinquants, même les plus violents, nous sont toujours décrits comme des cas pathologiques ou des cas sociaux. L’idée que la société est traversée par des fractures ethniques et identitaires graves (peut-être irrémédiables) ne fait pas partie du discours des responsables de ce pays qui en appellent invariablement au « pacte républicain » alors que celui ci est désormais frappé de l’intérieur. On vient encore de s’en apercevoir avec la pathétique déclaration du ministre de l’Intérieur qui après les attaques contre la police à la Grande-Borne, a parlé de « sauvageons » alors qu’il s’agissait de criminels organisés. La langue du « vivre ensemble » ne peut rendre compte de la réalité violente que vivent les policiers sur le terrain. D’où le formidable malaise de ceux-ci qui ont raison de protester.

Mathieu Zagrodzki : Vous avez évoqué les chutes record en 1958 des recrutements. Or, aujourd’hui, le contexte est inverse : au printemps dernier, jamais autant de candidats au concours des gardiens de la paix ne se sont présentés. Cela est d’une part lié au regain d’intérêt pour le métier de policier et en quelque sorte de patriotisme avec la phase d’attentats que nous traversons, et d’autre part, au fait que les métiers de la fonction publique sont particulièrement attirants dans une période de chômage prolongé.

Par ailleurs, le gouvernement annonce régulièrement des augmentations d’effectifs et des recrutements. De ce point de vue-là, le parallèle n’est donc pas forcément le bon.

Les policiers ne semblent pas aujourd’hui être dans une démarche de changement de régime. Ils ne semblent pas vouloir précipiter un changement de Constitution ou de système politique. Ils réclament davantage de moyens, de respect. Ils s’adressent également à l’autorité judiciaire et à leur hiérarchie pour être mieux soutenus et pour que ces derniers fassent en sorte que les personnes qui les interpellent soient effectivement sanctionnées. Leur revendication est celle d’une bonne application du système politique et judiciaire existant.


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