Alexandre Douguine : « La Troisième Guerre mondiale est à nos portes »

Alexandre Douguine : « La Troisième Guerre mondiale est à nos portes »

Il ne fait aucun doute que les frappes aériennes étasuniennes (qui ont fait plus de 70 morts et une centaine de blessés parmi les rangs de l’armée syrienne le 17 septembre dernier) avaient pour but d’en finir avec le cessez-le-feu négocié auparavant et d’augmenter les tensions armées dans ce qu’on peut très justement qualifier d’« acte de guerre » commis par Washington.

Il semble que les gestionnaires de guerres de Washington tentent désespérément de maintenir une sorte de feuille de route concernant la débâcle qu’ils tentent de « gérer » en Syrie. Serait-ce lié aux élections présidentielles en cours aux États-Unis ?

Alexandre Douguine, expert russe en politique, pense que c’est le cas :

Les Étasuniens bombardent nos hommes. Une troisième guerre mondiale n’a jamais été aussi proche.

Comme nous l’avons souvent répété, le plus important dans la situation politique actuelle, ce ne sont pas les élections, mais bien la guerre. Cependant, si les élections revêtent une certaine importance quelque part, c’est bien aux États-Unis, où une fois encore, elles sont fortement liées aux guerres.

Il y a plusieurs semaines, le samedi 17 septembre, la probabilité d’un scénario similaire était incroyablement haute. Comme nous le savons, les troupes étasuniennes, qui n’ont jamais été invitées par la Syrie sur son territoire, ont bombardé des positions de l’armée syrienne à Deir ez-Zor. Résultat : plus de 70 soldats syriens tués.

Cette frappe était extrêmement importante pour les militants de Daech, que les États-Unis arment et conseillent en secret tout en les combattant, soi-disant. C’est là qu’une ligne a été franchie. Bombarder des soldats syriens, c’est une chose. Cela signifie non seulement que les États-Unis déclarent la guerre à la Syrie, mais également contre la Russie, qui combat dans ce pays en collaboration avec Assad. Cela implique qu’on se trouve dans une situation très tendue.

Bien entendu, le commandement étasunien a immédiatement affirmé que cette frappe était une erreur, puis a demandé au commandement russe de ne pas les commenter sous le coup de l’émotion. Mais cela n’est qu’un tissu de mensonges, à l’heure où la technologie moderne permet de voir un objet au sol via satellite depuis son bureau. En théorie, les bombardiers étasuniens n’ont pas pu commettre ce genre d’erreur. Et plus important : s’ils vous avaient prévenus qu’ils allaient vous bombarder et que vous n’aviez rien dit, cela aurait-il impliqué que vous étiez d’accord ?

Il est tout à fait clair que les États-Unis se préparent à entrer en guerre contre la Russie. Les incidents aux frontières sont tout autant d’opérations de reconnaissance. Mais comment Moscou, Poutine et le Kremlin vont-ils réagir ? Le point de non-retour n’a pas encore été dépassé, mais la réaction de Moscou n’est-elle pas la démonstration du fait que les Russes sont préparés à un affrontement direct avec les États-Unis et l’OTAN ? C’est la raison pour laquelle ces frappes ont été menées contre des positions de l’armée syrienne.

Le commandement mondialiste étasunien ne peut pas diriger le monde entier, bien entendu. Et la menace que représenterait Trump remet en perspective le contrôle de leur propre pays. Pour l’heure, alors que le pantin Obama est encore en poste et que la candidate mondialiste, Hillary Clinton, vacille devant les caméras et donc devant les électeurs, l’occasion de déclencher un conflit est trop belle. Cela permettrait de retarder les élections ou de contraindre Trump, s’il est élu, à débuter sa présidence dans des conditions dantesques. Les néoconservateurs et mondialistes étasuniens ont donc besoin d’une guerre, et vite, avant qu’il ne soit trop tard. Si Trump est élu en temps de paix, cette guerre n’aura pas lieu, du moins dans un futur proche. Et cela mettrait un terme à la toute puissance des élites mondialistes.

La situation est donc très grave. Les idéologues de l’OTAN et les mondialistes étasuniens, qui sont acculés, ont besoin de cette guerre maintenant, avant l’élection étasunienne. Une guerre contre le peuple, en somme. Pas tant dans l’optique d’une victoire, mais plutôt comme une fin en soi. C’est le seul moyen pour eux de prolonger leur domination et de dévier l’attention des Étasuniens et du monde entier de leurs crimes et de leurs échecs. Les cartes des mondialistes sont découvertes. Tôt ou tard, ils devront abandonner le pouvoir et faire face à des tribunaux. Seule une guerre peut les sauver.

Et qu’en est-il de nous ? Nous n’avons pas besoin d’une guerre. Ni maintenant, ni demain, ni jamais. Dans l’Histoire, les guerres n’ont jamais été une nécessité. Mais nous avons constamment combattu, et nous n’avons presque jamais perdu. Cela a pu coûter de nombreuses vies et des efforts colossaux, mais nous avons remporté nos guerres. Et nous vaincrons toujours. Si cela n’était pas le cas, alors nous n’aurions pas aujourd’hui un pays si vaste et autonome, sans contrôle d’une main étrangère.

Mais dans le cas qui nous occupe, nous devons gagner le plus de temps possible. Les Étasuniens ont surtout attaqué nos positions, comme les Géorgiens à Tshkinvali en août 2008. Les Russes sont pris pour cible et cela ne peut pas être ignoré. Notre réaction est extrêmement prudente et équilibrée. Nous avons exprimé ce que nous pensions de cet acte d’agression étasunien, mais dans des termes très bien choisis.

La fatalité de cette situation réside dans le fait que, si Washington décide d’entrer en guerre maintenant, alors nous ne pouvons l’éviter. Et s’ils commettent d’autres actions guerrières, telles que celle du 17 septembre, alors nous devrons soit accepter ce défi et entrer en guerre, soit admettre notre défaite sciemment.

Dans cette situation, l’issue de cette lutte pour la paix, qui est, comme toujours, clairement dans notre intérêt, ne dépend pas de nous. Nous avons réellement besoin de paix, et devons gagner du temps jusqu’au 8 novembre ; ensuite, tout sera plus facile. Mais est-ce que le colosse aux pieds d’argiles nous laissera le temps ?

Que Dieu nous protège de cette guerre. Ceux qui pouvaient prier ont prié à la veille de la Première et de la Seconde Guerre mondiale. Dans tous les cas de figure, notre objectif est toujours et uniquement la victoire. Notre victoire.

Les Étasuniens bombardent nos hommes. Une Troisième Guerre mondiale n’a jamais été aussi imminente. http://www.croa.fr/article/alexandre-douguine-la-troisieme-guerre-mondiale-est-a-nos-portes

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