Sur la justice, Juppé ne sort pas de la logique sécuritaire

Sur la justice, Juppé ne sort pas de la logique sécuritaire

Le candidat à la présidentielle propose un abaissement du seuil des aménagements de peine pour les récidivistes et les primodélinquants.

Le Parisien-Aujourd’hui en France consacre sa une, jeudi 13 octobre, à Alain Juppé. On y voit une photo du candidat à la primaire de la droite et du centre, soucieux, le pouce sur les lèvres, assortie de ce titre : « Je préfère perdre en disant la vérité… » Le maire de Bordeaux décline dans une courte interview ses propositions pour la justice. « J’ai proposé que le seuil à partir duquel les aménagements de peine sont possibles – c’est-à-dire deux ans – soit ramené à un an et six mois en cas de récidive », lance ainsi le candidat Les Républicains. Avant d’affirmer que les juges n’ont pas assez recours à la prison.

En France, le juge de l’application des peines (JAP) peut décider qu’une peine n’excédant pas deux ans de prison s’exécutera sous le régime de la semi-liberté (le condamné dort en prison), ou sous surveillance électronique (le condamné devra porter un bracelet à la cheville). Selon le Code pénal, ce délai des deux ans est rapporté à une seule année lorsque le condamné est un récidiviste. Le favori à la primaire propose que les peines des récidivistes ne puissent être aménagées si elles sont supérieures à six mois de prison.

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Une mesure répressive

Alain Juppé met ici sur la table une mesure répressive qui conduirait à envoyer de nombreux délinquants en prison pour de très courtes périodes. Une mesure nécessaire, selon lui, le système de peines (prison ferme, aménagement, réduction de peine, …) étant devenu illisible pour bien des Français.

Mais selon les spécialistes, les aménagements de peine ont justement été conçus pour éviter la rupture causée par l’univers carcéral. Des peines accomplies en milieu ouvert – au sein de la société (stages de citoyenneté, travaux d’intérêt général, bracelet électronique, etc.) – sont, selon toutes les études, beaucoup plus efficaces pour lutter contre la récidive des condamnés à des petits délits. Alain Juppé, qui dit vouloir « une politique répressive » contre les « délinquants en puissance », n’en démord pas et veut revoir le régime des aménagements de peine qui avait pourtant été voté en novembre 2009… par la droite elle-même.

N.B. Le Point.fr avait d’abord indiqué qu’Alain Juppé s’était emmêlé les pinceaux sur le régime des aménagements de peine. Il s’agit d’une erreur de lecture de l’interview, une virgule manquant à l’une de ses réponses.http://www.lepoint.fr/justice/alain-juppe-cafouille-sur-la-justice-et-la-securite-13-10-2016-2075596_2386.php

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