Brutus-Macron poignarde Hollande

Brutus-Macron poignarde Hollande

Emmanuel Macron abandonne donc le Titanic. Il faut bien sauver sa peau pendant qu’il reste encore une chaloupe disponible avant le naufrage programmé de toute la gauche. Sans cesse recadré par Hollande ou rappelé à l’ordre par Valls, cela devait finir ainsi. Un coup dur pour Hollande qui voit partir son ministre le plus populaire, et qu’il retrouvera face à lui en 2017, si toutefois il maintient sa candidature.

Le chouchou des sondages chez l’électorat socialiste, mais aussi à droite, le préféré de ces dames selon un sondage paru lors de la Saint Valentin, la nouvelle idole du patronat, qui a fini par réaliser que Manuel Valls l’avait roulé dans la farine, en déclarant qu’il aimait l’entreprise, a décidé finalement de se jeter dans la fosse aux lions.

Inconnue il y a deux ans, cette tête bien câblée a vite été propulsée au faîte des sondages et de la popularité, en affichant un réalisme économique auquel la gauche est toujours restée farouchement  imperméable. Dans l’entourage présidentiel totalement momifié, il représentait le dynamisme et l’élan réformateur attendu depuis trente ans !

Mais pour l’équipe au pouvoir, Macron, c’est désormais Brutus, qui n’hésite pas à poignarder Hollande. Car s’il se dit solidaire de l’action gouvernementale, par pure élégance, il ajoute “Je ne serai jamais le rabatteur de Hollande”. Voilà qui a le mérite d’être clair. Pour la gauche il reste un déserteur, pour la droite, ce futur candidat n’a “ni projet, ni bilan.” Il est évident que le nouveau venu complique un peu plus la donne pour 2017. Et pas seulement à gauche.

En effet, un sondage Ifop nous dit que 84% des Français jugent qu’il a bien fait de démissionner et 47% approuvent sa candidature aux présidentielles, un score remarquable comparé à celui de Hollande ( 14% ) ou celui de Sarkozy ( 25% ).

Et c’est à droite que ses soutiens sont massifs, puisque 57% des électeurs approuvent sa candidature contre 37% chez les électeurs de gauche. Sa popularité est donc indéniable, face à des has-been au bout du rouleau.

Mais avec sa tête de premier de la classe et son sourire de jeune premier, il n’est pas certain qu’il ait le cuir suffisamment épais pour jouer les gladiateurs dans une arène politique qu’il connaît assez mal. Son domaine c’est la finance, pas la nage en eau trouble et les coups bas. Et gagner une élection présidentielle seul contre tous, sans le soutien logistique d’un grand parti politique, c’est un défi majeur, où la popularité ne compensera pas tout.

Il aura le soutien du grand patronat, mais avec 60000 adhérents à son mouvement “En Marche”, ça fait léger, face aux légions adverses. Sans parler du coût financier d’une campagne présidentielle.

Rappelons que si son esprit réformateur et ses propositions ont longtemps fait la Une des médias, son bilan est maigre. A part quelques lignes de bus, ouvertes à coup de 49-3, quoi d’autre ? Des idées restées sans lendemain.

Mais le plus étonnant est sa popularité alors que personne ne connaît le personnage. Un président n’est pas un ministre de l’économie. Or, chez Macron, on ne sait rien de ses idées sur les grands sujets de société.

Il ne s’est jamais exprimé sur l’immigration, l’insécurité, l’islamisation de la sphère publique, sur l’Etat Islamique et la guerre contre le terrorisme. Comme si une bonne croissance économique pouvait suffire à effacer tous nos problèmes.

La France est en extase devant un inconnu, qu’elle soutient sans connaître ni ses idées, ni son programme. Alors que l’immigration, le terrorisme, l’insécurité et l’islamisation de la société sont devenus les sujets de préoccupation majeurs des Français, devant le chômage, c’est un candidat sans expérience, qui ne s’est jamais exprimé sur un autre sujet que l’économie, qui reste le plus populaire. C’est paradoxal.

Jusqu’où ira cette aventure personnelle ? Mystère, tant les électeurs sont imprévisibles.

Mais signer un chèque en blanc à un inconnu inexpérimenté, qui n’a affiché aucune conviction autre qu’économique, et qui nous improvisera un programme de dernière minute pour rassembler le plus grand nombre, c’est être inconscient des graves dangers qui menacent le pays.

Macron est sympathique. Mais la France a besoin d’un chef de guerre, volontaire et courageux, un patriote à poigne, dont la main ne tremblera pas pour restaurer l’autorité de l’Etat et la souveraineté de la France.

Un travail de Titan, pour lequel, visiblement, Macron  n’a ni les épaules assez larges, ni la gueule de l’emploi !

Jacques Guillemain                                    http://ripostelaique.com/brutus-macron-poignarde-hollande.html

 

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