Présidentielle 2017 : ce que mijotent les hollandais

Présidentielle 2017 : ce que mijotent les hollandais

Entre les appels en tous genres et « les chantiersde la suite », les partisans du chef de l’État tentent de lui construire une rampe de lancement.         

François Hollande, le 28 septembre, à l’Elysée. (Maxppp)

Une apostrophe qui sonnerait aussi bien que le « Tonton laisse pas béton » lancé par le chanteur Renaud le 7 décembre 1987 pour convaincre François Mitterrand d’y retourner : c’est ce que les ­hollandais disent avoir trouvé et dont ils espèrent garder le secret jusqu’à mi-novembre. Ils rêvent aussi d’une nouvelle version du « Pour nous, c’est lui » accompagnée de centaines de signatures d’élus et de cadres socialistes désireux de voir François Hollande se représenter en 2017.

« Je soutiens l’action du Président et je l’appelle à la poursuivre », a proposé le chef du groupe PS à l’Assemblée nationale, Bruno Le Roux. Il collecte les paraphes avec Didier Guillaume, son homologue au Sénat. « Il va y en avoir beaucoup », promet Guillaume. Entre 170 et 200 députés socialistes et 70 à 80 sénateurs, selon certaines confidences. Annoncé puis repoussé, cet appel devrait finalement voir le jour entre le 12 et le 17 octobre.

Compte Twitter à 151 abonnés

Les hollandais s’activent, les initiatives se multiplient. À l’Assemblée nationale, dans les prochains jours, Le Roux va lancer une quinzaine de groupes de travail. « Nom de code : Les Chantiers de la suite, expose-t-il au JDD. Ils vont permettre de dire ce qui va se passer dans le prochain quinquennat. On n’attend pas les bras croisés que François Hollande déclare sa candidature. Avec Les Chantiers de la suite, il aura des outils à sa disposition. » Pendant deux mois, des députés progouvernement plancheront sur l’après et seront chargés de fournir des propositions de loi début décembre.

Déjà, Le Roux avance quelques pistes. Sur le volet institutionnel, il prône « la participation des citoyens à l’élaboration de la loi ». De la même façon que les députés de l’opposition disposent d’un temps pour leurs propositions de loi, Le Roux préconise une « semaine d’initiative citoyenne » à l’Assemblée. Alors que jusqu’ici aucun hollandais n’avait repris l’idée du « revenu universel », lui la promeut. « Ce ne sera pas une allocation d’assistanat, prévient-il, mais un moyen de mieux maîtriser ses temps de vie. » Troisième proposition : « la création d’un service national obligatoire » civil et militaire. Il serait « diversifié » et pourrait comprendre le service civique, les réserves citoyennes ou le service militaire adapté.

«Ne cherchez pas d’organigramme secret, il n’y en a pas mais il y a une mise en mouvement qui monte en intensité»

Comme à son habitude, Hollande se nourrit du travail de plusieurs cercles. « Un groupe est en train de se mettre en place sur le défrichage programmatique. Le projet, les idées, la partie organisationnelle, on prépare et ensuite, il prendra sa décision », explique un proche du chef de l’État. « Ne cherchez pas d’organigramme secret, il n’y en a pas mais il y a une mise en mouvement qui monte en intensité avec Stéphane Le Foll comme maître d’œuvre », poursuit un député. « Le problème des hollandais, c’est que c’est bordélique, c’est leur chef qui leur a inculqué cette méthode de travail », lance un pilier de l’Assemblée. Dans certains ministères, on regarde avec désolation le nouveau site Internet en soutien à Hollande, « Les jeunes de France » – « Salut! Nous sommes les jeunes de France. On est de toutes les couleurs, de toutes les religions et d’aucune » –, dont le compte Twitter s’élève péniblement à 151 abonnés…

« Thatcher et Kärcher »

Hollande, lui, doit à nouveau endosser son habit de président-candidat pour un « Wagram II » sur la République solidaire et la « France fraternelle ». Après la défense de l’État de droit face à un Nicolas Sarkozy qui le menacerait, Hollande vantera cette fois « l’État social » face au programme jugé très libéral d’Alain Juppé. Ainsi, il aura étrenné ses futurs angles d’attaque contre Juppé et Sarkozy, que les hollandais surnomment entre eux « Thatcher et Kärcher ». A priori, ce sera le 2 novembre.

Entre-temps, le PS publiera trois « Cahiers de la présidentielle » en trois semaines (!), moitié bilan, moitié préconisations pour 2017, le tout piloté par le numéro deux du parti, Guillaume Bachelay. Le pilonnage du programme de la droite est aussi prévu via une dizaine d’appels venant de la société civile – « syndicalistes, fonctionnaires, quartiers, milieu culturel, il y aura des appels catégorie par catégorie », assure Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du PS. Le thème : « Ça ne passera pas. » Encore un slogan.

Arthur Nazaret – Le Journal du Dimanche             http://www.lejdd.fr/Politique/Presidentielle-2017-ce-que-mijotent-les-hollandais-815752

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