Sanctuariser l’école pour la tenir à l’écart des maux du temps

VIVEMENT QUE CETTE MINISTRE DÉGAGE !!

Sanctuariser l’école pour la tenir à l’écart des maux du temps

FIGAROVOX/TRIBUNE – Le ministre de l’Education nationale assistait à sa dernière rentrée scolaire. Pour la député Annie Genevard, si le bilan de Najat Vallaud-Belkacem est calamiteux, la responsabilité de la droite est immense dans les choix qui seront faits.


Professeur de Lettres classiques de profession, Annie Genevard est députée (LR) du Doubs et maire de Morteau.


S’il y a une réussite que l’on peut mettre à l’actif du gouvernement de Francois Hollande en matière scolaire, c’est d’avoir fait de l’école un des sujets les plus débattus de sa politique durant près de 4 ans. Au compteur des questions au gouvernement, ce sujet est sans doute l’un des plus évoqués. Mais hélas, cette focalisation a surtout révélé des fractures profondes induites par des choix politiques hasardeux.

Le quinquennat a commencé par l’éradication sans distinction des mesures antérieures. Ainsi en est-il de la défiscalisation des heures supplémentaires qui avaient permis d’améliorer substantiellement le revenu des enseignants, davantage que les quelque dizaines d’euros accordés récemment par un gouvernement qui fonctionne désormais exclusivement en mode électoral. Exit sans réfléchir les internats d’excellence, la loi contre l’absentéisme scolaire… Le ton était donné, l’heure était à la Refondation portée par un Vincent Peillon trop sûr de lui et piètre négociateur avec une profession que l’on sait habile à faire fonctionner le rapport de force.

C’est maintenant la dernière rentrée de ce quinquennat socialiste à bout de souffle et le temps du bilan scolaire a sonné. L’humour déplacé de la ministre sur les sujets les plus sérieux lors de la conférence de presse de rentrée ne saurait donner le change aux bouleversements induits par sa politique et confine même au mépris de ses contradicteurs «la terre ne va pas se fendre en deux lors de cette rentrée».

La première chose qui frappe est la succession de trois ministres en quatre ans. Tout comme la culture, l’éducation était le pré carré de la gauche ou du moins le prétendait-elle. Il est symptomatique que ce soit précisément ces deux domaines où la gauche ait connu un vrai problème d’incarnation. Cette instabilité ministérielle, ces décisions contradictoires prises par l’un ou l’autre ministre ont entretenu la défiance qui s’est progressivement installée dans notre pays en matière de crédibilité politique et quand cela s’applique à l’école, c’est particulièrement grave.

Le bilan de Vincent Peillon, de Benoît Hamon, de Najat Vallaud-Belkacem est lourd de conséquences, dont les effets s’ils ne sont pas corrigés rapidement seront néfastes durablement.

La réforme des rythmes scolaires est un naufrage: coûteuse pour les familles, ruineuse pour les collectivités, fatigante pour les enfants.

La réforme du collège et des programmes, c’est encore pire et dans un déni de réalité, Najat Vallaud-Belkacem choisit d’ignorer le scepticisme des parents, la réprobation des professeurs, l’alerte de ceux que la ministre a qualifiés avec impudence de pseudo-intellectuels. Cette réforme est l’emblème de décisions choquantes: abandon des sections bilangues, des classes européennes, abandon d’un enseignement digne de ce nom des langues anciennes, instauration des enseignements pratiques interdisciplinaires qui rognent et mettent en compétition les disciplines, programmes refondés dans la précipitation et livrés aux pédagogistes en tout genre. Jamais un ministre de l’Education nationale n’avait osé s’attaquer comme dans cette réforme du collège aux fondements de la culture européenne à savoir notre héritage gréco-romain dont elle a fait, par un tragique contresens, l’emblème d’un élitisme honni ce qui lui a valu le surnom peu flatteur de khmer rose ou plus récemment d’Attila de l’école. Du passé faisons table rase semble bien être son credo. Il y a là en effet une forme de totalitarisme qui ne dit pas son nom. La ministre, qui doit son ascension personnelle à une école française de la transmission d’un héritage humaniste, avait le devoir de la promouvoir auprès de ceux dont elle a la responsabilité de l’éducation et notamment les plus défavorisés.

La perte d’attractivité du métier est un point très préoccupant. Sans des professeurs motivés, bien recrutés et bien formés- les Ecoles supérieures du professorat et de l’éducation ne sont pour l’heure guère plus convaincants que les peu regrettés Instituts universitaires de formation des maîtres- le système est en péril. Créer des postes sans garantir le niveau de recrutement est inutile et dangereux. C’est un point-clé qui doit mobiliser prioritairement.

Najat Vallaud-Belkacem a privilégié une lecture sociale voire sociétale et de l’école. Nous consacrons beaucoup d’argent à notre école et singulièrement à l’éducation prioritaire pour des résultats médiocres. La réponse est dans la transmission des savoirs, l’exigence bienveillante, la valorisation de l’effort et la récompense de l’excellence, un climat scolaire apaisé, une responsabilisation et une autonomie accrue des établissements. Il est symptomatique que ce soit précisément dans les établissements défavorisés que l’on ait protesté le plus vivement contre la suppression des classes bilangues ou du latin qui étaient des outils utiles de mixité sociale. Notre école n’est pas davantage faite pour les meilleurs. L’excellence est suspecte, voire coupable. La gauche n’aime pas l’excellence. On l’a vu avec l’attaque en règle contre les classes préparatoires. Et c’est un homme de gauche, ancien ministre de l’éducation qui le dit. Ca n’en a que plus de poids.

Des choix idéologiques ont été faits et sont éminemment contestables: l’autorisation du voile dans les sorties scolaires, le choix de l’enseignement de l’arabe en CP, des programmes d’histoire discutables, la liberté scolaire rognée…Ces mesures heurtent dans un contexte ultra-sensible et interrogent sur la conception qu’une ministre de l’Education nationale se fait de la fonction intégratrice de l’école.

Dans un tel contexte, la responsabilité de la droite est immense dans les choix qui seront faits. Ils devront être soigneusement pesés, priorisés pour éviter un éparpillement inutile, et maîtrisés dans la méthode. Certes, l’actualité est marquée par les risques que font courir les menaces d’attentats et la présence de plusieurs centaines d’élèves radicalisés placent la sécurité dans les enjeux prioritaires. Mais les mesures indispensables qu’il faut prendre dans l’immédiat ne sauraient suffire.

Il y a urgence à resanctuariser l’école en la tenant davantage à l’écart des maux du temps, en redonnant ses lettres de noblesse à une transmission des savoirs les plus fondamentaux et les plus essentiels, en redonnant aux élèves le goût d’apprendre notre langue et d’aimer la littérature, d’explorer la culture de notre pays, de connaître et d’aimer son histoire, bref de retisser le lien entre l’école et la nation. Quand la gestion de crise sera passée, cet enjeu- là demeurera.http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2016/08/30/31001-20160830ARTFIG00189-sanctuariser-l-ecole-pour-la-tenir-a-l-ecart-des-maux-du-temps.php

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s