Bonbonnes de gaz à Paris : la piste de l’islam radical

Bonbonnes de gaz à Paris : la piste de l’islam radical

Deux couples originaires du Loiret, constitués de deux frères et de leurs compagnes respectives, sont en garde à vue.

Quatre jours après la découverte, dimanche au petit matin, aux abords de Notre-Dame, à Paris, de six bonbonnes de gaz dans une Peugeot 607 sans plaque d’immatriculation et les feux de détresse allumés, les policiers suivent la piste de l’islam radical. Avec méthode, ils passent au crible un à un les protagonistes émaillant cette énigmatique affaire jusqu’à cerner leur cœur de cible. Au dernier stade de l’enquête, deux couples étaient en garde à vue dans les locaux de la section antiterroriste de la Brigade criminelle. Constitués de deux frères et de leurs compagnes respectives, ils sont originaires de Châlette-sur-Loing, commune d’environ 13.000 âmes en marge de Montargis, dans le Loiret, où se trouvent plusieurs mosquées considérées comme modérées.

Les filles du propriétaire de la voiture introuvables

Le premier a été intercepté mardi à 13 h 30 à près de 600 kilomètres de là, sur une aire de repos de l’autoroute A7 à hauteur d’Orange alors qu’il filait vers l’Espagne avec leurs trois enfants. L’homme, âgé de 34 ans, et sa compagne, 29 ans, ont été placés en garde à vue. Tous les deux sont déjà connus des services de renseignement, ils sont fichés S («Sûreté de l’État») en raison de leur proximité avec la mouvance radicale. Dans la foulée, le second couple, présenté comme «discret» et âgé quant à lui d’une vingtaine d’années, a été interpellé mercredi soir dans le Loiret avant d’être lui aussi conduit au 36, quai des Orfèvres.

Les policiers semblent surtout intéressés par les épouses, qui seraient en relation avec une des filles du propriétaire de la Peugeot 607. Connu pour des faits anciens de prosélytisme islamiste, celui-ci a été placé en garde à vue puis relâché mardi soir. C’est lui qui aurait alerté la police de la disparition de sa fille avant le week-end, déjà dans le fichier des services pour ses velléités de rejoindre la Syrie, ainsi que celle de sa voiture. La jeune fille et une de ses sœurs étaient introuvables jeudi soir.

L’hypothèse d’un «test»

Agissant dans le cadre d’une enquête préliminaire pour «association de malfaiteurs terroriste criminelle», les policiers tentent de déterminer si le cœur de Paris, où se trouve aussi le siège de la Préfecture de police, vient d’échapper un attentat à la voiture piégée. Outre un carnet rédigé en arabe et en cours d’exploitation, trois petits bidons de gasoil ont été retrouvés dans le coffre de la voiture. Une des six bonbonnes, retrouvée vide sur le siège avant, avait-elle libéré son contenu dans l’habitacle dans l’attente d’une étincelle? Pourquoi le ou les occupants ont-ils allumé les feux de détresse avant d’abandonner la berline? «Pour un projet d’attentat, la méthode utilisée est très curieuse», a estimé jeudi une source policière.

Si l’idée d’un «avertissement» est jugée «peu crédible» tant cette logique est éloignée de celle des terroristes islamistes qui frappent fort et par surprise, celle d’un «test» avant la commission d’un acte spectaculaire est prise au sérieux jusqu’au sommet de l’État. Lors de son discours sur «la démocratie face au terrorisme», François Hollande a révélé jeudi que des «tentatives» d’attentat ont été déjouées «ces derniers jours». Le mystère de la 607 pourrait en faire partie.

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