Consigny – Le « burkini » appelle une réponse politique

Consigny – Le « burkini » appelle une réponse politique

L’interdiction des arrêtés anti-burkinis ne siffle pas la fin du match. Pour Charles Consigny, les politiques ne peuvent pas rester les bras ballants.

Le Conseil d’État a jugé comme il le devait. Il ne pouvait pas statuer autrement. Les décisions des tribunaux administratifs qui ont précédé celle de leur juridiction de dernier ressort relevaient d’une forme de courage politique, remarquable mais en contradiction avec le droit. En l’absence de trouble à l’ordre public, antérieur aux interdictions, causé directement par le burkini, il est impossible, et non souhaitable, d’interdire aux gens de se vêtir sur la plage comme ils le souhaitent ! Par ailleurs, de véritables dérives commençaient à poindre, avec des femmes verbalisées, et chassées de la plage parce que refusant de se dévêtir, pour le port de vêtements autres que le burkini, lequel a pourtant une vraie spécificité, une esthétique à la fois futuriste et moyen-âgeuse qui laisse songeur.

Le Conseil d’État a fait ce qu’il fallait en droit. Il reste que nul ne peut nier que l’intégrisme islamique a pris des proportions extrêmement inquiétantes ces dernières années. Dans sa version barbare, avec les attentats. Mais aussi dans l’hostilité que les fondamentalistes manifestent à l’endroit de tout ce qui leur est étranger, c’est-à-dire notamment à la France, en France, l’une des grandes patries de l’égalité entre hommes et femmes, un lieu où les femmes sont sublimées par des œuvres littéraires rivalisant de tendresse à leur égard depuis plusieurs siècles. C’est une des raisons qui font que la France est un pays singulier dont le charme attire, pour le meilleur et pour le pire, des millions de touristes du monde entier. Doit-on vraiment rester les bras ballants devant des comportements qui remettent en cause les fondements de l’identité française, qui atteignent ce qui fait la beauté et la douceur de notre pays ?

Un prétexte à des rodomontades électoralistes

Ne pas interdire le burqini ne doit pas avoir pour conséquence de ne rien faire pour lutter contre le phénomène de la radicalisation religieuse. Les Français musulmans, dont la grande majorité n’est pas radicalisée, doivent se faire entendre plus fortement contre toutes les dérives intégristes, et notamment le burkini, au lieu de prendre contre eux les condamnations dont celles-ci font l’objet de la part des Français et de leurs responsables politiques, même s’il faut reconnaître que ces derniers font de ce sujet un prétexte à des rodomontades électoralistes.

La France n’est pas qu’un territoire hexagonal administré par une compagnie d’assurance qui s’appelle l’État. C’est autre chose et beaucoup plus que cela. Ceux qui se sont réjouis bruyamment de la suspension des arrêtés anti-burkinis sont les soumis du roman, superbe et prophétique, de Michel Houellebecq, Soumission, c’est-à-dire, sinon les nouveaux collaborateurs, en tout cas des gens dont la lâcheté commande les prises de position et la coupable passivité. Que l’on soit musulman ou catholique, noir ou blanc, de gauche ou de droite, on ne peut pas rester inerte devant l’avancée d’un nouveau fascisme, qui fera peu de cas, lui, des grandes libertés que certains prétendent aujourd’hui défendre.

  http://www.lepoint.fr/invites-du-point/charles-consigny/consigny-le-burkini-appelle-une-reponse-politique-29-08-2016-2064388_1449.php#xtor=CS2-239

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