L’étrange campagne : comment François Fillon tire une balle dans le pied de son propre projet en se focalisant sur Nicolas Sarkozy

Les félonies de Fillon se retournent contre lui et c est bien fait pour ce judas !! .

L’étrange campagne : comment François Fillon tire une balle dans le pied de son propre projet en se focalisant sur Nicolas Sarkozy

La récente sortie de François Fillon sur la mise en examen de Nicolas Sarkozy a fait beaucoup de bruit. Si le candidat à la primaire de la droite est parfaitement conscient de l’impact médiatique de ce genre de formules, en se lançant ainsi dans une stratégie du buzz, il prend le risque que son programme, fruit de longues années de travail, soit occulté et marginalisé médiatiquement.

François Fillon, à qui on reprochait d’être terne et trop bien élevé dans ses propos, a souffert de cette image de garçon sage qui ne dit jamais un mot de trop. Voilà qu’il se réveille, peut-être trop tard.

Annoncer qu’il ne va pas dénoncer le communautarisme mais l’islam radical nous sort de la langue de bois et c’est une très bonne chose, tout simplement parce que c’est la vérité : mettre toutes les religions dans le même sac quant aux menaces qu’elles feraient peser sur la République, ce serait mentir.

S’agissant de Sarkozy, voilà là aussi que Fillon se réveille. Ce qu’il a dit à Sablé-sur-Sarthe, qu’un candidat à la présidence de la République ne devait pas être en examen, est-il faux ? C’est en tout cas une vraie question. Dans ce cas-là, c’est le fond qu’il faut discuter : si on n’est pas d’accord, dire et prouver qu’on peut se présenter à la présidence en étant en examen. Et il y a des arguments pour cela : l’arbitraire de beaucoup de juges les ferait-il aussi juges de la primaire de droite ? Ils feraient ainsi planer une menace sur les candidats les plus intègres ! Mais au lieu d’argumenter, on s’indigne d’une attaque inacceptable, profanatoire. Ca me paraît très exagéré.

Et si, même fondée, cette allusion était inopportune ? Eh bien tant pis. Nous sommes dans une société médiatico-politique si surveillée que les seules chosent qui importent sont les dérapages. Sarkozy a gagné en 2007 parce qu’il avait parlé des « racailles« , sans vraiment le faire exprès. Bayrou a eu alors un bon score parce qu’il a giflé un gamin insolent. Donald Trump montre l’exemple d’une campagne entièrement faite de dérapages de toutes sortes, voulus ou pas, qui l’ont fait monter peu à peu dans les sondages, au moins chez les Républicains.

Il reste clair que ce n’est pas là le genre de Fillon. Il s’y met, non à déraper, mais à tenir des propos un peu vifs, à sortir de la langue de bois. Loin de lui en faire reproche, j’aurais tendance à poser la question : n’est-ce pas trop peu, trop tard ?

Au point où il en est dans les sondages, il ne risque pas grand-chose. Il doit jouer son va-tout, il ne doit donc pas reculer devant les éclats. C’est la seule chance qu’il ait de remonter.

Atlantico : Lors de son discours à l’université d’été des Républicains ce samedi 3 septembre à La Baule, François Fillon a refusé de parler de lutte contre le communautarisme, estimant que cela revenait à « ne pas nommer le problème que nous avons avec l’islam radical« . S’il est régulièrement présenté comme le candidat ayant le programme le plus abouti, aussi bien sur les questions économiques que diplomatiques, il apparaît que ce sont ses charges à l’encontre de Nicolas Sarkozy qui sont les plus reprises par les médias.

N’existe-t-il pas un paradoxe François Fillon, qui, par sa propre véhémence à l’égard de l’ancien Président, contribue à la marginalisation médiatique de son projet ?

Saïd Mahrane : Avant de parler d’un paradoxe, je parlerais d’une injustice François Fillon. En effet, très tôt après l’élection présidentielle de 2012, il a annoncé sa volonté de se présenter à la présidentielle de 2017. Très tôt il a travaillé sur un programme de « redressement national » et a débuté un tour de France pour aller à la rencontre des Français, les écouter, percevoir leurs attentes.

Avant ses sorties contre Nicolas Sarkozy, c’est la crise à l’UMP et la guerre fratricide qui l’a opposé à Jean-François Copé qui ont fortement nui à son image.

Deuxièmement, certaines de ses déclarations ont pu être maladroites ou incomprises de la part des Français comme de ses proches. Je pense notamment à sa consigne de vote lors des élections municipales. Il estimait que les électeurs devaient voter, lorsque la droite n’était plus en lice, pour le « moins sectaire » des candidats quelle que soit son étiquette, Front national compris : pour la première fois, un élu de droite ouvrait la voie à un vote FN. Cette déclaration a décontenancé jusqu’à ses amis politiques.

