Une Marseillaise à pleurer…

Une Marseillaise à pleurer…

Il n’y a pas à dire mais quand François Hollande, pourtant surnommé « Pépère », se livre à un cours de géostratégie, ça décoiffe. Le président est un expert en tignasse puisqu’il entretient (en tout bien tout honneur), un coiffeur qui coûte, charges et voyages compris, 20 000 euros par mois à la France. Le 30 août dernier, dans l’indifférence, puisque nul écoute ce locataire en fin de bail, l’Elysée pour sa « Semaine des Ambassadeurs », a donné à François l’occasion de jouer le maître du monde (ou d’y croire).

Après des banalités d’usage sur le terrorisme, combattu de Dunkerque à Tamanrasset, François Hollande a attaqué dans le dur : la Syrie. Parlant du pays de Platon, Bush parlait des « Grêciens » (sic), l’ex de Valérie, lui, a la Syrie.

« La Syrie vit depuis 5 ans une tragédie épouvantable avec plus de 300 000 morts, 5 millions de réfugiés, 9 millions de déplacés. Alep, la deuxième ville de Syrie qui fut longtemps un symbole de culture et de liberté, est au moment où je parle assiégée, pilonnée, affamée, une catastrophe humanitaire de grande échelle est en cours. Il est donc plus que temps de faire cesser ce carnage et la France appelle ici immédiatement à la trêve. De même, il est établi, selon un rapport de l’ONU, que des armes chimiques ont été utilisées par le régime de Damas contre sa propre population, après 2013, alors même qu’en 2013, il y a déjà eu violation et utilisation des armes chimiques.

Il se trouve, mais cela n’excuse rien que Dae’ch peut également utiliser des armes chimiques, mais la preuve est administrée, le régime utilise des armes interdites pour bombarder sa propre population. Ces crimes ne peuvent pas rester impunis, et la France travaille à l’adoption d’une résolution du conseil de sécurité. Jean-Marc Ayrault en a pris l’initiative « pour condamner ces actes abominables, prévoir des sanctions contre les auteurs. »

Patatras. Le président de la France ne sait pas lire, le rapport de l’ONU qui sert de pilier à la doctrine de Hollande n’évoque pas l’usage d’armes chimiques par l’armée syrienne. En effet il précise :

« Les enquêteurs de la mission ont conclu que des hélicoptères militaires syriens ont répandu du gaz de chlore sur deux localités de la province d’Idlib (nord-ouest), à Talmenes le 21 avril 2014 et à Sarmin le 16 mars 2015. L’EI a de son côté utilisé du gaz moutarde à Marea, dans la province d’Alep, dans le nord du pays, le 21 août 2015. Le rapport préconise un complément d’enquête pour trois autres attaques menées dans les provinces de Hama et de Idlib (nord-ouest) ».

Est-ce se montrer odieux que se montrer précis : le chlore, qui a des usages industriels, n’est pas répertorié comme arme chimique en tant que tel. Voilà donc la vérité, et tant pis pour les investigateurs du Monde qui avaient à la Goutha découvert du sarin tout chaud lancé par Assad : il s’agit de chlore. L’horreur a ses degrés et pour avoir jadis vécu à Grenoble, ville alors nimbée du chlore produit à Pont-de-Claix, je n’ai aucune envie de respirer l’irrespirable, ni pour moi ou quiconque. Mais le fait est que l’ONU ne peut accuser l’armée arabe syrienne d’avoir utilisé une arme qui n’en est pas une. Plus que dans un débat digne de l’Ecole de guerre, nous sommes là dans la guerre idéologique. L’EI ayant été reconnu coupable d’utilisation de sarin et de moutarde, pour équilibrer le rapport, il fallait trouver un gaz à mettre à l’actif de Damas. C’est fait ! Mais, sur ce cas, « l’investigation devra être précisée ». Ouf, rappelons-nous que le même Hollande, pour un sarin mal attribué a voulu bombarder les Omeyades, à deux doigts près.

Revenons au fleuve tranquille, celui des mots du Président aux ambassadeurs réunis à Paris : « Ces interventions multiples, contradictoires, portent des risques d’embrasement général. Aussi l’urgence absolue, c’est l’arrêt des combats et le retour à la négociation. Ce chemin vers la paix existe, c’est celui que défend la France depuis la réunion de Genève de juin 2012 et qui a été confirmée d’ailleurs par une résolution 2254 du Conseil de Sécurité en décembre dernier. Il implique la mise en place d’une autorité de transition et la négociation entre le régime et l’opposition. Cette approche n’a pourtant jamais véritablement et sérieusement été mise en œuvre. Le régime et ses soutiens croient toujours à une solution militaire alors que l’issue est politique. Et c’est une nouvelle fois ce que je dirais au Président Poutine en marge du G20 et, si rien n’est arrivé d’ici là, à Paris lorsque je le recevrai en octobre prochain ».

