France : la prévision de croissance pour 2016 revue à la baisse par l’Insee et peut-être par Bercy

LaFrance est gouverné par des incapables

France : la prévision de croissance pour 2016 revue à la baisse par l’Insee et peut-être par Bercy

L’Insee ne table plus que sur une progression de l’activité de 1,3 % en 2016. Michel Sapin a admis à demi-mot que l’objectif de 1,5% fixé par le gouvernement ne serait pas atteint. Mais il maintient la prévision de déficit.

Les prévisionnistes de l’Insee ont fait, jeudi, leur mea culpa. En juin dernier, ils n’avaient pas vu venir le coup d’arrêt brutal de la croissance française au deuxième trimestre. «Nous avons commis une erreur d’anticipation supérieure à d’habitude», s’est excusé le chef de la division synthèse conjoncturelle, Dorian Roucher. Au lieu du 0,3 % de hausse attendu, l’activité a reculé de 0,1 %, a-t-on appris au courant de l’été. Ce jeudi, l’Insee en a donc tiré les conséquences en revoyant à la baisse sa prévision de croissance sur l’année de 1,6 % à 1,3 %. Ce chiffre, à peine plus dynamique que celui de 2015 (+ 1,2 %), place encore la France à la traîne de l’économie de la zone euro, qui devrait croître de 1,6 % cette année.

Si l’Insee s’est trompé, c’est en partie à cause des grèves anti-loi travail. Celles-ci ont entamé d’environ 0,1 point la croissance au printemps. «Nous nous attendions à ce que leur effet se cantonne aux raffineries, très touchées par le mouvement, mais les secteurs de la chimie et des transports ont également été perturbés», observe Dorian Roucher. Les attentats en Europe de la première moitié de l’année, parce qu’ils se sont produits peu de temps après ceux de Paris, semblent avoir également plombé l’activité, sans qu’il soit possible d’en quantifier l’impact précis. «La répétition des attentats s’étend sur une durée inédite, cela a profondément touché le flux de touristes étrangers… et cela risque de prendre du temps avant leur retour», note Vladimir Passeron, chef du département conjoncture à l’Insee.

Tous les voyants sont au vert pour les entreprises

Durant la deuxième partie de l’année, la consommation des ménages devrait toutefois retrouver de l’élan. Elle devrait profiter du fait que le pouvoir d’achat continuerait d’augmenter «solidement», estime l’Insee, grâce à une inflation anémique et à une bonne progression des salaires. Quant à l’investissement des entreprises, il «pourrait retrouver du tonus» au second semestre et atteindre un dynamisme jamais vu depuis 2011. Il faut dire que tous les voyants sont au vert pour les entreprises: taux d’intérêt très bas, marges restaurées et pétrole peu onéreux. Cependant, les exportations, après avoir «fortement déçu» début 2016, ne se relèveraient qu’avec difficulté en fin d’année.

Face à ces prévisions moins favorables de l’Insee, Michel Sapin, le ministre des Finances, a laissé entendre que la hausse du PIB pourrait ne pas atteindre exactement le 1,5 % prévu cette année par Bercy. «Nous serons aux alentours de 1,5 %», a affirmé le ministre, lors d’un point de presse à Washington, en marge de la réunion d’automne du FMI et de la Banque mondiale. Pas question pour autant de revoir l’objectif de déficit public pour 2016, ni la prévision de croissance de 2017: le ministre a été clair sur ces points. Son entourage précise d’ailleurs que «le maintien de l’objectif de déficit pour 2016 s’entend sans nouvelle mesure» d’économie. Une moindre croissance n’entraîne effectivement pas forcément une baisse des recettes fiscales.

Bercy reste volontariste pour 2017

Mais le gouvernement joue un peu sur les mots. Si aucune économie supplémentaire n’est officiellement à l’étude, c’est parce que des crédits sont déjà préventivement mis en réserve et peuvent être débloqués au cas où. «Des réajustements de dernière minute sont toujours possibles, par exemple par des économies sur la dette, grâce à des taux encore plus faibles que prévu», ajoute Hélène Baudchon, économiste chez BNP Paribas.

Par ailleurs, la révision par l’Insee de la prévision de croissance pour 2016 n’est pas suffisamment marquée pour rendre impossible l’atteinte des 1, 5 % de hausse de PIB en 2017, l’objectif de Bercy. Du moins mathématiquement. «La prévision gouvernementale de 2017 reste tout de même optimiste», souligne Hélène Baudchon, qui table sur une croissance de… 1 % l’an prochain.          http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2016/10/06/20002-20161006ARTFIG00249-le-deficit-pour-2016-est-fragilise-par-la-revision-de-la-croissance.php

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