Affaire Bygmalion : « Et le meilleur reste à venir… »

ENCORE UNE PREUVE QUE NICOLAS  EST BLANC .

EXCLUSIF. En perquisitionnant le bureau de l’assistante de Copé, les policiers ont trouvé une carte de visite de Franck Attal avec une intrigante mention…

L’affaire Bygmalion entre dans une nouvelle phase. La version des dirigeants de la petite boîte de com alors dirigée par Bastien Millot et Guy Alves, qui affirmaient avoir été contraints d’éditer pour plus de 18 millions d’euros de fausses factures pour financer le surplus de dépenses du candidat Sarkozy à la présidentielle, se fragilise. « On est dans le cadre d’un financement illicite de campagne : il n’y a pas eu d’enrichissement personnel ni de rétrocommission », rappelait encore la semaine passée Me Maisonneuve, l’avocat de Bygmalion.

Pas si simple. Comment expliquer en effet, comme Le Point l’avait révélé, qu’en 2012, la société Bygmalion affichait un déficit d’un million d’euros, alors qu’elle avait empoché cette même année plus de 22 millions de la part de l’UMP ? Des documents financiers en cours d’examen pourraient raviver le scénario de l’escroquerie. Début juillet, le préfet Guillaume Lambert a en effet réclamé une expertise de l’ensemble des factures des sous-traitants ayant été rémunérés par Bygmalion avec l’argent de l’UMP. Le préfet, qui pilotait l’organisation de la campagne présidentielle de Sarkozy en 2012, veut savoir si les Copé boys se sont enrichis sur le dos du parti. Les juges ont fait droit à la demande et commis début août un expert-comptable.

Des fausses factures avant la campagne

En cause, un certain nombre d’irrégularités. Le préfet s’étonne notamment des tarifs communiqués aux juges par la société de Bastien Millot et Guy Alves. Il cite l’exemple des Sables-d’Olonne. Alors qu’un devis établi en avril 2012 en vue d’une réunion publique de François Fillon dans cette ville chiffrait à 8 000 euros l’intégralité de la prestation incluant la location de la salle équipée, Bygmalion l’aurait facturée 135 000 euros ! Franck Attal, le patron de la filiale événementielle de Bygmalion, continue quant à lui à clamer que les meetings de Nicolas Sarkozy étaient particulièrement coûteux et exigeants, comparé, par exemple, à ceux de François Hollande. « Aujourd’hui, avec le recul, je dirais qu’on a livré une campagne qui s’inspirait de ce qui pouvait se faire aux États-Unis et très au-dessus des campagnes habituellement délivrées sur une campagne présidentielle », a-t-il ainsi déclaré au juge d’instruction Serge Tournaire le 14 mai dernier.

Élément troublant : le fameux système de fausses factures aurait été mis en place par Bygmalion dès janvier 2012 pour des dépenses non pas liées à la campagne présidentielle, mais au fonctionnement du parti. Une facture de 500 000 euros émise en janvier 2012 par Event & Cie pour l’organisation du conseil national de l’UMP aurait ainsi été réglée par l’UMP. Une pratique qui, d’après Frank Attal, correspondait à un simple rééquilibrage comptable entre les exercices 2011 et 2012.

Pas de pacte secret

Les policiers ont pensé que le « savoir-faire » démontré dès 2011 en matière de manipulation de chiffres par Frank Attal expliquait peut-être que les organisateurs de la campagne aient retenu Event, filiale de Bygmalion, de façon à pouvoir dépasser le plafond de dépenses légal du candidat. Dans l’entourage de Nicolas Sarkozy, certains protagonistes de l’affaire parlent, eux, de tripatouillages comptables effectués par Bygmalion sur le dos de leur mentor. « Les relations entre M. Copé, Lavrilleux et les dirigeants de la PME sont anciennes. Partout où ils sont passés, ils ont évincé les prestataires en place au profit de Bygmalion et de ses filiales », s’énerve un proche de Nicolas Sarkozy.

Jérôme Lavrilleux, qui était à l’époque le bras droit de Jean-François Copé à l’UMP, et qui n’a jamais caché ses liens d’amitié avec les dirigeants de Bygmalion, a toujours assuré « ne pas avoir informé » son patron « afin de le protéger ». Jean-François Copé aurait été l’un des derniers mis au courant par Franck Attal, le patron d’Event, de l’existence d’un système de double facturation pendant la campagne, et ce, bien après que le scandale éclate… D’ailleurs, Franck Attal continue d’affirmer qu’il connaissait à peine le président de l’UMP : « Je n’ai jamais parlé directement à Jean-François Copé, sauf pour lui tendre un micro lors de la préparation des meetings », avait-il déclaré à la journaliste Violette Lazard, auteur du livre Big Magouille paru en octobre 2014.

Reste qu’en perquisitionnant, en mai 2014, dans le bureau de l’assistante de Jean-François Copé à l’Assemblée nationale, les enquêteurs étaient tombés sur une carte de visite de Franck Attal avec, au dos, un curieux message écrit à la main : « Et le meilleur reste à venir… sincèrement. »

Affaire Bygmalion ©  DRAffaire Bygmalion © DR   http://www.lepoint.fr/politique/affaire-bygmalion-et-le-meilleur-reste-a-venir-07-09-2015-1962649_20.php#xtor=CS2-239

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