Les inquiétantes connexions des femmes djihadistes de l’Essonne

Les inquiétantes connexions des femmes djihadistes de l’Essonne

INFOGRAPHIE – Faute d’avoir pu faire exploser une voiture piégée au cœur de Paris, ce commando de femmes «fanatisées», «téléguidé depuis la Syrie», projetait un autre attentat.

L’enquête éclair déclenchée après la découverte dimanche à 3h30 du matin d’une Peugeot 607 piégée aux abords de Notre-Dame à Paris vient de déboucher sur la mise au jour du premier commando opérationnel de femmes djihadistes en France. Après leur tentative d’attentat avorté en plein cœur de Paris, ces trois fanatiques, interpellées jeudi soir dans l’Essonne, étaient sur le point de tenter de semer la mort avec les moyens les plus rudimentaires.

Présentées par le procureur de Paris, François Molins, comme «totalement réceptives à l’idéologie mortifère de Daech», elles s’apprêtaient à commettre de «nouvelles actions violentes et imminentes», a insisté Bernard Cazeneuve, tandis que François Hollande a assuré vendredi lors d’un déplacement à Athènes qu’un attentat avait été «déjoué» et «un groupe annihilé». En l’espèce, l’enquête ne laisse guère planer le moindre doute sur le fait que le pays a bel et bien failli replonger dans le cauchemar. «Le passage à l’acte de femmes téléguidées depuis la Syrie prouve que l’État islamique entend en faire des combattantes», souligne François Molins, qui précise qu’elles ne sont plus «confinées dans des tâches familiales et domestiques».

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Une liste potentielle d’attentats

Âgée de 19 ans, Inès M. semble tenir une place centrale au sein du venimeux trio. Fichée S depuis 2015 en raison de ses velléités de départ vers la Syrie, cette jeune femme établie dans un pavillon coquet de Tremblay-en-France a brutalement changé d’habitudes vestimentaires afin de porter le voile. Avec la complicité de son amie Sarah H., 23 ans, connue pour avoir cherché à rejoindre elle aussi la Syrie l’année dernière avant d’être refoulée à la frontière turque, elle a «emprunté» la Peugeot 607 de son père. La berline renferme notamment dans son coffre cinq bonbonnes de gaz, trois bouteilles supportant des traces de gasoil ainsi qu’une cigarette à peine consumée découverte à proximité d’une couverture imbibée d’hydrocarbure. À deux reprises, les deux fanatiques auraient tenté d’embraser l’habitacle sans y parvenir. «L’incendie du véhicule, s’il avait pris, aurait entraîné en quelques minutes l’explosion d’une bouteille de gaz, qui aurait suffi à provoquer à elle seule la destruction de l’ensemble du véhicule», a détaillé François Molins. Fébriles et ivres de rage, les apprenties combattantes auraient pris la fuite à la vue de garçons de café confondus avec des policiers en civil.

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De guerre lasse, elles abandonnent la berline en y laissant un carnet noirci par des versets du Coran et rebroussent chemin pour trouver refuge chez Amel S., une de leurs connaissances, âgée de 39 ans, qui dispose d’un appartement à Boussy-Saint-Antoine, non loin de la gare. Pendant trois jours de huis clos, les trois radicalisées vont comploter en énumérant une liste de cibles potentielles d’attentats. Outre l’acquisition de ceintures explosives, elles auraient évoqué de fumeux projets de voitures béliers lancées contre des bâtiments publics, des assassinats de policiers ou encore une attaque dans les transports en commun. Un intense travail d’interception téléphonique et de géolocalisation a orienté la traque policière vers la «planque» d’Amel S.

