Déficit : les objectifs du gouvernement sont «improbables»

Déficit : les objectifs du gouvernement sont «improbables»

Ce verdict émane du Haut conseil des finances publiques, instance indépendante liée à la Cour des comptes chargée d’évaluer les projets de budget de Bercy. Le rapport est dévoilé à la veille de la présentation du projet de loi de finances 2017.

Le timing est des plus mauvais pour le gouvernement. L’avis du Haut conseil des finances publiques (HCFP) sur son projet de loi de finances 2017 a été dévoilé ce mardi, à la veille de la présentation officielle du budget. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est négatif. «Le HCFP estime improbables les réductions de déficit prévues par le PLF pour 2017 (de -1,6 point du PIB à -1,1 point pour le solde structurel, de -3,3 points à -2,7 points pour le solde nominal)», peut-on lire. Plus généralement, le HCP qualifie d’«incertain» le retour du déficit sous la barre des 3% promis à Bruxelles.

Mardi dernier, le ministre des Finances, Michel Sapin, avait pourtant réaffirmé sa prévision de déficit public à 2,7% du PIB en 2017 après 3,3% cette année, de même que celle de la croissance qui, selon lui, s’établira à 1,5% en 2016 et 2017. Mais le Haut conseil n’y croit pas. Il évoque notamment des risques sur les dépenses «plus importants» que lors des années précédentes, ainsi que des risques sur les prévisions de recettes liés au fait que Bercy a retenu une prévision de croissance du PIB «un peu élevée en 2016 et optimiste en 2017».

Dérapage des dépenses en vue

Emploi, sécurité, éducation, santé…le gouvernement s’est en effet engagé àdébloquer plusieurs milliards dans les prochains mois ainsi qu’à baisser d’un milliard l’impôt sur les revenus des classes moyennes. Autant de «cadeaux» promis à la veille de l’élection présidentielle qui laissent craindre un dérapage des dépenses publiques. En juin déjà, la Cour des comptes s’alarmait des «nombreuses annonces de nouvelles dépenses publiques, qui ne sont ni financées ni gagées par des économies pérennes». Cette hausse des dépenses devrait d’ailleurs se traduire par une incapacité pour l’État à réduire son déficit budgétaire l’an prochain.

Côté croissance, plusieurs voix se sont également élevées avant celle du Haut conseil pour dénoncer des prévisions trop optimistes. Pour l’OCDE par exemple, la croissance française devrait atteindre 1,3% seulement l’année prochaine tandis que le Fonds monétaire international (FMI) estime qu’elle ne devrait pas dépasser 1,2%.

Créé en décembre 2012, le Haut Conseil des finances publiques, organe indépendant lié à la Cour des comptes, est chargé d’évaluer la sincérité des prévisions élaborées par Bercy. Même si ses avis sont consultatifs, ses conclusions sont jugées assez importantes pour ne pas être ignorées par le gouvernement. Demain, son président, Didier Migaud, réaffirmera sa position devant les membres de la commission des finances de l’Assemblée nationale et du Sénat. Ses auditions devraient être scrutées par la droite qui dénonce déjà un projet de budget irréalisable. «Dire que le déficit sera de 2,7% en 2017, c’est bidon!», s’est ainsi moqué François Fillon.

De son côté, le gouvernement tient bon, rappelant dans les colonnes des Echos ce mardi que le HCFP s’était déjà montré très critique en 2015, ce qui n’avait pas empêché Bercy d’atteindre ses objectifs. Pour 2017, «le risque, c’est que le budget ne soit sérieux qu’en apparence», estime cependant Gilles Carrez, président LR de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, qui dit redouter des «artifices comptables» de la part du gouvernement.

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