Voilà la France, après l’endormi Fabius (ami des djihadistes d’al-Nosra), qui confie cette mission de concorde au comateux Ayrault. Sûr que le dialogue avec les lanceurs de sarin va être fructueux et ouvert.

Hollande en père fouettard continue de réciter les couplets et refrains appris lors de soirées privées passées à la table de Netanyahou, c’est d’un monde inversé : « l’Iran reste le grand Satan ». Téhéran doit continuer de trembler : « j’avais adressé le même message au Président Rohani à Paris en janvier dernier, lorsqu’il est venu en visite, c’était la première fois depuis 17 ans que le Président iranien venait à Paris, c’était quelques mois après l’accord nucléaire avec l’Iran qui a été un succès pour la diplomatie, même si nous devons être extrêmement vigilants sur sa mise en œuvre.

La France souhaite que l’Iran, ce grand pays, réintègre pleinement la communauté internationale. Mais si l’Iran veut y parvenir, il doit contribuer à l’apaisement de la situation dans la région. La France est prête à faciliter ce processus avec les pays du Golfe, chacun connaît les relations de confiance que nous avons su tisser avec ces pays ».

Je vous épargne le ronron digne d’un élève de première année à Sciences Po sur le Yémen (où les saoudiens sont si gentils), la Libye, l’Egypte … pour en arriver – comme on le dit en patinage artistique – à une figure imposée : la Palestine. Attention, gel obligatoire, ça décoiffe encore : « au Proche-Orient, je constate à regret que les conditions ne sont toujours pas réunies pour une négociation directe entre Palestiniens et Israéliens. Or rien ne serait pire que le statu quo. La France a donc pris l’initiative de réunir à Paris, une conférence, c’était au début du mois de juin sous la présidence de Jean-Marc Ayrault. Une méthode a été arrêtée. La priorité, c’est que le travail débouche sur des mesures concrètes qui pourront être proposées à la fin de l’année aux parties prenantes pour qu’ensuite elles et elles seules fassent le travail qui est attendu, c’est-à-dire la négociation et la solution dont on connaît les paramètres, deux Etats qui peuvent vivre en paix et en sécurité ».

Vous avez noté que, dès qu’il aura décollé de Notre Dame des Landes, Jean-Marc va s’occuper de régler le petit différent entre des Israéliens qui ont raison et des Palestiniens qui seraient si heureux s’ils allaient vivre au Kamtchatka.

Dans son inventaire d’été et de fin de règne, Hollande ne regrette rien si ce n’est une certaine rudesse avec une Russie privée de nos jolis navires : « les effets de la crise ukrainienne se font sentir sur les relations entre la Russie et les Etats membres de l’Europe, cette situation est à mes yeux éminemment dommageable, car elle est, d’abord d’un coût élevé pour les uns comme pour les autres, pour tous les acteurs, entrave de nombreux projets économiques en raison des sanctions, et donc nous avons tous intérêt à sortir le plus rapidement possible et le mieux possible de cette situation ».

Mais c’est bien sûr, les paysans français ne vendent ni lait ni pommes, ni cochons à ces salopards de Russes. Ce n’est pas bon pour nos finances, pour les jets de lisier contre les murs de préfectures… Alors que le Qatar, qui condamne une femme à la prison pour avoir été violée ou l’Arabie coupeuse de têtes tiennent le haut de notre liste de pays honorables.

Puis le pédalo reprend son cours. Vogue de Colombie au Venezuela, ce qui fait rêver les nostalgiques de Monfreid. Arrivé au port, c’est-à-dire aux petits fours… Rien. Sauf le contentement du devoir bien accompli : « tel est le fondement de la politique extérieure que je conduis depuis plus de quatre ans. Hier avec Laurent Fabius, aujourd’hui avec Jean-Marc Ayrault et le Gouvernement de Manuel Valls. Une politique extérieure que vous contribuez à mettre en œuvre dans tous les pays où vous avez l’honneur de représenter la France ».

« Vive la France, vive la République » !

L’orchestre attaqua la Marseillaise… elle défendit bien.

Jacques-Marie Bourget
En savoir plus sur http://reseauinternational.net/une-marseillaise-a-pleurer/#dgEIrxzY7pls4VEV.99

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s