Menace sérieuse et imminente

La course contre-la montre s’est accélérée jeudi. Dans la matinée, le ministre de l’Intérieur reçoit un SMS faisant part d’une menace sérieuse et imminente. Branle-bas de combat place Beauvau. Vers 13 heures, les directeurs généraux de la sécurité intérieure, de la police, de la gendarmerie ainsi que le préfet de police sont convoqués en urgence au «fumoir» du rez-de-chaussée, où se tiennent les réunions de crise terroriste. Plusieurs gares parisiennes, dont celle de Lyon, visée en particulier ce jeudi, mais aussi une gare de l’Essonne, font l’objet d’une alerte générale lancée à tous les services. En fin d’après-midi, la tension est à son paroxysme. Vers 19 heures, trois agents de la DGSI en surveillance dans une voiture banalisée aperçoivent les jeunes femmes qui sortent de l’appartement. Voilées ou porteuse d’une casquette, comme Inès M., elles s’approchent et font le tour du véhicule d’Amel S.

À la vue des fonctionnaires, Sarah H. assène à travers la vitre de la voiture un violent coup de couteau à l’épaule gauche du policier. La lame mesure une vingtaine de centimètres. Dans leur fuite, Inès M. tente à son tour de poignarder un autre agent croisé en chemin et qui a riposté en situation de légitime défense. Elle a été blessée de deux balles, à la cuisse et à la cheville. Les jours du fonctionnaire hospitalisé ne sont pas en danger, tout comme ceux d’Inès M., qui a été retrouvée porteuse d’un message d’allégeance à l’État islamique et à Abou Mohammed al-Adnani, «ministre des attentats», tué en Syrie fin août. Des bouteilles en verre, des mèches artisanales en papier et des jerrycans de cinq litres contenant des résidus de carburant sont retrouvées en perquisition.

L’étonnant faisceau de connexions que les suspectes entretiennent dans la mouvance terroriste tant en Europe qu’en Syrie dessine les contours d’un petit écosystème djihadiste, peuplé de figures connues. Ainsi, selon la RTBF, Inès M. «entretenait des contacts avec des Belges radicalisés issus de la région de Charleroi dont le nom se trouvait sur la liste de l’Organe belge de coordination de l’analyse de la menace comme des candidats potentiels au départ en Syrie». Impliquée dans aucun attentat, elle aurait commencé sa sulfureuse trajectoire comme «recruteuse».

Les enquêteurs n’excluent pas non plus des contacts avec Rachid Kassim, Roannais de 29 ans établi en zone irako-syrienne, qui serait l’un des instigateurs présumés de l’attaque de l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray revendiquée par Daech. Les connexions ne s’arrêteraient pas là. Le procureur de Paris a révélé que Sarah H. était l’ancienne «promise» de Larossi Abballa, qui avait assassiné en juin un couple de policiers à Magnanville. Quand ce dernier a été tué par le Raid, elle a ensuite voulu se marier avec Adel Kermiche, l’un des deux assassins du père Hamel, avant de programmer une union religieuse avec Mohamed Lamine A., individu «particulièrement radicalisé» arrêté jeudi soir aux Mureaux, dans les Yvelines.

Loin d’être un inconnu, ce dernier est le frère de Charaf Eddine A., mis en examen et écroué pour ses liens présumés avec le tueur de Magnanville, Larossi Abballa. Enfin, la jeune femme de 29 ans interpellée mardi avec son compagnon avait une amie qui était en lien avec Hayat Boumeddiene, l’ancienne compagne d’Amedy Coulibaly, partie en Syrie juste avant les attentats de janvier 2015. Vendredi matin, la fille aînée d’Amel S. a été à son tour interpellée à Clichy-sous-Bois. Considérée comme «complice du projet terroriste», il s’agit d’une mineure de moins de 16 ans.                    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/09/09/01016-20160909ARTFIG00343-les-inquietantes-connexions-des-femmes-djihadistes-de-l-essonne.php

 

Un commentaire sur « Les inquiétantes connexions des femmes djihadistes de l’Essonne »

  1. Depuis le temps que nous disons qu’il faut les réexpédier dans leurs pays d’origine tous ces enfoirés de racaille; Supprimons la double nationalité et nous serons plus tranquilles chez nous. ces pouffes de nana sont plus que fanatisées. Elles nous haïssent à un tel degrés que c’en est inimaginable. allez dehors, pas de sentiments et leurs familles avec. Nous ferons des économies, car ils nosu coutent bonbon avec toutes les aides qu’ils perçoivent.

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