Pierric Guittaut: «La France d’aujourd’hui ressemble au Liban de 1973»

Pierric Guittaut: «La France d’aujourd’hui ressemble au Liban de 1973»

Après avoir ausculté la banlieue ensauvagée dans Beyrouth-sur-Loire, le romancier Pierric Guittaut s’attaque au versant opposé de la France occultée: la campagne berrichonne, ses chasses communales, ses superstitions et ses rebouteux. Quand la Série Noire se met au vert, ça reste sombre…Daoud Boughezala. Je t’ai découvert il y a quelques années avec Beyrouth-sur-Loire, dont l’action se déroule en banlieue. Toi qui vis au fin fond du Berry, comment connais-tu si bien les territoires perdus de la République ?

Pierric Guittaut. Je suis né et j’ai grandi à Melun, puis j’ai été « emploi jeune » dans les quartiers Nord de Bourges entre 1998 et 2003. J’y officiais à la fois comme journaliste de quartier pour la revue Vivre ici et en tant qu’animateur de suivi scolaire au sein de l’association culturelle maghrébine « El Qantara ». À la fin des années 1990, c’était la grande mode des voitures qui brûlaient. Même dans la banlieue de Bourges, le centre commercial y était passé. À l’époque de mon premier roman, je ne comprenais pas pourquoi si peu d’auteurs de polars en parlaient. J’ai alors appliqué un conseil de Stephen King : « Écrivez sur ce que vous connaissez. »

C’est l’embrasement des banlieues qui t’a donné envie d’écrire Beyrouth ?

Pendant les émeutes de novembre 2005, j’ai compris que cela dépassait la simple délinquance urbaine et qu’il y avait un problème de fond dans la société française, dont une fraction était entrée en sécession. Des bandes de villes différentes se reconnaissaient dans un mouvement national destructeur, où l’objectif était de tout cramer, y compris des structures à leur usage telles que des « points rencontre jeunesse » ou des médiathèques.

Une partie des jeunes de banlieue a dit : « On est des Français, mais pas des Français comme vous ! » On a vu écrit sur les murs : « Pas de mosquée dans le quartier, émeutes toute l’année ! » Évidemment, les médias ont expurgé tout ce qu’il y avait de communautaire, d’identitaire et de religieux dans ces soulèvements, pour en faire une sorte de révolte des damnés de la Terre. Ce n’était pourtant rien de moins qu’un phénomène de sécession identitaire et communautariste.http://www.causeur.fr/pierric-guittaut-banlieues-campagne-polar-40501.html?utm_source=Sociallymap&utm_medium=Sociallymap&utm_campaign=Sociallymap#

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