Alain Juppé « ne souhaite plus s’exprimer sur le sujet » de la grande mosquée

Alain Juppé « ne souhaite plus s’exprimer sur le sujet » de la grande mosquée

Le dossier de la « mosquée cathédrale » de Bordeaux a déjà fait couler beaucoup d’encre ces dernières années. Dans les tuyaux depuis une dizaine d’année, ce projet très polémique n’a toujours pas vu le jour. Dans un article intitulé « Grandes ou petites mosquées ? A Bordeaux, la bataille a commencé », le journal Médiapart fait le point sur un sujet qui divise profondément les bordelais. Selon le journal, il y aurait « environ 70 000 musulmans dans la ville et une trentaine de mosquées dans l’ensemble de la communauté urbaine de Bordeaux. En voici quelques extraits ».

« Le projet de construction d’une grande mosquée à Bordeaux, porté depuis des années par la Fédération musulmane de la Gironde (FMG), doit répondre en partie à ce manque d’espace. La ville compte environ 70 000 musulmans et une trentaine de mosquées dans l’ensemble de la communauté urbaine de Bordeaux (CUB). Pour ses promoteurs, la construction de cet imposant édifice viendra surtout signer l’achèvement d’un processus d’intégration de l’islam dans le territoire bordelais, où il n’a cessé de se développer depuis les années 1980. La grande mosquée doit symboliser l’islam moderne pratiqué à Bordeaux, derrière la figure tutélaire de l’imam Tareq Oubrou, assurent les représentants de la FMG. «Cela s’inscrit dans notre politique d’ouverture, explique Charafeddine Mouslim qui, depuis des années, porte le projet au sein de la fédération. Plus qu’une mosquée, nous voulons que ce soit un centre culturel avec une salle d’exposition, une cafétéria, un restaurant, un amphithéâtre.» Pour les expositions, un partenariat avec l’Institut du monde arabe est envisagé. Des salles de classe pourraient être louées à des entreprises qui font des séminaires.

La construction d’une mosquée de 12 000 m2 reste une question ultrasensible pour les élus. Et le climat d’islamophobie depuis les attentats de janvier n’a rien arrangé. Sur la table depuis plusieurs années, le projet a récemment valu à Alain Juppé de gagner au Front national le surnom d’« Ali Juppé ». Une frange de catholiques intégristes s’est aussi réveillée pour dénoncer l’attitude du maire, accusé, comme le clame l’association des contribuables de Bordeaux, de «livrer la ville aux musulmans».

tareq-oubrouS’il s’est, depuis l’origine, montré favorable au projet de grande mosquée à Bordeaux, porté par un Tareq Oubrou (en photo avec le polémiste Alain Soral lors d’une conférence commune à Bordeaux) dont il est proche et qu’il estime représenter un islam modéré, Juppé ne tient pas non plus à trop s’impliquer et ne souhaite plus s’exprimer sur le sujet. «Juppé considère que toutes les religions doivent avoir un lieu pour prier », indique son entourage, qui précise que le rôle de la ville s’est limité à trouver un terrain pour le projet. Sur la partie « centre culturel », qui pourrait potentiellement recevoir des subventions de la municipalité, un certain flou demeure par exemple, mais un proche de Juppé assure que ce n’est « pas à l’ordre du jour pour le maire ». Il serait notamment très attentif au mode de financement de la mosquée. «Que l’Azerbaïdjan participe, pourquoi pas, mais que le Qatar, qui finance le terrorisme, le fasse, ça l’emballe beaucoup moins», nous dit son bras droit, mentionnant les deux pays annoncés comme de potentiels donateurs.

À la tête de la communauté urbaine de Bordeaux de 2007 à 2014, le socialiste Vincent Feltesse, devenu conseiller de François Hollande, avait choisi de verser sa réserve parlementaire au projet, soit au total quelque 50000 euros. Contacté par Mediapart, il ne souhaite pas revenir sur le sujet –sa fonction auprès du chef de l’État lui imposant une certaine réserve–, mais son entourage explique qu’il assume parfaitement son choix, qui lui vaut encore aujourd’hui les attaques de l’extrême droite locale et quelques incompréhensions parmi certains de ses amis. «Je suis personnellement plutôt favorable au fait que les cultes se débrouillent», affirme par exemple Naïma Charaï, la présidente de l’Agence pour la cohésion sociale et l’égalité (Acsé), qui avoue, bien que porte-parole de Feltesse à l’époque, avoir désapprouvé son choix. «Vincent a beaucoup d’estime pour Tareq Oubrou et est très libéral sur ces sujets-là.»

S’il a fait couler beaucoup d’encre et embarrasse déjà les élus, le projet de grande mosquée à Bordeaux est encore au point mort. Comme souvent, c’est l’argent qui manque pour cette construction chiffrée entre 20 et 25 millions d’euros ».

Au sujet du conflit autour de la mosquée du quartier du Grand-Parc (photo de la nouvelle mosquée, rue du docteur Schweitzer).

mosquee-grand-parc-bordeaux« Dans ce quartier populaire du nord de Bordeaux, où vit une importante communauté musulmane, faute de mosquée, une salle de prière clandestine avait été ouverte en 2010 par le gérant d’une épicerie qui recevait les fidèles chez lui, au-dessus de son commerce. Les pouvoirs publics s’en étaient émus et avaient rapidement fait fermer la salle pour nonrespect des normes de sécurité. Les autorités locales reprochaient surtout à Mohammed Habri, le gérant de l’épicerie, de prôner un islam radical et rappellent sa proximité avec un certain Saber Lahmar, ancien de Guantanamo, qui aurait délivré des prêches très radicaux dans cette salle clandestine.

Cette mosquée clandestine fermée en 2012, le problème restait entier : il manquait aux musulmans du quartier un lieu pour prier. La municipalité décide de créer dans l’urgence une salle de prière provisoire dans des Algeco et entame des discussions avec l’association locale, l’Association des musulmans de Bordeaux-Nord (AMBN). Coup de sang de Tareq Oubrou, qui estime alors que l’association locale « n’a pas les compétences » et est trop « fragile » pour gérer le lieu de culte, « en ces temps de pression du littéralisme et du salafisme », déclare-t-il alors dans Sud-Ouest. Alain Juppé, qui entretient des relations anciennes avec l’imam, envisage de donner les clés de cette salle à la Fédération musulmane de la Gironde. En déplacement au Grand-Parc, le maire de Bordeaux se retrouve confronté à une manifestation de fidèles du quartier, vent debout contre l’arrivée de l’organisation de Tareq Oubrou.

Devant la mobilisation et parce que l’association locale est bien implantée dans le quartier, Alain Juppé fait marche arrière et confie la gestion de la mosquée à l’association du Grand-Parc, au grand dam de la FMG« .

L’article complet est à lire ici.

[cc] Infos Bordeaux, 2010-2016, Dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d´origine [http://infos-bordeaux.fr/].http://www.infos-bordeaux.fr/2015/actualites/alain-juppe-ne-souhaite-plus-sexprimer-sur-le-sujet-de-la-grande-mosquee-7281

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