Terrorisme, islamisme : le décryptage de la politique sécuritaire de François Hollande

VIVEMENT QU IL DEGAGE IL NE VAUT PAS UN CLOU CET HOMME COMMME PRESIDENT , UN NUL  UN AMATEUR AURAIT FAIT CENT FOIS MIEUX QUE LUI !!

Terrorisme, islamisme : le décryptage de la politique sécuritaire de François Hollande

FIGAROVOX/ENTRETIEN – Français Hollande a prononcé un discours sur la démocratie et le terrorisme. Pour Eric Delbecque, le président ne dispose pas d’une vision d’ensemble, à la fois analytique et prospective, en matière de sécurité nationale.


Eric Delbecque est directeur du département d’intelligence stratégique de SIFARIS et président de l’ACSE. Il a publié l’essai Idéologie sécuritaire et société de surveillance (éd. Vuibert, 2015).


FIGAROVOX. – Si l’on attendait surtout les signes annonciateurs de sa candidature,le discours de François Hollande avait été annoncé sous le titre «démocratie et terrorisme». Avez-vous trouvé le président en phase avec les menaces qui pèsent sur la sécurité nationale du pays?

Eric DELBECQUE. – Ce discours n’apporte rien sur le plan analytique et opérationnel. Il n’est pas possible aujourd’hui de se contenter d’annoncer que la démocratie finira par gagner son combat contre le terrorisme. Le chef de l’État a probablement raison sur le long terme, mais les Français attendent une stratégie, une volonté nourrie par des raisonnements, pas une prophétie optimiste. Nous ne savons toujours pas – en écoutant François Hollande – quelle feuille de route il propose dans le domaine de la sécurité nationale. Aucune orientation générale n’a été donnée.

Le président Hollande s’en est pris vivement aux propositions de la droite sur la sécurité, notamment à celles de Nicolas Sarkozy, précisant que «les principes constitutionnels ne sont pas des arguties juridiques». Cette question d’une révision constitutionnelle est-elle devenue un tabou?

Elle est en fait hors de propos. La question n’est pas de devoir choisir entre l’Etat de droit et l’état d’exception. Bien entendu, il ne s’agit pas de renoncer aux libertés individuelles que nous garantissent les démocraties libérales. La République n’a pas vocation à se transformer en régime policier ou en société de surveillance à la Minority Report. Le problème, c’est de trouver les chemins juridiques pour faire face à une réalité particulière, en l’occurrence la menace terroriste. Il est bien clair que nous avons à faire face à une forme de «guerre» diffuse et tous azimuts qui ne respecte pas les grilles habituelles qui nous permettent de nous situer, par exemple, à l’intérieur du domaine de la sécurité ou de la défense.

Notre ennemi est à la fois une force territorialisée (Daech en Syrie), un réseau avec des «agents» répandus sur la planète, et une machine idéologique, de propagande, qui permet de pousser à l’acte des personnes radicalisés, soit déjà impliquées dans le milieu délinquant et criminel, soit perturbés psychologiquement (voire les deux). Il faut donc combattre nos adversaires militairement, tout en développant une politique de sécurité intérieure très largement inédite, en mêlant prévention et préparation des citoyens, anticipation, opérations de police musclées et adaptation permanente de la réponse judiciaire. Nous n’avons donc guère besoin de réformes constitutionnelles mais d’un fonctionnement réaménagé des forces de l’Etat (qui ne concerne pas seulement le Ministère de l’Intérieur et de la Défense) et d’une implication encore à inventer de la société civile et des entreprises sur le volet de l’anticipation, de la vigilance et de l’information. Il convient par ailleurs de faire preuve de courage politique et de refuser désormais qu’il puisse encore exister des «territoires perdus» de la République, qui constituent un espace de macération pour le radicalisme islamiste et le djihadisme.

Le président Hollande a ainsi résumé sa position: «De même que je refuse l’état d’exception, je me battrai toujours contre l’état d’exclusion». En critiquant ses adversaires et en mettant en garde contre le populisme, n’est-ce pas un moyen pour lui de faire oublier son propre bilan et la réalité du risque terroriste? En matière de sécurité, a-t-il ouvert la voie à un projet clair pour l’avenir?

