Théorie du genre et muselière islamique

Théorie du genre et muselière islamique

Une drôle d’histoire que celle que m’a racontée ma cadette dans le bus… enfin, elle ne m’en pas parlé directement, pas tout de suite, puisque d’abord elle m’a demandé

« si on pouvait faire des enfants sans papa ?… »

Interloqué, je lui réponds que

« Euh…oui…hum…euh…cela se fait, mais il y a beaucoup de situations différentes et certaines sont interdites en France alors des gens, surtout des femmes, vont dans d’autres pays…pourquoi tu me demandes ça?… »

Elle esquive et demande encore :

» Mais…comment on fait ?… »

» Ben… je suppose qu’on met les graines du papa dans une piqure et qu’on les mets dans l’oeuf de la maman puis après… Mais pourquoi tu me demandes ça?  » Elle est un peu perplexe, regarde autour d’elle (on est dans le bus) et me dit comme une confidence :

» hier, j’ai entendu une petite fille demander à sa maman « pourquoi on n’a pas de papa ? », la maman ne répondait pas alors la petite fille a répété en ajoutant  » pourquoi on n’a pas le droit d’avoir un papa? » Alors sa maman s’est mise en colère en disant :  » parce que je n’aime pas les garçons… » ça veut dire quoi papa dis ?… »

« Euh…il y a des femmes qui n’aiment pas les garçons mais elles veulent quand même des enfants et vont chercher des graines de papa pour en faire, sauf que c’est interdit en France alors elles vont dans d’autres pays, mais… »

Ma fille avait décroché, les yeux songeurs, regardant ailleurs…

Comment lui dire que cette interdiction tient de moins en moins et est de plus en plus détournée?…Ne parlons pas de la GPA…

Mais je n’ai pas envie de parler de cela ici, seulement du fait que les mêmes personnes qui soutiennent l’idée du « choix » d’avoir un enfant sans papa sont les mêmes qui soutiennent l’idée que le port du voile islamique et ses diverses variantes est un « choix » lui aussi ; la nouvelle jeune préposée à la matinale de France Culture le matin faisant le lien lorsqu’elle commenta (le 2/9/2016 à 6h55) une chanson parlant de « vivre sans honte » en critiquant les arrêtés municipaux de cet été interdisant le burkini (alors que le maire de Cannes informe dans le Point (1/9/16) que des jeunes gens jetaient des pierres à des femmes en maillots de bain lors de l’ouverture de la piscine olympique).

C’est le même idéalisme, le même déni de réalité, que cette idée de museler une femme par son voile, de posséder un enfant, même sans papa ; à chaque fois l’estime de soi ne passe plus par le souci de l’autre, mais se rétracte seulement en souci de soi, en narcissisme exhibitionniste imposé à un regard forgé en Occident par des centaines d’années de réflexion sur les rapports complexes entre âme et corps : ainsi la femme islamique burkinisée ou pas ne va pas comme la femme juive très religieuse se baigner ailleurs, discrètement, mais venir imposer sa façon de voir et exiger au nom de nos principes le droit de le faire tout en refusant qu’on lui dise quoi que ce soit au nom des siens.

Aussi quand le 1er Ministre français prend en exemple le sein nu de Marianne symbolisant la liberté nourrissant les siens et qu’il se fait traiter de « crétin » par une « historienne » lui expliquant vertement qu’il s’agit uniquement d’un « code » celui des statues grecques, cette insulte symbolise bien, elle, l’idéalisme ci-dessus puisqu’elle oublie évidemment de préciser que le retour à ce code n’allait pas de soi avant la Renaissance lorsque l’on ne pouvait que peindre la famille sainte et quelques paysages…

Comme le dit Catherine Kintzler, le caractère ostentatoire du burkini vise moins à affirmer une différence culturelle que de stigmatiser les femmes musulmanes qui le refusent, et donc rejettent ce lien entre burka et bikini. Pourtant, certains viendront défendre ce port en le posant soit comme progressiste soit comme culturaliste, tout en défendant également le « droit » d’avoir un enfant sans papa ou, plutôt, qu’un enfant puisse ne pas avoir de papa.

Dans les deux cas, on fait fi d’autrui, de son histoire, de ses principes qui ne sont pas tous subjectifs : ainsi un enfant a besoin psychiquement d’avoir un papa et une maman, et les humains ont en général besoin psychiquement de vérifier autour d’eux une conformité minimum entre ce qu’ils croient et ce qu’ils voient. Cela ne peut pas s’effacer au profit d’une vision narcissique projetée par ailleurs pour certains comme unique réalité en ce sens qu’elle veut  s’imposer à tous.