Néanmoins, tout au long de cette période, il n’a eu de cesse de travailler, de voyager, de rencontrer du monde (des Français issus de catégories modestes comme des patrons) pour élaborer son projet.

Il a mis l’accent sur l’économie, pensant que l’économie devait être centrale, que c’était la clé de tout et qu’un point de croissance en plus permettrait de régler bien des problèmes. De ce fait, il a un peu négligé la question de l’identité, chère à de nombreux militants. Même Alain Juppé s’est emparé du sujet en théorisant « l’identité heureuse ». Chez Fillon, ce sujet paraît pour le moins secondaire. L’avenir, proche, nous dira s’il a raison.

Son propos consistant à dire que parler du communautarisme permet de ne pas parler du vrai défi, en l’occurrence l’islam radical, révèle la hantise de François Fillon – partagée par Alain Juppé – : une plus grande fragmentation de la société. Parler de communautarisme – même s’il n’est pas dans le déni quant à l’existence de ce phénomène – revient pour lui à « chercher des poux » sur la tête des communautés et notamment de la communauté musulmane. Sa sortie récente sur RTL (« Il y a un certain nombre de gens à droite qui ont une sorte de réflexe pavlovien : dès qu’on parle des musulmans, ils se mettent à éructer« ) montre qu’il est pour l’apaisement, qu’il considère que les tensions sont à leur comble et qu’il ne sert à rien de les amplifier. Néanmoins, s’il est favorable à une société apaisée, il n’hésite pas à parler de ce qu’il considère être le vrai problème, la vraie menace, c’est-à-dire l’islamisme et sa version terroriste, le djihadisme.

Je ne sais pas s’il est pénalisé par ses sorties sur Nicolas Sarkozy – ce sont les militants et sympathisants de la droite et du centre qui le diront -. Dans son discours de rentrée politique, il a ouvert de nombreux chapitres : géopolitique, politique intérieure, économie. Mais ce qui a évidemment fait le plus de bruit et les gros titres, c’est sa petite phrase sur la mise en examen de Nicolas Sarkozy et le fait que l’on n’imaginerait pas de Gaulle ainsi.

Il y a une sélection de la part des médias dont Fillon connaît très bien la logique : il savait pertinemment qu’en disant cela, il prenait le risque d’occulter le reste de son discours. Ses petites phrases relèvent de la stratégie. Il sait qu’il n’a plus rien à perdre car il est autour de 10% dans les intentions de vote : il a besoin de taper fort, notamment sur Nicolas Sarkozy, et veut se faire entendre, notamment sur la question de l’éthique et de la morale en politique. François Fillon se veut quelqu’un de moral, quelqu’un qui n’a pas l’habitude de fréquenter des condamnés, des gens mis en examen ou peu fréquentables à l’inverse de Nicolas Sarkozy (dans son esprit bien sûr). Il se pose ainsi sur le terrain de la morale pour mieux dénoncer le caractère parfois un peu sulfureux de Nicolas Sarkozy et d’une partie de son entourage. Il me semble que le noyau dur des militants républicains n’a pas apprécié sa sortie, car ils considèrent que la primaire ne doit pas conduire à ce type de propos s’apparentant à un coup sous la ceinture. Mais, en même temps, ce discours peut trouver un certain écho chez des sympathisants qui sont plutôt hostiles à Nicolas Sarkozy et qui font de la morale en politique une question essentielle.

Roland Hureaux : A vous entendre, c’est le procès des médias qu’il faudrait faire. J’ai écouté attentivement le discours de Fillon à La Baule : sur 32 minutes, il ne parle que de son programme. Il dit au passage qu’il « faut restaurer le crédit de l’Etat » : mais n’est-ce pas une évidence ? Qui prétendra que le crédit de l’Etat est à son plus haut niveau ? Et qui dira, s’il ne l’est pas, qu’il ne faut pas le restaurer ?

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Un commentaire sur « L’étrange campagne : comment François Fillon tire une balle dans le pied de son propre projet en se focalisant sur Nicolas Sarkozy »

  1. Bof , il l a chercher .. Un Futur Presidentiable qui va rencontrer l Ennemi de son Parti et surtout de Son ex President .. Pour les poussez a emprisonner ou du mois le mettre HORS JEUX.pours en DEBARRASSER..et avoir sa Voie libre, c est HONTEUX pour un Homme d ETAT qui veux Presider la France. et ce n est pas RIEN…. c est une Vrai Peau de VACHE..c est a peu pres le mot ..qui me passe par la TETE sur le moment..

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