Il n’y avait pas dans ce discours de vision d’ensemble de la sécurité et de dimension prospective. Ce n’était d’ailleurs pas un discours articulé sur la sécurité, mais un premier acte implicite de candidature à la présidentielle. Il est donc clair que la critique de l’opposition y tenait une plus grande place que l’évocation de son bilan ou l’analyse froide de la situation sécuritaire de notre pays. De ce point de vue, sa dénonciation du populisme repose sur les classifications habituelles du politiquement correct ou du raccourci: les amis de la liberté et les alliés de l’autoritarisme, les progressistes et les rétrogrades, les partisans des droits de l’homme et les adeptes du Patriot Act et de Guantanamo, etc. On ne peut pas aller très loin avec cette dynamique de pensée sur les problèmes qui nous occupent ici.

De surcroît, on a peu noté une phrase lourde de sens dans son allocution ; quand il a affirmé avec ironie que les élites s’égarent en considérant qu’elles «incarnent le peuple», il souhaitait certes pointer du doigt les privilégiés (comme Trump aux Etats-Unis) qui se vautrent dans le populisme de bas étage, mais il a formulé précisément ce que nos concitoyens reprochent aux hommes politiques et aux élites en général: ne plus essayer de faire corps avec la nation! Alors que la démocratie repose justement sur ce défi d’incarnation de la totalité du peuple, de la nation, par les dirigeants. La souveraineté populaire ne peut s’exercer que si les élus représentent ceux qui les ont choisis, et que si l’Etat et son chef incarne le collectif. Il était également pour le moins surprenant d’entendre un président de la Ve République affirmer que la démocratie ne tire pas profit de la pratique référendaire et l’associer à de ringardes manifestations de tempérament plébiscitaire… Déjà peu habile en temps normal, l’expression de cette opinion après le Brexit ne peut que crisper les eurosceptiques et fragiliser encore un peu plus l’adhésion de nos compatriotes à l’Union européenne telle qu’elle est construire aujourd’hui.

François Hollande a considéré que l’islam était compatible avec la République, et vice versa. Sur le Burkini et plus globalement sur la laïcité, le président s’est opposé directement à la droite, mais aussi en creux à son Premier ministre. Le président vous est-il apparu dans une forme de déni vis-à-vis de l’islamisme?

Il ne parvient pas à appréhender correctement la problématique. Ou plutôt il ne veut pas exposer ce qui pose aujourd’hui problème, à savoir un combat qui se joue à l’intérieur même de l’islam entre les partisans de l’interprétation et les intégristes qui s’en tiennent à une lecture littérale d’un texte sacré. Le salafisme djihadiste se nourrit de la domination du camp des «durs» – sur le plan doctrinal – au sein du monde musulman. Car ce dernier n’est pas encore venu à bout de sa confrontation intellectuelle avec le monde moderne (dialectique qui a duré au moins deux siècles au sein du catholicisme).

Dès lors il s’agit d’œuvrer au renforcement de l’aile «interprétative» par des moyens intelligents, et de garder un cap très ferme dans plusieurs domaines, notamment à l’école et sur l’observation des règles élémentaires de la laïcité. Le harcèlement terroriste que pratiquent les djihadistes vis-à-vis de notre démocratie doit être coupé de ses sources énergétiques idéologiques. Ce que démontre une fois encore l’affaire des femmes radicalisées de Boussy-Saint-Antoine. Dans la suite de ce raisonnement, il ne s’agit donc pas de se perdre dans des lois de circonstance, mais de savoir si la laïcité apaisée que nous avons construite en France est adaptée à notre présent. Faut-il durcir le cadre juridique ou pas? Mais en aucun cas il ne faut «assouplir» notre application de l’exigence laïque: c’est un chemin suicidaire sur lequel veulent précisément nous conduire les provocations du moment (le burkini).

La robustesse de notre mode de vie, c’est-à-dire l’énergie que nous mettons à le défendre est précisément ce que testent les radicaux. Donner des signes de faiblesse renforce le terreau idéologique sur lequel pousse le djihadisme. De façon globale, la caractéristique première de ce discours est de cacher les problèmes sous le tapis, et de renoncer à en faire une généalogie vigoureuse et un diagnostic précis, qui seuls nous mèneraient à imaginer des réponses efficaces.  http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2016/09/09/31001-20160909ARTFIG00102-terrorisme-islamisme-le-decryptage-de-la-politique-securitaire-de-francois-hollande.php

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s