Lorsque je croise une femme cagoulée, elle m’indique tout de suite :  » attention, ton regard, ton approche, sont filtrés par mon voile et si tu veux me parler m’approcher te lier tu dois en tenir compte, jusqu’à te convertir si tu en veux plus encore… » En ce sens ta morale ta façon d’aborder de parler sont subordonnées au fait que je suis d’abord ce que mon voile désigne: à savoir une fidèle à un système de pensée qui explique par exemple que la Bible est un livre falsifié et qu’une femme montrant ses cheveux est une prostituée…

Lorsque je croise deux femmes avec un enfant, elles m’indiquent tout de suite :  » attention ton regard ton approche sont filtrés par la présence de notre enfant sans papa et si tu veux t’approcher te lier tu dois en tenir compte jusqu’à te convertir à l’idée qu’un papa n’est pas nécessaire ou alors tu es un réactionnaire »

Les deux systèmes s’approprient ainsi l’idée de progrès, y compris la femme voilée qui se sent supérieure puisque l’islam se sait supérieur comme l’explique bien Bernard Lewis dans nombre de ses ouvrages ; et s’il est en perte de vitesse depuis la chute de l’empire Ottoman, c’est seulement parce que les musulmans ont oublié leur religion que le voile rappelle tel un étendard; quant à l’enfant sans papa il symbolisera le triomphe du progressisme techniciste celui aussi du consumérisme eugéniste en état de gestation ou l’accomplissement achevé de l’individualisme sans aucune autre attache que son prochain désir (comme l’a programmé Deleuze, ce maître pour Foucault).

Le lien entre enfant sans papa et voile par obligation se vérifie dans le soutien actuel des partisans du premier système au second (alors que l’inverse n’est pas vrai néanmoins ce qui rend la soumission encore plus caustique). Ce soutien s’explique certes par le tiers-mondisme culpabilisant, mais surtout par son effet compensateur à savoir faire oublier le côté Meilleur des mondes de l’enfant sans papa ou sans maman en donnant ainsi en gage un soutien à une population considérée comme « dominée » et symbolisant le monde hétéro de la famille traditionnelle à « dé(cons)truire ».

Pour les postmodernes décolonialistes le voile ne symbolise plus l’enfermement mais la mise en étanchéité d’une population se protégeant des méfaits du « néolibéralisme » que pourtant ils propagent par leur propre choix existentiel marchandisant l’enfant ; ils vont alors compenser par un soutien exacerbé, passionné, au premier ; ils n’en sont pas à une contradiction près ; puisque se penser contradictoire en constance est une nécessité comme le disait Lénine (avant Blanchot) la lutte entre contraires étant permanente et non pas provisoire il n’y a donc par de dépassement comme le croyait Marx appliquant Hegel mais un élargissement in(dé)fini du désir tel un objet lancé dans l’espace sidéral.

Chez les léninistes, et en particulier les néo-léninistes actuels, la contradiction permanente ou la pensée schizophrène doit être (sollen) la règle : ainsi si je désire cette femme n’est-ce pas trop essentialiste exclusif alors que je dois être mouvant inclusif et donc désirer aussi cet homme et aussi cette femme voilée…sauf qu’il faut se convertir… Là la contradiction permanente bute un peu (mais certains sautent le pas, par exemple en UK et aux USA) aussi va-t-on compenser en défendant l’idée de frontières éternellement ouvertes donc abolies, l’idée d’un corps, de genres, d’une culture absolument ouverts donc abolis elle aussi.

Nous en sommes . Et d’aucuns se plaignent que les peuples de plus en plus épouvantés par cette pensée contradictoire et soumise (tout en prétendant le contraire) préfèrent se réfugier dans des politiques protectrices leur promettant d’en finir avec cette destruction volontaire celle d’une matière humaine et sociale passée de mode afin d’en fabriquer une autre, aseptisée, meccano, cybernétique, une matière éviscérée, « gentille », comme le dit Zemmour dans son dernier livre Un quinquennat pour rien

Poutine, Marine Le Pen, Trump, Orban…Erdogan aussi…ont donc de beaux jours devant eux. De plus en plus.

Et l’État islamique profite aussi de cette pensée postmoderne contradictoire exprès…Patrice Franceschi a beau prévenir que les Kurdes sont le dernier rempart, qu’ils se battent (leurs femmes encore plus) en pleine tempête qu’un vent mauvais pousse vers nous, rien n’y fait…

Parce que l’élite postmoderne et pro-burkini aujourd’hui est prête à s’abandonner à un retour de fait vers une hiérarchie implicite des castes, un néo-communautarisme/clientélisme déjà accepté au niveau des moeurs par l’acceptation du sadomasochisme et du porno chic qui préparent l’acceptation à terme de la mise en muselière islamique photographiée par Philippe Karsenty.

Lucien Samir Oulahbib                 http://ripostelaique.com/theorie-genre-museliere-islamique.html

 

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